‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 34 sur 73 · PRÉFACE DE L AUTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L AUTEUR

L'Ancienne médecine, ou l'allopathie, pour dire quelque chose d'elle en général, suppose, dans le traitement des maladies, tantôt une surabondance de sang, qui n'a jamais lieu, taptôt des principes et des àcretés morbifiques. En conséquence, elle enlève le sang nécessaire à la vie, et cherche soit à balayer la prétendue matière morbifique, soit à l'attirer ailleure, au moyen des vomitifs, des purgatifs, des sudorifiques, des sialagogues, des diurétiques, des vésicatoires, des cautères, etc. Elle s'imagine, par là, diminuer la maladie et la détruire matériellement. Mais elle ne fait qu'accroître les souffrances du malade, et priver l'organisme des forces et des sucs nourriciers nécessaires à la guérison. Elle attaque le corps par des doses considérables, longtemps conti-

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nuées, et fréquemment renouvelées, de médicaments héroïques, dont les effets prolongés et assez souvent redoutables hii sont inconnus. Elle semble même prendre à tâche d'en rendre l'action méconnaissable, en accumulant plusieurs substances inconnues dans une seule formule. Enfin, par un long usage de ces médicaments, elle ajoute à la maladie déjà existante de nouvelles maladies médicinales, qu'il est parfois impossible de guérir. Elle ne manque jamais non plus, pour se maintenir en crédit auprès des * malades (i), d'employer, quand elle le peut, des moyens qui, par leur opposition, suppriment et pallient pendant quelque temps les symtômes, mais laissent derrière eux une plus forte disposition à les reproduire, c'est-à-dire exaspèrent la maladie ellemême. Elle regarde à tort les maux qui occupent les parties extérieures du corps comme étant purement locaux, isolés, indépendans, et croit les avoir guéris quand elle les a fait disparaître par des topiques, cpii obligent le mal interne de se jeter sur une partie plus noble et plus importante. Lorsqu'elle ne sait

(1) Le même motif lui fait chercher avant tout un nom délerramé, grec surtout, pour désigner raffeclion, afin de faire croire au malade qu'on la connaît déjà depuis longtemps et qu'on n'en est que mieux en élat de la guérir.

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plus que faire contre la maladie qui refuse de céder, ou qui va toujours en s'aggravant, elle entreprend du moins en aveugle de la modifier par les altérants, notamment avec le calomélas, le sublimé corrosif et autres préparations mercurielles, à hautes doses.

Rendre au moins incurables, sinon même mortçlles, les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des maladies, celles qui affectent la forme chronique, soit en débilitant et tourmentant sans cesse le faible ma- Jade accablé déjà de ses propres maux, soit en lui attirant de nouvelles et redoutables affections, tel paraît être le but des funestes efforts de l'ancienne médecine^ but auquel on ^parvient aisément lorsqu'une fois on s'est mis au courant des méthodes accréditées, et rendu sourd à la voix delà conscience.

Les argujuents ne manquent point à l'allopathiste pour défendre* tout ce qu'il fait de mal; mais il ne s'étaye jafeais que des préjugés de ses maîtres ou de l'autorité de ses livres. Là il trouve de quoi justifier les actions les plus opposées et les plus contraires au bon sens, quelque hautement qu'elles soient condamnées par le résultat. Ce n'est que quand une 4ongue pratique l'ayant convaincu des tristes effets de son prétendu art; il se bornç à d'insignifiantes

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boissons, c'est-à-dire à ne rien faire, dans les cas même les plus graves, que les malades commencent à empirer et mourir moins souvent entre ses mains.

Cet art funeste, qui, depuis une longue suite de siècles, est en possession de statuer arbitrairement sur la vie et la mort des malades, qui fait périr dix fois plus d'hommes que les guerres les plus meurtrières, et qui en rend des millions d'autres infiniment plus souffrants qu'ils ne l'étaient dans l'origine, je l'examinerai tout à l'heure avec quelques détails, avant d'exposer les principes de la nouvelle médecine, qui est la seule vraie.

Il en est autrement de l'honiœopathie. Elle démontre sans peine à tous ceux qui raisonnent que les maladies ne dépendent d'aucune âcreté, d'aucun principe morbifique matériel, mais qu'elles consistent uniquement en un désaccord dynamique de la force qui anime virtuellement le corps de l'homme. Elle sait que la guérison ne peut avoir lieu qu'au moyen de la réaction de la force vitale contre un médicament approprié, et qu'elle s'opère d'autant plus sûrement et promptement que cette force vitale conserve encore davantage d'énergie chez le malade^ Aussi évite-t-elle tout ce qui pourrait débiliter le

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moins du monde (1); aussi se garde- t-eile, autant que possible, d'exciter la moindre douleur, parce que la douleur épuise les forces ; aussi n'emploiet-elle que des médicaments dont elle connaît bien les eflfets, c'esl-à-dire la manière de modifier dynamiquement l'état de Thomme, cherche- t-elle parmi eux celui dont la faculté modifiante (la maladie médicinale) est capable de faire cesser la maladie par son analogie avec elle (similia similibus), et donnet-elle celui-là seul, à doses rares et faibles, qui, sans causer de douleur ni débiliter, excitent néanmoins une réaction suffisante. Il résulte de là qu'elle éteint 4a maladie naturelle sans affaiblir, tourmenter ou torturer le malade, et que les forces reviennent d'elles-mêmes à mesure que l'amélioration se dessine. Cette œuvre, qui aboutit à rétablir la santé des malades en peu de temps, sans inconvénients et d'une manière complète, semble facile, mais elle est pénible et exige beaucoup de méditation.

L'homœopathie s'offre donc à nous comme une

(i) L'hoDKBopathie ne verse pas une seule goulte de sang ; elle ne purge pas, et ne fait jamais ni vomir, ni suer; elle ne répercute aucun mal externe par des topiques et ne prescrit ni bains chauds, ni lavements médicamenteux; elle n'applique nivésicatoires, ni sinapismes, ni sétons ou cautères; jamais elle n'excite la salivation ; jamais elle ne brûle les chairs jusqu'à l'os avec le moxaoule fer rouge, etc.

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médecine très-simple, toujours la même dans ses principes et dans ses procédés, qui forme un tout à part, parfaitement indépendant, et se refuse à toute association avec la pernicieuse routine de Tancienne école (1).

(1) Je me reproche d'avoir autrefois emprunté les allures de l'allopathie en conseillant d'appliquer sur le dos, dans les maladies psoriques, un emplâtre de poix, qui provoque des démangeaisons , et derecoimr à de très-petiles commotions électriques dans les paralysies. Comme ces moyens sont rarement utiles, et que l'homoeopathie s'est assez perfectionnée pour n'en plus avoir besoin, je retire le conseil que j'avais donné d'y recourir, et dans lequel on a trouvé un prétexte pour chercher à combiner ensemble l'homœopathie et l'allopathie.

HOMOEOPATHIQUE

OU

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