La miséricorde fait davantage. C'est une force qui nous
pousse à faire disparaître les misères de nos semblables. Volonté ardente et impatiente qu'avait Jésus-Christ de nous sauver. Ce sentiment est commun à tous ceux qui aiment, car aimer, c'est vouloir du bien 147-148
3. Impossibilité fréquente pour nous de secourir efficacement le prochain. Pour Dieu seul vouloir et faire, désirer et réaliser, sont une même chose. Cette infirmité désespère notre cour, lipreuves de la Sainte Vierge condamnée au silence et l'inaction pendant le martyre de Jésus. Vive peine des mères qui ne peuvent soigner leurs fils blessés ou mourants.
Revanches delà miséricorde qui s'exalte à l'intérieur, donne plus d'amour, et parfois, dans son exaltation, se dépasse ellemême et fait des miracles 148-150
Nous sommes tous des malheureux, nous avons tous besoin de miséricorde. Nous avons tous besoin delà miséricorde de Dieu surtout. Nous l'obtiendrons à condition de faire miséricorde. La récompense dépassera nos mérites. Comment la pitié de Jésus répond à celle du bon larron. . . 150-152
la bienfaisance:
La miséricorde esl l'effet intérieur de la charité, la bienfaisance en est l'effet extérieur. La bienfaisance chrétienne se rattache à la charité, elle lui emprunte la perfection qui la distingue, l'ordre qui la régit, le motif qui la soutient .... . 159-100
La bienfaisance chrétienne emprunte sa perfection à la charité.
1. La charité est un amour d'une qualité supérieure, or le propre de l'amour est de faire du bien, à ceux qui l'ont excité ' 100
a) Preuves de celle vérité. Comment, eu donnaut tout sou cœur, on a tout donné, comment le dévouement suit l'amour, comment la mesure du dévouement suit la mesure de
3d2 TABLE D£S MATIERES
'amour, comment l'excès du dévouement suit l'excès de l'amour 160-161
b) Il est tout naturel que la charité, étant le plus grand de tous les amours. soit aussi le plus bienfaisant. Sou activité en Jésus-Christ. Sou activité dans les apôtres, dans les saints, dans tous les chrétiens. Il est aussi impossible «lavoir raison de la bienfaisance chrétienne que de la charité. Vanité des conspirations qui voudraient entraver et paralyser dans l'Église la passion de faire le bien 161-164
2. Le philosophe conseille d'avoir peu d'amis, car il faut faire du bien à ses amis et on n'en peut faire qu'à quelquesuns.
Au contraire, l'Evangile dilate le cœur, et il donne à la charité et à la bienfaisance une sorte d'universalité. Un seul homme, mû par une vraie charité, fait un bien immense. Puis il s'unit à ses frères, et la société chrétienne devient un Christ qui, par des œuvres sans nombre, oppose 1 océan de ses bienfaits à l'océan des misères humaines. Impossible d'expliquer cette supériorité sinon par celle de la charité. 16 't-167
Dans la distribution de ses œuvres, la bienfaisance suit l'ordre de la charité.
1 . Impossible de donner à chaque homme des marques spéciales de notre affection. L'universalité de notre charité consiste dans la disposition où nous sommes de n'exclure personne de notre cœur et, quand nous le pouvons, de donner à tous des marques de notre sympathie.
La bienfaisance est soumise à la même loi. Par certains actes, nous pouvons atteindre toute la société humaine ; par la prière, par la propagation de la vérité. En dehors de ces actes, notre bienfaisance a des bornes 167-168
2. Nous sommes obligés de choisir entre les malheureux et, imitant l'ordre de la nature, de nous dévouer d'abord et de préférence à ceux qui nous touchent de plus près. En quel sens il faut entendre cette maxime? Erreur de ceux qui réservent leurs bienfaits pour les étrangers et qui laissent leurs proches dans la misère. Jésus-Christ, l'être le moins exclusif et le plus large, a commencé par prodiguer ses dons à sa mère, à ses apôtres, à ses amis, à ses compatriotes. 168-172
La bienfaisance chrétienne emprunte son motif à la charité.
1. Elle donne et elle se dévoue à cause de Dieu. Ne pouvant atteindre Dieu directement pour lui faire du bien, elle l'atteint indirectement dans ses créatures, dans ses amis, dans ses mandataires qui sont les pauvres, les malheureux de toute sorte. Dans toute la nature, dans les êtres les plus tombés, la bienfaisance retrouve un reflet de Dieu, c'est à ce reflet qu'elle se consacre. Faire du bien aux créatures en vue du Créateur, voilà son secret 172-176
2. Ce motif d'ordre surnaturel coupe court aux objections que nous pourrions invoquer pour nous dispenser des bonnes oeuvres. C'est Dieu qui nous demande par la voix des pauvres et des affligés. Épisode de saint Martin. Nous n'avons point de raison de refusera Dieu quoi que ce soit, car tout ce que nous avons lui appartient avant de nous appartenir. Aucune philosophie, aucune autre religion n'a découvert ce motif, qui ne fléchit pas, de subvenir aux nécessités des autres. Les settes sont obligées de puiser dans l'Évangile pour donner à leurs œuvres l'apparence de la générosité et une ombre d'existence 176-178
Valeur de la bonté naturelle et de la bienfaisance qui en découle. Supériorité de la bienfaisance chrétienne due à la supériorité de l'amour surnaturel 178 180
RETRAITE PASCALE