‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 13 sur 73 · XXVI VIE ET TRAVAUX DB HAHNEMANN · texte numérisé non relu

XXVI VIE ET TRAVAUX DB HAHNEMANN

le titre d'Organon de la médecine rationnelle, 9a vie fut silencieuse : il s'occupait alors de rassembler en un corps de doctrine les différents principes qu'il avait découverts, et d'en faire une exposition méthodique.

Il reparut donc à Leipsick en 1811, non plus en simple traducteur, encore moins en homme dont toutes les illusions sont tombées une à une ; mais avec Vassurance d'un réformateur qui frappe audacieusement le vieil édifice de la science, et apporte cette bonne nouvelle , qu'enfin il a touché la terre promise. Il revient à Leipsick, fatigué des ennuis et des dégoûts inséparables de toute existence fortement agitée , mais résolu à poursuivre sans relâche l'œuvre qu'il avait entreprise. Une année ne s'était pas écoulée depuis l'apparition de l'Organon , que déjà il commençait la plus difficile et la plus importante de toutes ses publications. Dès 1811, il donna le premier volume de la Mqtière médicale pure, dont le sixième et dernier ne parut qu'en 1821.

Des travaux ai remarquables n'avaient point désarmé les petites passions déchaînées contre lui ; mais elles n'avaient ni lassé sa patience, ni amolli son courage. Fatigué, cependant, delà violence des persécutions qu'on lui suscitait, il finit par accepter, en 1820, l'asile que le duc Ferdinand lui offrit à Anhalt-Koëthen. La haute et * puissante protection du duc lui assurait au moins la liberté du travail et de l'exercice de son art. Elle lut impuissante à le ^garantir de toute insulte. Il eut à lutter non plus contre les intrigues des médecins , contre les invocations à la loi faites par les pharmaciens ; il eut à se défendre contre l'animadversion de la populace. ,

VIE ET TRAVAUX DE HAIINEMANN. XXVIl

Il lui était impossible de franchir le seuil de sa de* meure sans être exposé, lui ou les siens, aux railleries les plus insultantes, aux injures les plus grossières. On en vint même jusqu'à assaillir sa demeure et en briser les vitres à coups de pierres. L'autorité fut obligée d'intervenir. De tels procédés lui" inspirèrent un tel dégoût, qu'il résolut de ne plus sortir de sa maison, et pendant quinze années qu'il habita Koëthen, c'est à peine s'il s'est napntré quelquefois hors de chez lui.

Les commencements de l'homœopathîe ne furent donc pas heureux pour son fondateur. Mais aucune de ces afflictions n'eut prise sur son âme, aucune ije l'empêcha de marcher dans la voie qu'il s'était ouverte. •Un an avant son départ pour Koëthen (1819), parut la deuxième édition de YOrganon, et en 1823, il commençait de publier aussi une seconde édition de la Matière médicale pure.

D'où venait donc cet empressement à lire les ouvrages d'un homme que la critique ne craignait pas de flétrir des épithètes de visionnaire, d'homme à imagination malade, quelquefois même de charlatan? De ioutes les circonstances" de la vie de Hahnemann, celle* ci est la plus étrange et la plus inexplicable. Dans le court intervalle de ving^qvalre ans (de 1810 à 1834), VOrganon a eu cinq éditions allemandes : il a été traduit dans toutes les langues européennes; et notre France niiédicale, si dédaigneuse de tout ce qui touche à l'homoeopathie, a déjà épuisé deux éditions du même ouvrage. Elle épuisera la troisième, La Matière médicale » pure et le Tfdilé desjgxaifldies chnmiques ont eu deux

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