‹ Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 541 sur 772 · A qui s'appliquent les fruits de la rédemption · texte numérisé non relu

A qui s'appliquent les fruits de la rédemption

A tous ceux et à ceux-là seulement qui consentent à y participer, car il ne convient pas à Dieu de nous sauver sans nous ou malgré nous.

La Passion est un remède infaillible; mais, pour être guéri, chacun doit prendre volontairement ce remède.

Elle est un trésor infini de mérites; mais, pour y avoir part, chacun doit puiser volontairement à ce trésor.

(( Dieu, qui nous a créés sans nous, dit saint Augustin, ne nous sauvera pas sans nous. »

218. La salisfaction infinie de Jcsus-ChriSt nous dispense -t- elle de satisfaire nous-mêmes pour nos péchés?

Non; nous devons en faire pénitence; mais notre pénitence, stérile de sa nature, étant unie par la foi à la satisfaction du Sauveur, participe à son efficacité expiatoire et efface devant Dieu la dette que nous avons contractée.

219. Les mérites que nous a acquis Jésus -Christ nous dispensent- ils d'en acquérir nous-mêmes?

Non ; nous devons nous-mêmes travailler à mériter le ciel par nos bonnes œuvres. Par elles-mêmes, ces œuvres n'ont aucune valeur surnaturelle, mais elles sont, par les mérites de Jésus- Christ, dignes d'une récompense infinie.

220. Que signifient ces paroles de saint Paul : ^accomplis dans ma chair ce qv\ niancjue aux souffrances de Jésus-Christ pour son corps , qui est VÉglise^i

Elles signifient, non point que la Passion de Jésus-Christ, considérée en elle-même, ait quelque chose d'imparCait, car il a accompH parfaitement l'œuvre de la réconciliation; mais que, si on l'envisage par rapport à nous, elle demande comme supplément notre pénitence personnelle. En d'autres termes, Jésus- Christ, pour le développement complet de son corps mystique, qui est r%lise, a encore quelque chose à souffrir, non dans sa personne, mais dans ses membres.

1 Rom., V, 10. — * Uébr., x, 19. — 3 Col., i, 84.

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