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N'y a-t-il pas eu des Papes scandaleux

Trois ou quatre, qui, ayant vécu à de tristes époques, font tache dans l'histoire si glorieuse de la papauté ; mais il est à remarquer qu'aucun de ces Papes incriminés n'a rien enseigné, rien institué qui porUit atteinte à la sainteté de l'Église.

114. Ne reproche- 1- on pas à l'Église romaine son intolérance?

Si par intolérance on entend la proscription de l'erreur, l'Église est intolérante et doit l'être; autrement, elle ne serait pas l'Lglise de celui qui disait à Pilate : a Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité*. »

Mais si par intolérance on entend le défaut do mansuétude et

* Jean, xy;[i, 57.

de charité pour ceux qui sont dans Terreur, l'Église n'a jamais été intolérante ; elle a été persécutée et a souffert patiemment la persécution, comme son divin Maître, mais elle n'a jamais persécuté personne.

<f Tuez Terreur, mais aimez les égarés. » (S. Augustin.)

i15. N'invoqae-t-on pas cependant certains faits qui prouveraient Tintoléi^nce de l'Église, même à Tégard des personnes?

Les ennemis de TÉglise invoquent particulièrement contre elle l'Inquisition, la guerre des Albigeois, les guerres de religion au xvi« siècle, et la Saint- Barthélémy. Mais l'histoire impartiale a depuis longtemps fait justice de ces reproches.

1® VInquisition.

Un peuple catholique a le droit et le devoir, pour se conserver dans la vérité et maintenir son unité nationale, de sévir contre les esprits turbulents qui tenteraient d'introduire le schisme ou Thérésie dans son sein. C'était le cas au moyen âge.

Mais pour connaître du crime d'hérésie, pour juger les hérétiques et les livrer en cas d'opiniâtreté à la justice séculière, il fallait un tribunal composé de théologiens. Telle fut TInquisition. Les horreurs qu'on lui impute sont une invention mensongère. Chez les peuples qui l'adoptèrent, elle remplit son office avec plus d'équité et d'indulgence que ne l'auraient fait les tribunaux civils. L'Inquisition romaine en particulier fut un modèle de douceur.

L'Inquisition espagnole dépendait du pouvoir royal, et il serait injuste de rendre l'Église responsable de tous ses actes. Toutefois elle a été fort calomniée. Elle rendit à l'Espagne l'inappréciable service de sauver sa nationalité, que cherchaient à détruire les Juifs et les Maures, et de la préserver des guerres sanglantes qui ravagèrent le reste de l'Europe au xvi^^ siècle '.

2<» I^s Albigeois.

Les Albigeois se livraient, dans les États du comte de Toulouse, 'd des injustices et à des cruautés sans nombre contre les catholiques. La croisade ordonnée contre eux par Innocent III, après que tous les moyens pacifiques eurent été épuisés, ne fut qu'un acte de légitime défense de la société chrétienne. Si les croisés

* Séparons et disUnguons bien exactement, lorsque nous raisonnons sur l'inquisition, la pai*t du gouvernement de celle de TÉglise. Tout ce que Thistoire raconte de sévère ou d^elTrayant , et la peine de mort surtout , appartient au gouvernement. Toute la clémence, au contraire, qui joue un si grand rôle dans le tribunal de TInquisition , est Taction de TÉglise , qui ne se mêle de supplices qoe pour les supprimer ou les adoucir. (Di-: Maistre.)

ne suivirent pas toujours les recommandations de clémence et de modération d'Innocent III, on ne saurait en faire retomber la responsabilité sur le souverain pontife.

1^" Les guerres de religion au xyi^ siècle.

Ces guerres ont été suscitées par les protestants, qui ont couvert l'Europe de ruines et de sang. S'ils avaient été vaincus dès le principe par les gouvernements catholiques , bien des maux auraient été épargnés au monde moderne.

4® La Saint 'Barthélémy.

Le projet des huguenots, maîtres de Paris, était d'enlever Charles IX et d'implanter en France un État calviniste. Charles IX déjoua la conspiration en ordonnant leur massacre. Mais le clergé français, loin de prêter la main à cet odieux moyen de défense, intervint en plusieurs lieux pour sauver la vie des huguenots*.

UC. Les Papes n'ont- ils pas commis an abus de pouvoir en déposant les rois au moyen âge ?

Les Papes, en tant que gardiens de la foi et de la morale, ont le droit d'intervenir dans les affaires politiques. Du reste, au moyen âge, en exerçant ce droit, ils agissaient selon le vœu des peuples. Ils sauvèrent ainsi l'Europe du despotisme et de la barbarie.

117. L'Église ne s*est-elle pas montrée hostile à la science en condamnant Galilée?

L'Église n'a jamais cessé, depuis son origine, de favoriser les sciences, les lettres et les arts, d'honorer et de récompenser les savants , les poètes et les artistes. L'instruction populaire est son œuvre. C'est elle qui fonda ou enrichit de privilèges les universités du moyen âge.

