La foi, en effet, une vertu infuse
a) Preuve de cette assertion, tirée du témoignage de saint Augustin, des enseignements du Concile d'Orange, du spectacle que l'Eglise nous donne quand elle demande la foi à Dieu comme au seul être qui puisse la donner .... 32
b) Dieu seul est la cause de la foi, car cette vertu est surnaturelle, et une vertu surnaturelle ne pouvant émaner de la nature, ne peut émaner que de Dieu 33-44
c) Contrairement à ce qu'ont dit les Pélagiens et Hermès, Dieu est l'auteur et de la foi animée par la charité et de la foi informe que ne vivifie pas la charité 34
d) Sens de cette doctrine qui suppose que Dieu ajoute aux énergies naturelles de l'esprit et du cœur une énergie nouvelle, en i/htmmanM'espritet en inspirant le cœur. 34-35
2. Dans la naissance de la foi rôle de l'humanité de Jésus- Christ, des sacrements, de la parole aspostolique. L'action de ces instruments créés n'est que le véhicule de l'action incréée • .' 35-36
3. Rôle du libre arbitre sous cette pression de l'Infini. Sous l'impulsion de Dieu, l'homme reste libre de croire. Dieu lui donne la volonté de croire, il le fait croire librement ; il nous demande une coopération que nous pouvons toujours lui refuser 36
La foi étant une faculté extraordinaire d'intelligence et de cœur, nous devons en être fiers.
La foi étant un don de Dieu, il faut la demander quand on ne l'a pas.
La foi, ne nous attachant qu'à la vérité, purifie l;i connaissance, élimine de l'esprit l'erreur, la superstition, et ne sappuie pour adhérer que sur le témoignage de Dieu.
La foi, nous montrant en Dieu un juge, inspire la crainte qui fait fuir le mal pour éviter la peine. En nous manifestant en lui l'Etre parfait, elle nous inspire une crainte plus noble, celle de nous séparer de lui. Enfin, en nous découvrant en lui un Père, elle éveille en nous la crainte filiale. . . . 37-39
LE PÉCHÉ D'INFIDÉLITÉ
Gravité des vices contraires à la foi . Le premier est l'infidélité. L'infidèle est celui qui ne croit pas les vérités révélées ou qui ne les croit qu'en partie.
Deux sortes d'infidélitps: l'infidélité involontaire, l'infidélité volontaire. La première est exempte de faute, la seconde est coupable 47-48-
1. a) L'infidélité purement intellectuelle ou négative, à laquelle la volonté est étrangère, est la suite d'une ij^norance invincible. Le protestant^ le juif, le mahométan, le païen,. sincères et disposés à croire s'ils savaient, sont dans ce cas 48-4^
6) Ces hommes ne pèsent pas. Erreur de Baïus condamnée par Pie V et par Pie IX qui empruntent leur doctrine à Notre-Seifineur lui-même. Paroles miséricordieuses du Maître à l'adresse de ceux qui n'ont pas entendu la parole de vie 49-50
2. Problème troublant qui se pose : puisque sans la foi surnaturelle nul ne peut être sauvé, que deviennent les infidèles négatifs? Distinction entre l'infidélité relative qui n'exclut pas les vérités nécessaires auxquelles tout homme doit croire, et l'infidélité absolun 51
a) L'infidélité relative, compatible avec la foi aux vérités essentielles, ne met pas nécessairement hors des voies du salut. La foi imparfaite, avec laquelle elle se concilie, peut suffire pourvu que le sujet pratique la loi morale telle qu'il la connaît. Application de cette doctrine aux catholiques incultes, aux protestants, aux juifs, aux mahométans qui croient à la révélation et aux deux dogmes substantiels de la Divinité et de la Providence 51-52
Difficulté plus grande pour les individus et les peuples qui sont ensevelis dans les errreurs du fétichisme et de la barbarie. Cependant, ces peuples ont souvent conservé la f ji à une révélation primitive, aux dogmes d'un seul Dieu, d'une
Providence rémunei^atrice et vengeresse. Dans ce cas, il suffît pour qu'ils puissent entrer dans le chemin du salut, que leur foi soit l'effet de la grâce qui ne manque à personne 53-55
b) L'infidélité absolue exclut toute croyance surnaturelle. Que penser de celle qui va jusqu'à l'athéisme ? Si l'infidélité absolue est exempte de faute, si l'homme vivant dans cette infidélité ob erve la loi naturelle, Dieu par des moyens de son choix saura l'éclairer. Texte de Pie IX en faveur de cette doctrine certaine. Puissance mystérieuse et invisible de la grâce qui, tantôt sans se servir d'aucun instrument, tantôt en usant des apôtres, aborde les âmes droites et les éclaire assez pour qu'elles croient ce qui est nécessaire au salut. Exemples de Corneille et de l'officier d'Ethiopie. . . 56-59
Toute autre est la condition de ceux qui sont volontairement infidèles: ils sont coupables. L'infidélité est volontaire indirectement, c'est-cà-dire dans sa cause, ou directement, c'est-à-dire en elle-même.
