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HEUREUSE ACTION DE UESPÉRANCE SUR LA VIE HUMAINE

Teneanxus spei noslrx professionem.

Restons inôbranlablemcnt attachés à Ir profeesion de notre espérance.

Hébreux x, 23.

Messieurs,

L'espérance est une vertu aimable, c'est aussi une verlu l)i(;n faisante qui exerce sur toute la vie une très heureuse inlluencc. Non contente de nous communiquer la perfection (jui lui est propre, elle appelle toutes les autres puissances destinées à nous

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sanctifier et elle leur prête main forte; non contente de nous défendre contre la douleur éternelle, elle nous console de toutes les tribulations du présent; non contente de nous ouvrir les perspectives de la suprême félicité, elle nous apporte des joies pures dans ce monde. Permettez-moi de vous expliquer ces trois pensées à l'honneur de l'espérance chrétienne, et plaise à Dieu que mes paroles, pour leur modeste part, contribuent à vous la faire estimer et aimer.

L'espérance vient au secours de toutes \^s vertus dont la pratique nous permettra de mériter la béatitude. Elle vient au secours d'abord des vertus morales : il n'en est pas une qui ne profite de son commerce 'avec elle. Toutes, de la première à la dernière, des plus modestes aux plus hautes, puisent dans l'espérance une partie de leur vigueur et lui doivent une partie de leurs succès.

Dans la sphère des vertus morales, la prudence, qui nest que la perfection de la raison pratique, dirige et commande tous les mouvements, elle tient sous son empire toutes les facultés intellectuelles ou affectives comme le cocher tient les rênes de ses coursiers : de l'élan qu'elle imprime dépend tout l'ordre de la vie. Mais l'espérance appuie la prudence, parce que, visant à la véritable fin de

Ihorame comme l'arclier à son but et le pilote au port, elle maintient l'àme dans la voie de sa destinée. Puis, précisément parce qu'elle nous emporte par tous ses éléments du côté de la béatitude, elle nous inspire la crainte des dangers, la sagesse qui évite les occasions de compromettre notre avenir. Ce que j'oserai appeler le génie de l'espérance suggère à la prudence des tactiques habiles, une vigilance attentive, des précautions minutieuses pour aboutir au résultat désiré. Grâce à cette école, la prudence sait étendre au loin son regard, devient plus perspicace et apprend à mieux conduire la conscience dont elle a la garde.

La justice ne profite pas moins de son contact avec l'espérance. Elle consiste, en effet, à traiter les choses comme elles le méritent, à rendre à chacune ce qui lui appartient, et les choses méritent notre attention et notre culte dans la mesure où elles se rapportent à Dieu. Or c'est Tordre même de l'espérance qui s'attache par-dessus tout à Dieu, (in dernière de l'homme, et à tout le reste autant qu'il le faut pour atteindre cette lin. L'espérance ne peut donc qu'atrermir la justice, peser sur la justice pour qu'en sauvegardant la hiérarchie des choses, elle respecte ses propres lois.

La (brcc bénélicie de son association avec l'espélance, parce que l'espérance est une vertu agissante, intrépide qui nous pousse aux actes énergiques, à des actes (r;ui[;iiit plus énergiques que le but visé est

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plus élevé, l^lle met enjeu toutes nos puissances en vue d'arriver au sommet oîj nous attend le bonheur. Elle nous souffle des sentiments magnanimes qui relèvent de la force parvenue à son plus haut degré, la constance qui nous fait soutenir les assauts, affronter les obstacles, passer à travers les dangers sans lâcher prise et sans reculer.

La tempérance trouve dans l'espoir chrétien une ressource et un soutien. Ce qui nous entraîne vers les plaisirs déréglés des sens, c'est le charme provenant des choses visibles, c'est la douceur des affections, c'est la suavité des coupes et des banquets. L'espérance oppose au pouvoir fascinateur des créatures la perfection du Créateur, elle nous parle des spectacles que l'œil terrestre n'a point vus, des mélodies indéfinissables que l'oreille n'a pas entendues, des délices que le cœur n'a point goûtées, de l'ineffable amour que l'âme n'a point connu; ainsi, mettant les bonheurs éphémères et bornés en face du bonheur éternel et infini, elle réduit les premiers à leur juste valeur, elle les oblige à pâlir devant l'éblouissante réalité qui les domine, elle les dépouille d'une partie de leur force séductrice et elle facilite la tâche de la tempérance.

