DEUXIEME INSTRUCTION — MARDI SAINT LA CRUAUTÉ
La cruauté suit la colère. L'esprit de vengeance nous rend implacables. La colère d'Hérode el le massacre des Innocents.
TABLE ni-:s MATIÈKES 3 i"
La colère de >'al)iuiio(lonosor et les trois enfants dans la fonrnalse. La colère dAntiochus et le martyre des Machal)ées. Sujet du discours : les degrés de la cruauté 199-200
Le premier degré de la cruauté consiste à exiger mathématiquement ce qui nous est dû.
(I) Circonstance <lans lesquelles il faut que la justice soit inflexilde. Texte de Bossuel. Souvent nous serions cruels si nous demandions tout ce qui nous est dû. Exemple du propriétaire à labri du besoin et du locataire nécessiteux. Exemple du gouvernement trop rigoureux quand, à certains jours, il refuse tout délai pour les impôts et les corvées. Exemple du père qui applique la maxime : œil pour œil 200-201
h) Enseignement de la vraie Religion à ce sujet. Belle conduite de >>éliémias qui renonce à son traitement par amour de son ]ieuple et par crainte de Dieu. Dans le >'ouveau Testament, la paraliole du mauvais serviteur qui. après la remise de sa dette, se montre inipitoyai)le pour son compagnon. La parabole de TEnfant Prodigne à qui son père pardonne sans aucune réserve 201-203
Le second degré de la cruauté consiste à infliger des peines imméritées.
a) 11 est déjà dur pour une Ame bonne d'infliger des peines méritées. David et Amnon. Héli et ses fils. Juges et rois qui n'osent prendre les mesures dictées par la justice. Ces faiblesses sont condamnables, moins condamnables pourtant que les excès de dureté.
La cruauté est une faute quand, à la moindre offense, on éclate en reproches, en injures. Cruauté de la langue qui atteint le prochain dans sa dignité, dans son honneur, dans son bonheur 204-2();)
b) Cruauté dans la vie de famille. Il y a une manière cruelle de se traiter entre époux, de corriger les enfants, de reprendre les serviteurs, de frapper les animaux 20o-206
e) La cruauté est coupable lorsqu'elle recourt à des moyens raffinés pour ajouter au supplice d'un condamné. Respect qu'il
TABLE UKS IIAÎIKRKS
faut garder pour Ihonmio luèmo tornl)»'-. A plus forte raiion, doit-on épargner linnocent, et par tous les moyens adoucir soi» sort. Divers exemples de cruauté. Dieu vengera ses martyrs et exécutera la menace que les Maclialiées adressaient ti Antloclius. . " 200-207
Le comble de la cruauté est de se plaire aux souffrances endurées par les autres.
a) Les hommes qui se réjouissent dassister à la douleur de leurs frères. Ils ont le goût du sang. etc. La joie des Juifs quand Jésus-Christ souffre, agonise et meurt. Cette perversité n'est plus humaine. Barbarie, férocité, bestialité, sont des expressions trop faibles pour lexprimer 2UT-20r>
l)) Parfois, sans tomber en ces odieux excès, nous trouvons du plaisir à linfortune de ceux qui nous ont offensés. Caractères bizarres qui ont besoin de faire souffrir les autres. . . 209
La religion catholique est ennemie de la cruauté. C'est une religion de bonté, de mansuétude, d'indulgence. La scène de Capharuaùm : il faut iwirdouner soixante-dix fois sept fois. Conduite du chrétien obligé de sévir. 11 ne pèche ni par excès de miséricorde, ni par excès de dureté, il se soumet aux lois dune sage tempérance 209-210
TP.OISIEME INSTRUCTION — MERCREDI SAINT L'ORGllIIL
Parabole du Pliarisicn et du Publicain. Le Pbarisien. symbole de l'orgueil: le Publicain. symbole de l'humilité. La méditation de cette parabole fournira la matière de l'inslruction. 21o-2l.'>
Atlilude modesle du Publicain vis-à-vis ûv D'u-n. Allitudc orgueilleuse du Pharisien.
