LA MISÉRICORDE
La miséricorde, troisième effet de la charité. Supériorité de la miséricorde de Dieu sur celle de l'homme. Idées du Philosophe, des stoïciens, de Cicéron. Définition de la miséricorde. La compassion du cour pour la misère d 'autrui, compassion qui nous porte à soulager nos frères, si nous le pouvons. Celte définition détermine le domaine et les actes de la miséricorde 131-132
Le champ de la misère humaine, tel est le domaine de II. miséricorde.
1. Immensité de ce domaine : misères dans l'ordre physique, dans l'ordre intellectuel, dans l'ordre moral, souffrances imposées au vice, sacrifices imposas à la vertu, souffrances dans les diverses conditions et aux différents âges. 132-135
2. La miséricorde est l'ange de la douleur. Elle veille sur tous les maux de l'humanité. Cependant elle s'attache de préférence et par ordre aux épreuves qui arrivent au prochain malgré lui. Explication de cette distinction. Les misères les plus volontaires contiennent quelque chose d'involontaire, voilà pourquoi la miséricorde s'en inquiète, bien qu'elle s'en inquiète moins que des autres 135-137
Le premier acte de la miséricorde est la compassion.
î. La compassion implique de la pilië.
a) Différentes sortes de pitiés que la compassion chrétienne
répudie. Pitié hautaine qui cache du mépris, de l'ironie, de l'orgueil. Pitié mondaine de convention et de comédie. Pitié qui émeut la sensibilité sans atteindre l'âme. . . 137-139
b) La pitié propre à la compassion chrétienne est une tristesse crame dont l'émotion extérieure n'est que la visible expression. Elle apparaît en Jésus-Christ avec ses traits les plus touchants 139-140
c) Cette pitié n'humilie pas les autres, car elle émane d'êtres qui se sentent exposés aux mêmes maux que leurs frères. Naturelle aux vieillards et à ceux qoi ont souffert, plus difficile aux jeunes gens et aux heureux de ce monde. Cette pitié ne froisse pas, car elle est pleine d'égards et de délicatesse 140-141
2. La compassion implique une souffrance. Compatir, c'est souffrir et partager les fardeaux du prochain. La charité nous solidarise les uus avec les autres. Cette solidarité entraîne entre nous la communauté des biens et des maux
a) Souffrances de saint Paul, de saint François d'Assise, de sainte Catherine de Sienne, de la Sainte Vierge vis-à-vis de la Passion de Jésus-Christ. Les plaies du Sauveur se gravent jusque dans la chair des saints. Jusqu'où saint Paul a poussé cette passion de partager les maux de ses frères. Jusqu'où surtout l'a poussée Jésus-Christ 141-144
6) Cette solidarité qui vient de la charité va si loin et nous unit si tendrement à nos frères que ce qui nous préoccupe le plus en nous, c'est eux. Explication de cette pensée. Caractère de respect et presque d'adoration que contient cette compassion 144-145
La compassion chrétienne nous inspire la ferme volonté de secourir nos frères.
1. Par elle-même, la compassion dont nous sommes l'objet nous apporte déjà un soulagement. La présence de ceux qui nous aiment, leur pitié, fût-elle impuissante, nous réconforte. La solitude pèse aux malheureux. Jésus s'en est plaint amèrement et aujourd'hui un de nos supplices est de penser que nos soldats meurent souvent sans être assistés par personne. Raison de ce phénomène 145-147