‹ Exposition de la morale catholique (volume 4)Chapitre 36 sur 41 · CINQUIEME CONFERENCE ATTITUDE DE L'ÉGLISE VIS-A-VIS DES HÉRÉTIQUES · texte numérisé non relu

CINQUIEME CONFERENCE ATTITUDE DE L'ÉGLISE VIS-A-VIS DES HÉRÉTIQUES

L'Eglise a sur les hérétiques des droits qu'elle n'a pas sur les autres infidèles. Il ne s'agit pas ici des hérétiques nés et vivant dans l'erreur sans qu'il y ait de leur faute, il s'agit de ceux, qui par un péché personnel, ont rompu avec la foi.

Quelle a été l'attitude de l'Eglise vis-à vis de ces hommes?

Dans ses rapports avec eux, l'Eglise a-t-elle outrepassé ses droits? 145-146

1. L'Eglise use d'abord de miséricorde avec les hérétiques. Démarches qu'elle fait ou qu'elle autorise pour les ramener. Pardon qu'elle leur accorde s'ils se repentent. Avertissements généraux qu'elle leur donne, s'ils persévèrent dans le mensonge , 146-148

2. Elle use ensuite de justice et frappe les dissidents de peines spirituelles après les avoir sommés plusieurs fois de se convertir. Diverses mesures employées contre l'hérétique : privation des sacrements et de la juridiction, excommunication, censure, etc. Comment l'Ef^'iise mêle la miséricorde à ces rigueurs, et comment elle veille sur la brebis égarée. D'ordinaire, elle ne va pas plus loin dans ses châtiments 148-150

3. Cependant, à diverses reprises, elle a permis aux Etats chrétiens de réprimer les hérétiques par des peines tempo-

relies, sans jamais prononcer elle-même des sentences de mort, sans jamais verser le sang 151

a) Quels qu'aient été les faits qu'on nous reproche à ce sujet, fait que nous réprouvons quand ils ont été abusifs, il ne convient pas aux juifs, aux protestants^ aux révolutionnaires, aux législateurs du temps présent d'accuser trop haut nos pères. Les partis et les sociétés auxquels sont imputables les cruautés des juifs à l'égard des chrétiens, les meurtres d'enfants, les rigueurs des protestants à Genève, en Irlande, les souffrances de la Pologne et les lois de fer du Kulturkampf, les abominations de la Terreur et de la Commune, l'injustice et la dureté de certaines législations actuelles, n'ont guère le droit de nous reprocher des excès que nous condamnons et qui viennent non de nos principes, mais d'une mauvaise application de ces principes 152-153

b) Ces excès sont moins nombreux et moins graves qu'on ne le prétend. Trois griefs contre l'Inquisition. Premier grief: le prévenu aurait été sans garantie et sans défense. Injustice de cette première accusation. Extraordinaires précautions que prenait l'Eglise en vue de protéger le prévenu, p. 154. Second grief : L'Inquisition aurait sans cesse appliqué aux héréiiques des peines atroces. Réponse : L'inquisition a été le plus doux des tribunaux du temps. D'ordinaire elle n'infligeait que des pénitences canoniques. Quand elle prononçait des sentences plus sévères, très souvent elle les atténuait dans l'exéûution, p. 153. Toisième grief: l'Inquisition a condamné à mort deshéritiques sans nombre. Fausseté de cette nouvelle affirmation, nombre relativement très restreint des victimes, même dans le midi de la France ; même en Espagne, p. 156. Qu'étaient ces condamnés ? En dehors de l'hérésie que l'Inquisition poursuivait en eux, ils étaient presque toujours des ennemis redoutables de l'ordre public 156-158

Dans la répression de l'hérésie, l'Eglise a-t-elle outrepassé ses droits ?

1. L'Eglise aie droit de traiter les hérétiques avec miséricorde. Place de la miséricorde dans l'Evangile. Efficacité qu'a souvent l'indulgence au point de vue du bien public et du bien du coupable, sagesse qui consiste à s'abtenir parfois de toute répression . . . , 158-159

2. L'Eglise a le droit de punir les hérétiques de peines spirituelles. Elle affirme ce droit au Concile de Latran, par exemple, et elle affirme qu'elle ne le tient pas des princes Ce droit découle de celui de régir : l'Eglise l'a reçu du Christ et des apôtres qui l'ont exercé avant elle. Impossibiliiépour l'Eglise de gouverner les âmes sans punir au moins spirituellement les hérétiques. Nécessité de respecter son pouvoir spirtuel, le seul auquel, aujourd'hui, elle demande des armes pour défendre le dépôt de la doctrine 159-161

3. A-l-elle le droit, en vertu de son pouvoir indirect sur les choses temporelles, de faire appel aux états chrétiens en vue d'obtenir la répression des hérétiques par des peines temporelles qui peuvent aller jusqu'à la mort ? Oui, et l'enseignement contraire entraîne une erreur ....... 162

