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Exposition de la morale catholique

A L'OCCASION DES CONFERENCES PRONONCEES A NOTRE-DAME DE PARIS DURANT LE CARÊME 1915

Segretaria di Stato Dal Vaticano,

di Sua Santita le 15 Février 1916

Mon Très Révérend Père,

II a été très agréable à Notre Saint-Père le Pape Benoît XV de recevoir de nouveau cette année le volume de vos Conférences de la station quadragésimale de Notre- Dame de Paris. Après avoir exposé les grands sujets de la morale générale, vous avez convié vos auditeurs à méditer des sujets de morale spéciale se rapportant aux vertus de la foi, de l'espérance et de la charité. En 1914, vous avez fait voir, avec votre maîtrise habituelle, la nature et l'objet de la charité. En 1915, vous avez envisagé cette vertu dans ses effets et vous l'avez montrée s'affîrmant dans l'homme qui la possède, au dedans, par des effets merveilleux, et, au dehors, par des œuvres incomparables.

Au milieu de la conflagration qui désole l'humanité, vous parlez avec éloquence de cette charité surnaturelle dont le propre est d'établir la paix intérieure dans les individus, la paix dans la société et la paix entre tous les peuples, parce que la charité est le principe de l'ordre et de la tranquillité, qui sont les deux éléments de la paix.

C'est avec raison que vous avez à cœur d'instruire votre auditoire de sujets de si grande actualité, et c'est avec ratson aussi que vous montrez la charité cherchant à éviter même une guerre juste, quand cela est possible, désirait! régler les différends par des voies pacifiques, épuisant pour cela tous les moyens de conciliation, ne se départissant jamais de la miséricorde et du pardon.

Le premier mot au monde de Notre Saint-Père le Pape Benoît XV, au lendemain de son exaltation sur le trône de Saint-Pierre, aétéun appela cette divine charité au milieu des peuples soulevés les uns contre les autres dans uw guerre cruelle. Le Souverain Pontife se réjouit que vous ayez pu, malgré l'agitation dss temps présents, assembler sous les voûtes recueillies de la grande métropole de Paris un auditoire capable de vous suivre dans ces hautes spéculations de la doctrine catholique. En bénissant le prédicateur et l'œuvre dont il agrée l'hommage avec joie, le Saint-Père bénit aussi votre auditoire fidèle et V encourage à profiter des lumineuses leçons que vous lui prodiguez.

Avec mes félicitations jjersonnelles et mes remerciements pour l'exemplaire que cous m'avez gracieusement offert, je vous prie d'agréer, mon Très ftèbérëûd Père, l'expressif de mes sentiments dévoués en NbiH-Scîgïïeur.

P. Card. (jAsPAï;:.:

LA. JOIE

SOMMAIRE

Toute vertu exerce une heureuse influence. Cette influence est proportionnée à la perfection de la vertu. Reine des vertus, la charité, dans l'homme qui la possède, s'affirme, au dedans, par des effets merveilleux, et, au dehors, par des œuvres incomparahles.

Son premier fruit en nous est la joie. Erreur de ceux qui voient dans l'amour de l'homme pour Dieu un amour desséchant le cœur et y entretenant une tristesse morne et un inexorahle ennui.

Pourquoi la charité est-elle un principe de joie? Pourquoi cette joie est-elle d'une excellence hors pair? p. 13-15.

1. La charité est pour nous une cause de joie parce qu'elle nous unit à Dieu.

a) L'être aimant emprunte sa félicité à la présence de l'être aimé. Preuves de cette affirmation. Bonheur que nous apporte tout ce qui nous rapproche de nos amis. Douleurs causées par leur absence. Sanglots de Rachel. Gémissements de saint Bernard. Désolation des mères, des épouses, etc., auxquelles la guerre a enlevé leurs enfants ou leurs époux.

Pourquoi ce phénomène? Parce qu'en nous unissant à nos amis, nous ajoutons en quelque façon leur vie à la nôtre. Cette dilatation de la vie est la joie même, p. 15-17.

b) Application de cette doctrine à la charité. La charité nous unit à Dieu d'une manière réelle et effective. Le mystère quienveloppe cette union ne l'empêche pas d'être réelle. Sens desparolesde saint Paul. Résultat de cette union: nous partageons la félicité de Dieu. Témoignage de saint Jean de la Croix. Rayonnement de la Divinité en nous. Surcroît de lumière, de force, de vie que nous retirons de ce rayonnement, p. 17-19.

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