fl) Le Publicain reste au seuil du temple, le Pharisien s'avance
TABLK DlvS MATIÈRES 3i9
jusquà l'autt'l. Le Piiblicain iiioliiic sdii Imnl devant Dieu, le Pharisien a la tète haute. Le Publicain n'ose pas lever les yeux, le Phaiisieii a le regard assuré 216-217
h) Le Piiblicain se frappe la poitrine, ne voit eu lui-même que des fautes, n'implore que la pilié. Sa prière ne respire que repenlir. confusion, finiiditè. LePiiarisien s'exprime en homme qui a des droits sur Dieu. 11 se considère vis-à-vis de Dieu moins comme un débiteur que comme un créancier. 11 pense qu'on serait injuste si ou le confondait avec les autres hommes. 217
r) Le Publicain s'accuse, proteste qu'il n'est que péché. Le Pharisien s'atlribue les perfeclious et les vertus dont il affecle de remercier Dieu. 11 est de ceux qui croient être par eux-mêmes ce qu'ils sont. A l'égard de Dieu riuimililé implique d'abord une soumission totale, et l'oreueil une indépendance injurieuse pour lui 217-2l'J
La suffisance du Piiarisien vient de son estime pour sa propre personne.
a) Le Publicain se répète qu'il n'est que pécheur. Le Pharisien se contemple. 11 se dit longuement qu'il n'est injuste ni dans ses sentiments, ni dans ses paroles, ni dans ses actes, qu'il ne l'est à l'endroit de personne. Dégoût que lui inspire le métier de publicain 219-220
b) Le Pharisien s'admire en proclamani qu'il ne se contente pas du bien, qu'il vise au parfait. Ses œuvres surérogatoires : jeûnes, dîmes. 11 se montre quand il prie, à la synagogue, à l'angle des rues; quand il fait l'aumône; quand il jeûne.
Silence du Publicain qui vent êlre oublié. 11 ne dit pas s'il est charitable comme Zachée, prêt à tout quitter comme Lévi; il dit seulement : Je suis un pécheur qui a besoin de pitié 219-222
lit
L'orgueil du Pharisien dégénère en mé[»ris du prochain.
a) Le Publicain ne se préfère, ne se compare à personne. 11 s'abaisse au-dessous de tous, il accepte d'être considéi'é et traité comme un pécheur. Le Pharisien s'élève au-dessus de ses semblables. 11 se s('T^)are de lous. même des meilleurs. 11 se flatte
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d'èliv le seul liomme de Dieu. 11 accuse en IjIoc ses frères d'être livrée au vol, à tous les vices et à tous les excès de Tinjustice et de l'impureté 221-222
h\ Aveuglement du Pharisien. 11 est scnildable aux autres hommes. Il n'est pas différent de ces autres Pharisiens coutrc lesquels le Christ s'est tant de fois déclaré. 11 est pire que les autres hommes, car à tous ses vices il ajoute la présomption. On peut dire, d'après saint Augustin, qu'il était voleur, injuste, adultère. Il se trompait encore sur ses vertus. Celles du Pharisien ne méritent pas leur nom 222-22.T
c) Le Publicain sortit justifié du temple. 11 n'en fut pas ainsi du Pharisien. Comment Dieu s'éloigne de lui. Comment il se rapproche du Publicain pour l'écouter, l'exaucer, lui pardonner, remplir son cœur de doux espoirs et de suaves consolalions 22:.-226
Leçons de la parabole qu'on vient d'expliquer. Attitude que l'humilité nous impose devant Dieu. Si l'orgueil s'y mêle, nos vertus s'allèrent et nos ceuvres deviennent mauvaises. Il est ntile, pour rester humble, de moins penser à nos bonnes actions qu'à nos fautes. Imiter le Publicain. avoir comme lui le sentiment de notre misère, nous accuser, nous abaisser, offrir à Dieu une prière pleine de repentir 226-227