L'humilité est une forme de cette dernière vertu, l'humilité n'est pas, comme on le suppose trop souvent, un sentiment qui abaisse, qui consiste à ne point reconnaître les qualités que l'on possède, à s'attribuer des infirmités que l'on n'a pas. Non, elle

consiste à nous donner une exacte conscience de ce que nous sommes, à nous ranger à notre place. Elle nous enseigne à considérer Dieu comme l'Etre transcendant de qui tout dépend et qui ne dépend de personne, et en conséquence à nous mettre infiniment au-dessous de lui, à attendre de lui infiniment plus que de nous, à ne point nous faire illusion sur une prétendue autonomie qui ne nous appartient pas, qui ne saurait nous appartenir, puisque nous sommes des créatures, c'est-à-dire des êtres essentiellement dépendants de celui qui nous a faits : l'espérance renforce ce sentiment, elle , nous montre dans la puissance de Dieu, dans sa miséricorde le grand moyen d'arriver au salut, elle compte sur Dieu pour monter à Dieu. Mais nous venons de le voir, Thumilité ne méprise pas riiomme, au contraire, elle lui impose d'êlre ce qu'il doit être, un coopérateur de Dieu, un agent subordonné et tout aussi réel qui s'exerce sous l'inHuence de la cause première : là encore, elle est soutenue par l'espérance qui demande à Dieu son principal appui, mais qui demande à l'homme de déployer toutes ses facultés au service de son propre intérêt.

L'espérance qui sert les vertus morales, sert aussi les vertus théologales.

Elle sert la foi, car plus on espère avec ardeur, plus on croit à la réalité de ce que l'on espère. Les hommes qui vivent de ciiiiMèros, prêtant malgré

eux un corps aux rêves qui les flattent, et les hommes qui aspirent au bonheur, sont poussés par cette aspiration même à penser que le bonheur existe et qu'il est d'ailleurs accessible. C'est pourquoi, le besoin d'espérer, c'est-à-dire de saisir la parfaite félicité, conduit fréquemment les hommes à croire, c'est pourquoi la force de l'espérance réagit sur la foi et lui communique une flamme, une fermeté qui ne contribuent pas peu à augmenter sa vigueur. Sans doute la foi précède l'espérance et en est la racine, mais l'espérance est un rameau dans l'arbre des vertus, et si des racines qui puisent leur vie dans le sol la sève monte jusqu'à la cime, elle descend aussi des rameaux et rap porte jusqu'à la racine ce qu'elle a reçu du ciel, de l'air et de la lumière.

L'espérance sert la charité qui, dans l'ordre surnaturel, est la puissance royale.

Elle sertla charité parce quelle y conduit. En nous attachant à Dieu comme à notre bienfaiteur, comme à l'Être qui veut nous assister en ce monde et nous couronner dans l'autre, l'espérance peu à peu stimule notre reconnaissance. Puisque nous avons tout à espérer d'un Dieu si bon dans ses rapports avec ses créatures, si libéral dans ses dons, si patient devant nos misères et nos infidélités, si prompt à répondre par le pardon à notre repentir, comment ne mériterait il pas d'être aimé en lui-même, de recevoir tout l'encens de notre cœur et de nous voir lui consacrer notre personne et notre bonheur?

A l'école de respérance, nous apprenons progressivement à monter de l'idée du Rémunérateur à ridée du Père céleste, à vivre pour Dieu après avoir vécu de Dieu, à unir l'amour intéressé de nousmêmes à l'amour désintéressé de la charité.

Et même cet amour désintéressé ne peut que croître au contact de l'espérance. L'homme qui espère, sait qu'il ii'atteindra point la béatitude s'il n'aime Dieu par-dessus toutes choses, sait qu'il risque de se perdre si la flamme de la charité s'attiédit ou s'éteint, il veille donc avec d'autant plus de sollicitude sur le sentiment royal qui doit dominer la vie présente et la vie future et il en ravive sans cesse le feu. C'est ainsi, Messieurs, que l'espérance agit sur nous et communique à toutes les vertus morales et religieuses quelque chose de son ardeur et de son élan.

L'espérance nous soutient et nous console dans les tribulations.

Elle nous soutient. Le chrétien sachant d'avance qu'il est voué sur la terre à l'épreuve, qu'il ne trouvera point ici-bas le bonheur, ne s'étonne pas quand l'adversité fond sur lui. Il s'habitue à patienter, à supporter ses douleurs sans s'irriter, à demander à la pensée de l'éternité la force d'endurer les souffrances du temps.