1. L'infidélité est voulue dans sa cause lorsqu'elle est la conséquence prévue, en fait ou en droit, d'actes que l'on est gravement tenu d'éviter, de dispositions intellectuelles ou morales que l'on est gravement tenu de corriger. . . 59-60
a) Culpabilité de quiconque ne croit pas par négligence, par dilettantisme, par sen'>ualisme. Il n'est permis à personne, en effet, de se désintéresser des questions de foi. Celui qui, par sa négligence ou par ses vices, se met volontairement dans l'impossibilité de connaître le Vrai et d'y croire est responsable de son état 60
6) Application de ce même principe aux dilettantes qui malgré les iirotestations de leur conscience, refusent de chercher sérieusement la vérité et contractent des habitudes intellectuelles qui les retiennent loin d'elle 61-62
c) Application de ce même principe à ceux qui, dans le secret dessein d'échapper à la vérité, s'arment contre elle de tous les systèmes, de tous les aophismes capables d'en diminuer l'autorité. L'infidélité, suite de cette hostilité, leur est imputai)!'! 03
d) Application de ce môme principe à ceux qui sont infidèles par suite de leurs mœurs corrompues. Comment les
passions, et en particulier la luxure, exercent sur l'esprit et sur le cœur une action qui nous rend incapables de croire-. Elles épuisent la force intellectuelle, elles empêchent de penser, de réfléchir, d'approfondir les problèmes. Elles absorbent, elles distraient, elles aveuglent, elles coupent l'attention et corrompent le jugement. Elles rendent le cœur insensible aux choses spirituelles, elles en inspirent le dégoût 64-66
2. L'incrédulité est directement volontaire, lorsque l'homme résiste en face à la vérité qu'il connaît.
a) Cette infi<^élité suppose une révolte positive contre la parole de Dieu et contre Dieu lui-même. Aucune lumière ne manque alors au coupable qui, délibérément, lui refuse son adhésion , . . . , 6T
6) Gomment expliquer cette anomalie? La véiité catholique apparaît avec assez de lumière pour nous montrer que nous devons la croire, elle reste assez obscure pour ne point contraindre notre assentiment. . 68
c) Pourquoi, voyant qu'il faut croire, refuse-t-on de croire ? Parce que les vices qui empêchent de connaître le Vrai, empêchent aussi de le croire quand on le connaît ... 68
d) Pourquoi les vices sont-ils en guerre avec la vérité chrétienne? Parce que cette vérité les menace. Elle nous enlève, en effet, l'autonomie dont notre orgueil est si jaloux et veut nous soumettre à son autorité. Elle découvrenos œuvres mauvaises que nous tenons à cacher. Elle réprouve, elle condamne nos vices et s'efforce de nous arracher à nos désordres. C'est assez pour que nous la haïssions et pour que nous la repoussions , 69-72
Devoir pour chacun de songer à son salut. Devoir pi fssant, car la mort approche. Tous peuvent comprendre le dilemme de Pascal et conclure pi'atinuement à la nécessité de croire. Crime de quiconque, sachant qu'il faut croire, refusera de •croire 72-74
LE PÉCHÉ D'HÉHÉSIE
Dans l'esprit de curiosité et le besoin de nouveauté est le principe de la témérité qui conduit à l'hérésie.
