TROISIEME CONFERENCE LA MODESTIE ET LA PASSIO.X DE SAVOIR
Noble passion du savoir encouragée par la Religion. Cette passion a besoin d'être réglée. 11 faut l'empêcher de s'éteindre dans la négligence et la paresse. H faut aussi la contenir et la soumettre aux lois de la discrétion. La modestie chrétienne, en cette matière, nous met h ra!)ri des défaillances et des excès 71-72
1. La modestie ne nous interdit pas de chercher la vérité avec ardeur ni de l'étudier avec constance.
a) Toute science est utile. Enseignement de saint Thomas sur la béatitude. La moindre vérité est un trésor qui nous sert dans l'ordre matériel, spirituel, moral. La science n'est pas la vertu. mais elle aide puissamment la vertu. Erreur du mysticisme qui montre de l'hostilité à toute invention, à tout progrès. 72-73
TABLIÎ Di:S MATIÈKES 33.'}
b) 11 y a dos sciences nécessaires. Nous sommes lous obligés de nons inqnicter des principes qu'il faut adopter pour organiser noire vie. remplir nos devoirs, atteindre noire lin dernière. Ces principes sont contenus dans l'Evangile et dans le catéchisme. Il n'est permis à personne de les ignorer. Chacun est tenu de leur donner la première place dans ses préoccupations intellectuelles et dans l'éducation des enfants. Chacun est tenu de les étudier et de les approfondir aussi parfaitement que possible. La divine vérité est le pain dévie 73-75
c) Scandale du temps présent. Une multitude se montre indifférente à ces grands problèmes. Ignorance de la Religion et de la morale. La fièvre des affaires et des plaisirs dévore toutes les heures dun trop grand nomlire d'iiommes. Parabole des invités qui refusent de se rendre au Iianquet lumineux préparé par le Sauveur. Prescriptions de la modestie contre ce flegme insensé. Responsabilité des paren,ts qui ne donnent pas une place suffisante aux questions religieuses dans l'éducation des enfants. Surprises et malheurs qui les attendent. Un exemple 7.")-77
(I) Des connaissances spéciales sont nécessaires à chacun suivant sa profession. Science du prince, du magistrat, du prêtre, etc. Témérité de celui qui exerce une fonction sans y être compétent. Catastrophes qui sont la suite de son ignorance. Graves erreurs commises par les juges et les magistrats improvisés. Responsabilité de ceux qui enseignent sans une préparation suffisante. Pour enseigner une vérité, il faut en être deux fois le maître. Avant d'écrire, de parler, de prêcher, il faut apprendre à penser. On apprend à penser en étudiant. 77-79
e) Répugnance, lassitude, dégoût que nous ép^'ouvons parfois pour l'élude. L'amour du savoir secoue cette nonchalance, nous enchaîne à son objet et nous pousse à la recherche de la vérité. Exemple de saint Thomas d'Aqnin interrogeant encore, au moment de mourir, le Cantique des Cantiques. . . . 79-80
La modestie, sorte de tempérance, règle l'amour du savoir.
(. La modestie exige que l'amour du savoir soit pur cl désin- 'téressé.
a) Les uns étudient pour s'exalter eux-mêmes, ils Aculent connaître pour être connus. Leurs intrigues. Démarches et humi-
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liation? auxquL'lIcs ils se souniottent. Dans quelle mesure et pourquoi il est permis daspirer aux grades et aux titrés. 80-82
h) La seconde profanaliou du savoir vient de son alliance avec la cupidité. Un lion auteur doit vivre de sa plume. Injustice de la société vis-à-vis des « prolétaires de l'intelligence », Conduite généreuse des anciens vis-à-vis des hommes détude et des sages. Cepemlant. il ne faut pas considérer la science comme une marchandise qu'on vend au plus offratil et qu'on trahit pour en tirer un bénéfice supérieur S2-H4
e) L'amour du savoir se corrompt lorsqu'il est inspiré par la volonté de mal faire. Alors, selon le but criminel où il tend, il devient barbare, inique, impudique, impie. .... 84-8">
■2. L'amour du savoir soumis à la tempérance est ordonné.
a) On y doit lespecter la hiérarchie des {[uestions. faire passer les connaissances néf-essaires avant les connaissances simplement utiles ou superflues. Développement de cette pensée. Les connaissances religieuses et morales sont les plus indispensables - • S0-8G
b) L'ordre consiste encore à ne jamais négliger un devoir grave et urgent pour se livrer à l'étude. Divers exemples de devoirs qu'on ne peul négliger sans tomber dans un amour intempérant du savoir. S(j
c) L'amour du savoir quand il est ordonné, en dernière analyse tend à Dieu. Toute science est tenue de rapporter directement ou indirectement ses lumières à la lumière suprême si elle ne veut pas transgresser l'ordre des choses. Ces divers principes sont souvent peu respectés M6->s7
:^. A l'amour du savoir la modestie demande de la sobriété.
ff) Ce qu'est la gourmandise intellectuelle qui entraîne l'envie de tout savoir et de tout expliquer. Bel enseignement de Léon XllI sur la réserve imposée à ceux qui étudient les vérités mystérieuses de l'Ecriture Sainte 87-88
bt On doit oliserver la mènie modestie quand il s'agit de l'avenir, de l'aulie monde, du secret des cœurs. La morale chrétienne condamne les sciences occultes où se mêlent la supercherie, la superstition, l'imprudence. Préceptes, à ce sujet, de l'Ecclésiastique et de l'Evangile ; . 88-89
Résumé de la Conférence. — L'ignorance cause de beaucoup de -maux. — Autre cause du mal: la curiosité et l'indiscrélion 8'.t-91
TAlil.l' rJKS .MATiÈfU-S XVS