Ce n'est donc pas à cause de sa science que Galilée a été condamné par le saint-of^lce^ Si l'illustre savant fût resté sur le terrain de la science pure, il n'eût pas été plus inquiété que le cardinal Nicolas de Cusa et le chanoine Copernic, qui avaient enseigné avant lui la rotation de la terre. Mais Galilée, pour mieux combattre les savants de l'époque, ses adversaires, qui s'ap-

a II est à remarquer que les ennemis de TÊglise, qui l'accusent faussement (rinjuslice et de cruauté, n'ont pas un mot de blâme contre les gouveniemenls protoslaïUs, qui ont si longtemps exercé d'h#*ribles persécutions contre les catlioliques, en Allemagne et surtout en Angleterre. De même pour les iniquités dont réglise a été victime, de la part des révolutionnaii^s , à la fin du zviu* siècle et dans le nôtre.

*> El non par le Pape parlant comme docteur univei'sel de VÉglise. Le pape Urbain VIII ne confinna ni ne signa la sentence, qui ne portait que la signature des cardinaux.

puyaient sur la sainte Écriture, soutint que, prises dans leur sens naturel ou propre, les affirmations de la sainte Écriture pouvaient être et étaient réellement fausses. C'était l'époque où le libre examen prolestant transformait à son gré le sens littéral de la Bible en sens figuré, pour mutiler la doctrine chrétienne.

418. Galilée fut-il mis à la torture et traité comme un criminel?

Tout ce qu'on a raconté des mauvais traitements qu'aurait subis Galilée est une pure fable. On eut pour lui les plus grands égards. Avant sa condamnation, il avait été pensionné par le pape Urbain VIII, et il compta toujours de nombreux amis parmi les cardinaux et les savants religieux de l'époque.

119. Le Syllabtis*^ n*est-il pas une preuve que TÉglise est Tennemie irréconciliable de la liberté , du progrès et de la civilisation ?

La liberté que l'Église condamne dans le Syllabus, c'est le prétendu droit de n'obéir à personne et de ne relever que de soimême. — Le progrès qu'elle proscrit, c'est l'acheminement vers la souveraineté individuelle par la destruction de toute autorité divine et humaine. — La civilisation qu'elle repousse, c'est le triomphe de la révolte de la raison contre Dieu et des sens contre la raison , c'est le règne de l'apostasie et de la débauche.

L'Église déclare que la liberté « doit se mouvoir dans la sphère de la vérité et du bien * » ; que la liberté de mal penser et de mal faire est une liberté de perdition. Elle déclare qu'il n'y a pas de progrès et de civilisation sans l'obéissance ù l'autorité de Dieu et à tout pouvoir qui émane de Dieu.

120. Mais rÉglise, en ne parlant que de ciel, de béatitude éternelle, iie pousse- 1 -elle pas les sociétés à mépriser et à négliger la prospérité matérielle?

La mission de l'Église est de nous conduire à la béatitude éternelle; c'est là sa fin propre et spéciale. Elle doit donc redire sans cesse aux hommes, qui ne sont que trop tentés de l'oublier, cette vérité : « Cherchez dôoc premièrement le royaume de Dieu et sa justice^. »

121. Mais cette prédication nVst-elle pas de nature i «ntrsfver la prospérité matérielle?

Loin de là. En recherchant avant tout le royaume de Dieu et sa justice, on obtient la prospérité par surcroit; car un peuple est d'autant plus riche, qu'il est plus laborieux et plus économe.

^ Le Syllabus est un catalogue de quati^e- vingts propositLoins condamnées par le pape Pie IX, en 1864. Ces propositions énoncent les erreurs qui ont cours dans la société moderne relativement aux droits de Dieu et de TÉglise.

* 8. 8. Léon XUI, Encyclique Immortale Dti. — * Mnttb., n, tO.

et la richesse est d'autant mieux répartie, qu'il y a plus de justice et de charité parmi les hommes. Or le travail et l'économie, la justice et la charité, sont des vertus que ne cesse de prêcher l'Église '. Aussi les nations où a vraiment régné la foi catholique, l'ont-elles toujours emporté sur les autres par la prospérité*.

122. su en est ainsi , comment se fait-il que parfois les nations où domine le catholicisme soient moins prospères que certaines nations protestantes et schismatiques ?

L'Église romaine avait civilisé le monde avant l'apparition du schisme grec et du protestantisme. Après leur apparition, les peuples catholiques n'ont pas laissé de jouir d'une grande prospérité, aux époques surtout où la religion était florissante parmi eux. Ce n'est donc pas au catholicisme, mais à d autres causes, qu'il faut attribuer la décadence ou l'infériorité de plusieurs d'entre eux.

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