‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 5 sur 73 · YUI VIE ET TRAVAUX DE HAHNEMANN · texte numérisé non relu

YUI VIE ET TRAVAUX DE HAHNEMANN

viendra, (plaise à Dieu que ce jour soit proche !) où le jugement dont je parle sera prononcé. Il offrira sans doute toutes les garanties d'impartialité^ de calme et de parfaite intelligence de la doctrine, qu'il est impossible de rencontra au moment où j'écris. Alors, ou dira, mieux que je ne le dirai moi-même, tout ce qu'il fallut à Samuel Hahnemann de génie, de patience, de persévérance, d'amour de la science et de l'humanité, pour conduire au point où ill'a amenée, l'œuvre si grande^ si difficile, et pourtant si nécessaire de réforme dans l'ail de guérir ! Alors aussi, mutant son nom et ses travaux en regard des grandes renommées qui , en des temps différents, ont brillé du plus vif éclat, l'histoire, toujours impartiale et toujours véridique, lui assignera son rang et lui rendra justice.

Je le répète, ce moment n'est pas venu» LorsquerhomœopathieparutenFranee,lesmédecins étaient encore émus des luttes que suscita la réforme broussaîsienne. Les amis du réformateur croyaient posséder la victoire , et cette victoire d'un jour, ils la jugeaient assurée et durable. Ses ennemis se résignaient au silence, leurs armes étaient usées, leurs membres fa* tigués par une guerre de quinze ans , leur intelligence était à bout d'ai*guments. La paix fiit donc conclue. Paix trompeuse, où les uns vivaient d'illusions, où les autres conservaient leurs vieilles rancunes et l'espoir d'un retour inévitaUe à ce qu'ils nommaient de plus saines doctrines.

Qu'avait donc à faire, que pouvait espérer l'homoeopathie au moment où les bix>ussaisîens savouraient

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les douceui*s du Iriomphe, où leui's enaenùs comptaient leurs morts et refaisaient leurs forces épuisées? Elle avait à se produire sans grand espoir d'être écoutée. Se pouvait-il, en effet, que lès broussaisiens, restés maîtres du champ de baiaiUe, en vinssent sitôt à douter de leurs principes et consentissent si facilement à l'abandon de leur conquête? Tant d'abnégation irait jusqu'à l'héroïsme ou supposerait de faiUes convictioQS. Or, si les partisans du principe de l'irritation avaient des copvictions arrêtées, s^ils étaient éner^ques dans la lutte, audacieux dans la victoire, ils ne s'élevèrent jamais jusqu'à l'héioisme.

Se pouvait-il, d'un autre côté , que les partisans des anciennes doctrines sortissent sitôt de leur repos, pour se livrer à de nouvelles études, à des expériences nouvelles? se pouvait-il que, de nouveau, Us revêtissent leur armure étrentrassent dans la lice? Tant de courage, il faut le dire, est au-dessus des forces humaines.

L'homœopathie iîit donc repoussée sans examen. Elle le fut d'une manière sommaire , sur la simple indication de son nom, sur Tunique reconnaissance de son identité: on en agit avec elle, ainsi qu'aux époques

de trouble et d'sLuacèhie, les vainqueurs en agissent à. regard des vaincus.

Depuis dix ans, tel est l'état des choses , à la seule différence que le broussaisisme se vieillit et se passe, et que les doctrines anciennes, mises en lambeaux par la main de Broussais (1), essayent de reeonstituer leur

(1) V. Examen des doctrines mecffca/^^. Paris, 1816, in-8, — lnoisième édition augmentée, Paris, 1829 à i85i, 4 vol. in-8.

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