L'hérésie est le plus grave des péchés contre la foi, comme le prouve l'attitude de l'Eglise et de l'opinion vis-à-vis d'elle. Définir le péché d'hérésie, en découvrir les suites, voilà le plan de cette conférence 79-80
L'hérésie est une erreur manifestement contraire à la vérité révélée, et professée obstinément par un homme jusque-là croyant.
i.a) C'est une erreur de l'esprit. Point d'hérésie sans erreur. Propositions scandaleuses, injurieuses à Dieu, etc., qui ne sont pas hérétiques, car elles ne contiennent pas d'erreur formelle. C'est une erreur réelle, intérieure, adoptée par l'esprit. Les chrétiens qui afTectent d'accepter des idées folles tout en continuant de croire sérieusen;ient, ne sont pas hérétiques 81-83
b) Toute erreur n'est pas une hérésie. L'hérésie est une erreur en matière religieuse. Toute erreur en matière religieuse n'est pas une hérésie. L'hérésie est une erreur opposée à la vérité révélée, telle que l'Eglise nous l'enseigne. Le doute suffit pour caractériser celte opposition à la vérité révélée 83-8ï
c) L'hérésie comporte un antagonisme manifeste avec le dogme. Différents cas où, cet antagonisme n'étant [as clair, l'hérésie n'existe pas. La question est tranchée quand l'Eglise a parlé. 11 n'est pas nécessaire que les dissidents reconnaissent cet antagonisme pour commettre le péché d'hérésie 85-86
2. Cependant l'hérésie serait purement matérielle si elle était le résultat de l'ignorance. C est en parfaite connaissance de cause que l'hérétique s'engage dans la voie de l'erreur, cVst obstinément qu'il y persévère En quoi consista l'obstination de l'hérélique !" Texte de Fîourdaloue. Comment cette obstination i.'est pas affaire de temps .... 86-88
3. ai L'hérésie est le crime d'un homme qui a cru et qui cesse de croire. Différence entre l'hérétique et les autres infidèles 89
6) Le défaut de liberté peut diminuer la culpabilité des hérétiques qui, souvent, sont peu équilibrés. . . . 90-91
1. La première conséquence de l'hérésie, c'est la mort de la foi.
a) L'hérésie détruit la foi, car elle renverse le principe sur lequel nous nous appuyonspour croire, l'autorité de la parole de Dieu ^ 91-92
b) Elle la détruit, même quand elle se contente de nier un article de symbole. Raison de cette affirmation : un seul article engage le principe de la foi autant que le font tous les articles réunis 92
c) La foi étant la racine de tout l'ordre chrétien, quand elle périt tout iVdifice surnaturel s'écroule 9a
2. L'hérésie conduit à l'apostasie. Eloquence des faits. Comment les protestants sont tombés d'une négation dans une négation, et en sont arrivés à ne plus croire à la Divinité de Jésus-Christ, ni même à Dieu. Explication de ce phénomène : l'audace qui permet de toucher à une vérité révélée permet de les ébianler toutes, et les dogmes se tenant logiquement, en niant l'un, l'on est amené à nier l'autre 94-96
3. L'hérésie conduit au scepticisme et à la méconnaissance des vérités rationnelles. Preuve de cette assertion par l'Hisloire. Raison des faits : les hérétiques, pour justifier leurssystème-, religieux, sont obligés d'invoquer une fausse philosophie qui part d'erreurs réprouvées par la sagesse naturelle 96-9g
4. L'hérésie divise les esprits, et rompt les liens de la société intellectuelle, comme en témoigne encore l'Histoire. L'hérésie est uu principe de division et d'anarchie. Chacun étant juge de ce qu'il doit croire abonde dans son sens et se fait sa religion 99-101
L'hérésie divise l'individu lui-même et allume en son sein une guerre intestine. Pourquoi? 101
Vain espoir des hérétiques qui ne cessent de prédire la fin de la vraie foi. Le chrétien ne doit pas les écouter. S'il lui arrive de se tromper, qu'il prête l'oreille aux enseignements de l'Eglise, il retrouvera son chemin 102-104