Preuves, a) Autorité de la pratique de l'Eglise parmi les chrétiens Or l'Eglise a souvent permis aux princes de réprimer les hérétiques. Il est impossible de croire qu'elle se soit si longtemps trompée. Vanité de l'objection qu'on prétend tirer des procédés de l'Eglise primitive 162-163

b) L'Eglise a affirmé son droit de répression, Textes de Boniface VIU, du troisième Concile de Latran, de Léon X, de Pie IX, de Léon XIII 164

c) On s'élève contre cette thèse au nom de l'Evangile, au nom des traditions primitives et des saints Pères, au nom des maximes de liberté qui régissent notre temps. L'Evangile ne contient ri^n qui contredise notre thèse. Rigueurs de Jésus contre les faux docteurs, les vendeurs chassés du temple, le figuier stérile, sens delà parabole du bon grain et de l'ivraie. Nécessité de prendre le Christ tout entier, p. 165-167, Enseignement des Saints Pères, saint Martin, saint Ambroise, saint Jean-Chrysostôme, saint François-de-Sales. Accord en cette matière des peuples païens et des peuples chrétiens. La lutte pro aris et focis, p. 168. Valeurde l'objeciion tirée des principes de libellé moderne. Existence du délit d'opinion dans notre société. Gravité de ce d<^lil. Répres^»ion de ce délit. L'Eglise ne fait qu'adopter les maximes mises en pratique par les autres sociétés 160-170

d) Dans la répression des hérétiques, l'Eglise n'a pas pour but de les forcer à croire, mais de protéger ses fidèles contre l'ernur 170

Devoir des chrétiens d'étudier les faits, non auprès des

hommes aveuglés par leurs préjugés, mais auprès des historiens sincères. On trouvera dans cette étude la justification de la conduite de l'Eglise. Devoir pour les chrétiens de réfléchir en partant des principes. Cette réflexion leur montrera que la foi étant le principe de la vie éternelle, l'Eglise a le droit de la défendre, tout en restant libre d'user de son pouvoir . 171-172

LE PECHE DE BLASPHEME

Gravité du blasphème. Texte de saint Jean Chrysostôme. Opinions des païens et des juifs.

Eu quoi consiste le blasphème ?

Comment est-il opposé à la foi ? . . . . , . 177-17^

Ce que l'on doit penser du juron vulgaire que nous avons l'habitude d'appeler blasphème.

Le blasphème est un outrage à l'honneur et à la souveraine bonté de Dieu 179

1. a) Tantôt il atteint Dieu directement, c'est-à-dire en luimême, tantôt il l'atteint indirectement, c'est-à-dire dans ses œuvres, p. 179; 6> Pour qu'il soit coupable, il faut qu'il soit volontaire. Il n'est pas pleinement volontaire s'il procède de l'ignorance ou d'un emportement non délibéré. Cependant, il n'est pas nécessaire que l'on ait l'intention formelle d'offenser Dieu, il suffit de consentir à des actes qui l'outragent 180

2. Le blasphème s'exprime de quatre façons, a) Par unverbe intérieur. Voix qui parfois s'élèvent en nous contre Dieu. Accusations, récriminations, colères secrètes de l'homme contre Dieu, etc., p. 181-182; 6) Par le langage. Blasphèmes par les discours, par les invectives, par des sommations, par des allusions obscènes aux mystères, p. 182 ; c) Par \a. plume, attitude de la demi-science. Diverses formes sous lesquelles éclate le blasphème des écrivains, des poètes, des auteurs

dramatiques, p. 183-184 ; d) Par le geste, par le jeu de la physionomie Signification du geste, du plissement des lèvres, des sourires, etc. Comment ces mouvements peuvent contenir un

blasphème 185-186

3. Le blasphémateur commet une folie ou un péché: a) une folie, car ses traits se perdent sans pouvoir blesser le Tout- Puissant; car loin de diminuer ses maux, il les aggrave, loin d'échapper à la loi, il se livre à sesvengeances, p. 186 ; 6) un péché, car la malice de nos actes se mesure à la perversité de l'intention qui les inspire et non uniquement à leurs effets, Volonté du blasphémateur d'enlever à Dieu son honneur. Manifestation de cette volonté dans le drame de la Passion, p. 187 ; c) Gravité spéciale du blasphème contre le Saint- Esprit. En quoi il consiste et comment il est irrémissible 188

1. Saint Tîiomas range le blasphème parmi les pèches contre la foi. Raisons a priori que donne le saint Docteur. Raisons a posteriori : Le blasphème contient toujours une fausseté contraire à la vérité chrétienne ; quand il est consommé, il renferme une haine qui blesse le sentiment pieux que le croyant éprouve pour les choses de la foi. . . . 189-190

1, Le blasphème doctrinal existe, ce n'est pas autre chose que l'expression de l'infidélité intérieure, a) Exemples de ce blasphème en Luther, dans les prolestants, dans les pessimistes, dans les panthéistes, dans la presse brutalement ou sournoisement impie, dans les discours, p. 191-193 ; b) Il se présente sous forme d'allirmation, de négation, de comparaison, de doute, de jugement inachevé, de suppositions injurieuses à Dieu, autant de choses qui contiennent d'une manière ou d'une autre une fausseté et qui offensent la foi , . . 193-196

2. Le blasphème consommé heurte la foi dans ce qu'elle a d affectif. Il est consommé quand il unit la haine à l'erreur ; alors le coupable blesse la foi et parce qu'il contredit la vérité et parce qu'il la déteste. Exaspération de certains blasphémateurs contre Dieu : les juifs à la passion. Voltaire 196-197

370 Table des matières

Horreur de l'homme religieux qui entend blasphémer. Rigueurs des législa'ions contre les blasphémateurs. Devoir des chrétiens de ne jamais blasphémer, de proscrire le blasphème de leur maison, de l'expier en confessant leur foi, d opposer au blasphème officiel et publicla contession officielleet publique de la vérité . , . . 197-199

RETRAITE PASCALE

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