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Des sociétés méchantes où on Taccuse, où on le calomnie, où on le porsécute, il s'élève jusqu'au royaume où on l'aime, où on reconnaît la rectitude de ses intentions, la valeur de ses œuvres, où on l'appelle et où on Tattend. Des prétoires qui le condamnent, il s'envole par le cœur et par l'esprit jusqu'aux pieds du Juge suprême qui proclamera son innocence et ses mérites à la face de l'univers. Du calvaire ébranlé par la fureur des éléments et enveloppé de ténèbres, il aperçoit le Thabor baigné dans une lumière sereine et rayonnant de gloire, dans l'exil où il pleure il sent passer la brise qui souffle de la patrie, et il respire par avance l'air embaumé des bienheureux. Quand la pauvreté lui impose ses rigueurs, il entend la voix de la montagne murmurer à son oreille : « Bienheureux les pauvres, car le royaume des cieux est à eux. » Quand il est victime de la violence, il se souvient des mots suaves de Jésus : « Bienheureux les doux, car ils posséderont la terre. » Quand la tentation essaie de bouleverser sa sensibilité, il se répète : « Bienheureux les âmes pures, car elles verront Dieu. » II perçoit mieux que personne le néant des choses, le vide du temps, la fragilité de l'amitié, l'inconstance de la fortune, les déceptions de chaque jour, l'odieux de la trahison, mais n'ayant point placé sa confiance ici-bas, il n'est pas désorienté par les surprises qui accablent les autres. 11 marche dans les pas du Christ, son Maître, et comme lui à travers les humi-

liations de toutes sortes pour arriver au terme.

Mais c'est l'espérance qui ranime sans cesse son courage, c'est la vision de ce qui l'attend, qui le rend capable d'affronter sans défaillance les adversités qui le martyrisent. Les stoïciens se sont efforcés de regarder en face la souffrance sans réclamer le secours de l'espérance, ils n'y ont jamais réussi. La douleur eut raison de leurs résolutions les plus absolues et, en se dérobant à ses traits par la mort, ils avouaient leur impuissance à la supporter. Nous les avons vus renoncer à la lutte pour la vie et chercher un remède à leurs désillusions dans des maux plus graves que leurs désillusions mêmes. 11 y a des tristesses qui ne les ont point vaincus, mais lorsque le chagrin a dépassé certaines limites ils ont fléchi, et leur héroïsme de commande a succombé.

Quelle que soit l'extrémité de son infortune, le chrétien sait la dominer, parce que contre ses coups il a toujours un refuge. Est-il frappé dans sa santé? L'idée de la résurrection promise par l'espérance le réconforte en lui ouvrant les perspectives d'une vie exempte de toute infirmité. Est-il ruiné? Il lui reste la certitude d'avoir gardé un trésor inaliénable que les vers ne sauraient ronger. At il assisté à la mort d'un de ses proches, d'un de ses enfants? Certes, il n'est pas insensible, et son àmc souffre d'une séparation ([ui la déchire, mais il ne pleure pas sur des tombeaux vides, il ne croit pas ù

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la ruj)tiire définitive des liens qui hii étaient si chers. Son espérance éclairée par sa foi le transporte dans un séjour où les morts vivent et attendent ceux qu'ils ont quittes. Son esprit, au delà de ce qui se voit, cherche et trouve ce qui ne se voit pas, et il entretient avec les êtres disparus un commerce qui pour rester mystérieux n'en est pas moins réel, ni moins doux. Lui-même sent-il approcher les ombres de l'agonie, certes j il tremble et il n'essaie pas d'affecter l'indifférence, ni l'impassibilité, mais la céleste lueur de l'espérance vient répandre sur son front une sérénité surnaturelle, une confiance inébranlable tempère sa crainte, et même souvent ses yeux se remplissent de je ne sais quelle allégresse où l'on voit le désir de l'autre vie l'emporter sur le regret de celle-ci, et la certitude du bonheur qu'il va posséder, effacer, pour ainsi dire, la pensée du bonheur qu'il va perdre. Saint Paul avait compris ce rôle consolant de l'espérance. 11 considérait cette vertu comme une source féconde de patience et d'activité. Il parlait de l'endurance dont notre espoir est le principe, sustinenlia spei (1). 11 rappelait aux Hébreux, qu'ils avaient assisté au pillage de leurs biens, sans défaillir, parce qu'une richesse meilleure et impérissable leur restait (2). Il montrait les patriarches acceptant les tristesses et les

(1) I Thessalonic, i, 3.

(2) Hébreux, x, 32-36.

combats de l'exislence, parce que l'espérance orientantleurs désirs vers la céleste patrie ne cessait pas de les soutenir et de les réconforter (1).

L'espérance porte sur Taveiiir, elle nous impose d'atlendre le bonheur, elle ne l'atteint pas. Cependant elle l'ébauche dans cette vie, et à cause de cela elle nous assure des joies sur la terre, joies qui sans être complètes sont pourtant réelles. « Que le Dieu de l'espérance, écrivait l'apôtre aux fidèles de Rome, vous remplisse de toute joie et de toute paix (2). » 11 insinuait que le laboureur qui travaille la terre jouit d'avance de la moisson qu'il espère retirer de son champ (3), il aime à répéter que déjà notre espérance nous rend heureux. Spe gau (lentes (4).

