‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 14 sur 73 · XXYIII VIE ET TRAVAUX DE HAHNEMANN · texte numérisé non relu

XXYIII VIE ET TRAVAUX DE HAHNEMANN

éditions dans un moindre intervalle de temps. D'où vient, je le répète, cet empressement à étudier les œuvres d'un homme si hautement dédaigné ?

Si encore la critique s'était acharnée après lui, avait pris ses livres et les avait soumis au contrôle d'^un examen consciencieux et sévère , on concevrait le succès de ses livres et le peu de fortune de ses idées. Mais en Allemagne , comme en France , de même que dans tous les autres pays, rien .de semblable n'a eu lieu. Si Hahnemann avait voulu descendre dans l'arène, prendre ses adversaires corps à corps et les forcera s'expliquer sur leur attitude dédaigneuse, quel beau jeu il avait ! S'il les avait sommés de s'expliquer sur la loi thérapeutique, par lui proclamée, sur la valeur de l'expérimentation pure, sur sa manière d'envisager la nature des maladies chroniques et sur le traitement a leur opposer, qui donc se serait constitué le champion du principe de Galien ? qui aurait osé soutenir que la matière médicale était en sûreté, assise qu'elle se trouvait, jusqu'à lui, sur le principe ab tisu in fnorbis? quel médecin expérimenté aurait défendu avec la moindre apparence de succès, l'origîhe organique des mala^ dies chroniques, ou se serait établi le défenseur des hypothèses solidistes, humoriste^ ou vitalistes du passé?

Hahnemann dédaigna les injures qui lui étaient personnelles ; il ne voulut ni lire ni réfuter les libelles et les journaux où il était si outrageusement difiPamé. Il passa sa vie à attendre un juge sévère, intelligent et consciencieux de ses œuvres. Il mourut sans l'avoir rencontré.

C est qu' en effet, la seule mapièce de réfuter un homme

VIB ET TBAVAUX PE HAHNBMANN. XdX

comme Hahnemann était de produire une doctrine supérieure à la sienne. Cette doctrine ne s'est pas encore montrée. Lorsque Galien, introduit en Europe à la suite des Arabes, régnait despotiquement sur l'école, que fit Paracelse 7 à la doctrine de Galien il en substitua ifiie qui lui était propre. Le temps a fait -justice de Paracelse sans i^elever Galien du discrédit où son antagoniste le fit tomber. Lorsque le solidisme chercha à s'introduire, rhim[)orisme vint se poser à ses côtés et lui disputer l'empire; lorsqu' enfin le brownisme eut envahi l'Europe, son règne fut paisible jusqu'au jour où Broussais renversa la célèbre dichotomie pour y substituer son organidsme éphémère. Cette loi est absolue. N'avons-nous pas vu Aristote se poser en face de Platon, comme eng^ un autre temps, Descartes régner à côté de Bacon, et Leibnitz menacer Locke î

Aussi, lorsque les amis de Hahnemann se plaignaient de son indifférence et du peu de soin qu'il prenait de sa réputation : « Ne suis-je pas, leur di^it^il, le même « homme que vous avez connu autrefois ? aloi^ on « m'encensait, aujourd'hui on m'injurie ; pourquoi se- « raîs-je plus sensible à ^'injustes reproches que je ne c( Tai été à des louanges méritées ? )>

Il continu|donc ses travaux, vivant dans la plus complète indifférence sur les critiques dont il était l'objet, toujours occupé d ajouter à ses découvertes , d'apptrter, dans la pratique , une précision de plus en plus gi*ande , et de répondre à ce qu'attendait de lui une cUentèle tellement nombreuse, qu'elle absorbait la plus grande partie de son activité.

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