Elle nous rend heureux de deux façons en ce monde. Elle nous rend heureux d'abord {)arce ([ue nous voyons se réaliser sur la terre une partie de ses promesses. Parmi les biens qu'elle appelle, il en est qui appartiennent à l'ordre du temps et qui nous sont accordés dans le temps. Comme je vous l'ai ('\pli(iué au moment do ma première conférence,

(1) llphrcii.r, XI, 8-16.

(■2) l{()))i/iins, XV, 1.3.

(3) I Curinlk., ix, 10.

4 llumain.ff xii, Mt.

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ces biens sont des moyens de parvenir à la béatitude, et c'est pourquoi l'espérance s'y intéresse, mais en eux-mêmes ils sont de nature à nous adoucir la vie par des satisfactions saines et d'une qualité supérieure. Le plus grand de tous, la grâce, comporte, laissez-moi vous le répéter, des délices d'une incomparable suavité, des délices qui pénétrant les replis d'une âme innocente et pieuse l'exaltent et l'enivrent au point de lui faire oublier toutes les vicissitudes et toutes les contrariétés du présent, des délices dont les saints ont dit qu'il n'est pas permis à l'homme de les peindre avec un langage mortel. C'est que ces biens surnaturels que nous espérons posséder en ce monde, et que nous arrivons à posséder en effet, sont les germes de la béatitude éternelle et qu'on y trouve quelque chose de la suavité contenue dans cette béatitude.

Secondement par l'espérance, nous possédons en quelque manière la béatitude même, parce que nous possédons la faculté de l'atteindre à l'heure fixée par Dieu, cette sécurité est d'avance une sorte de repos dans le souverain Bien, une mainmise de loin sur l'objet où nous trouverons plus tard le rassasiement total. Il ne nous est pas donné de portera nos lèvres le fruit de notre béatitude, ni d'y attacher immédiatement notre cœur, mais nous le tenons déjà et il dépend de nous de ne point le perdre.

Mais qu'ai-je besoin d'invoquer des arguments spé-

culatifs pour vous prouver que l'espérance sur la terre est une source de bonheur? Ne savez- vous pas que toute espérance apporte avec elle une satisfaction intime? Ne savez-vous pas que l'espérance chrétienne illumine toute l'àme et toute la vie de ses rayons ? Plusieurs parmi vous ont peut-être connu des jours où cette belle vertu a succombé dans leurs cœurs, ne se débattaient-ils pas alors dans le malaise et dans les ténèbres? Ne se sentaient-ils pas de plus en plus envahis, de plus en plus pénétrés par une sombre mélancolie? Du moment oii la confiance a commencé à renaître dans leur conscience, un changement s'est opéré en eux. On a vu leur front s'éclairer, leurs yeux se remplir d'une chaude lumière, et leur pensée accueillir avec sérénité un avenir qui jusquelà ne leur inspirait que de la terreur.

Faites donc appel à l'espérance, Messieurs, demandez-lui, quand votre zèle pour le bien se ralentit, de le ranimer et de vous communiquer sa force, invoquez son secours et son appui pour rendre à toutes les autres vertus leur ardeur et leur activité. Lorsque les créatures vous attirent par leurs charmes et vous tentent, priez-la de répéter à vos oreilles ses divines promesses, de faire briller avec plus d'éclat les grandes perspectives quelle ouvre devant vous, de vous arracher à la séduction des choses périssables en vous altachnnt aux rt'alitrs (jui ne passent pas.

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Dans l'adversité réfugiez-vous sous son aile, et là, à l'abri, songez qu'il n'y a point de proportion entre les tribulations que nous endurons ici-bas et le bonheur qui nous attend là-haut, consolezvous des épreuves du présent en escomptant les félicités de l'avenir. Si l'un des vôtres vous est enlevé, ne restez pas ensevelis dans votre chagrin, suivez votre espérance dans son vol et cherchez au delà du temps, au milieu des bienheureux, les âmes qui ne vous ont été ravies qu'en apparence et que vous retrouverez bientôt. A mesure que les animées s'écoulent laissez cette belle vertu se dilater davantage, prendre plus complètement possession de vous, afin que, sous son égide, vous sentant plus près du bonheur, vous vous résigniez plus facilement aux sacrifices qui vous sont successivement imposés. Enfin, à la dernière heure, au milieu des angoisses de l'agonie, ne permettez pas au spectre de la mort de vous épouvanter comme il épouvante ceux qui n'attendent rien de l'éternité, mais écoutez l'ange de l'espérance qui penché sur votre couche funèbre se prépare à vous emporter avec lui dans les cieux et dites à ce compagnon futur de votre félicité : « J'ai l'âme pleine de joie, car nous allons à l'instant franchir ensemble le seuil de la maison de Dieu. Lœtatus sum in his quœ dicta sunl lïiihi, in domum Domiid ibimus. » Ainsi soit-il.

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