‹ Exposition de la morale catholiqueChapitre 28 sur 43 · LES CONFÉRENCES · texte numérisé non relu

LES CONFÉRENCES

NOTE 1, p. 16.

Au sujet de l'espérance les théologiens se demandent si elle porte directement sur Dieu même ou sur la possession de Dieu, sur la béatitude objective ou sur la béatitude formelle. — Les uns soutiennent qu'elle porte immédiatement sur l'acte de vision et médiatement sur Dieu, objet de la vision. On leur répond que s'il en était ainsi, l'espérance ne serait pas une vertu théologale, car essentiellement, toute vertu théologale regarde immédiatement Dieu. Aussi généralement, on dit que l'espérance porte immédiatement sur Dieu comme sur son objet, et sur la vision comme sur une condition sans laquelle elle n'atteint pas son objet. Respondemus beatitiidinem œternam dici et de beatiludinc olijeciivâ^ quie est Dens Icrminans visionem; et de bealitudîne formali. qux esl visio Dei in- Siipso. Ulraqxie vero perimetad objectum spei Iheologicae, sed aliter et alifer; objectiva per modum objecti, foruioiis autem per modiim conditionis . El in hocsen.su, resolvil D. Th. objectum spei esse ;*;iernarn bealitudinem, ut iiquct ex ejus discursu et pnecipue ex illis verbis : « ISon ininus aliquid ab eo sperandum est quam sit ipse cum non sil minorejus bonitas per quain bona crealurse communicaf, quam ejus cssentia » , qu.T nequeunt t'isioni Dei ap tari. 'S3i\inai\ï\Àcenses. De spelheoL Disp. IDub. 1.4.

I! est bien vrai que l'intelligence entre en rapport, avec Dieu par l'intermédiaire d'un acte, la vision. Mais la vision, c'est 1 intelligence en exercice et en relation directe avec l'objet vu. Cajetan (II" II"', q. xvii, art. ri.) explique for! lonpncment el for! claiicnuMil tout ce mécanisme, el il élahlit solidement que Dieu est l'objet immédiat de l'espérance.

300 l'espéranci]

NOTE % p. 18.

En réalité, autant qu'on peut saisir sa fuyante pensée, autant surtout qu'on peut concilier ses allirmations contradictoires, Henan n'admet pas d'immortalité personnelle. Il n'admet que l'immortalité des œuvres. « Nous affirmons, dit-il, que celui qui aura choisi le bien aura été le vrai sage. Celui là sera immortel ; car ses œuvres vivront dans le triomphe délinitif de la justice, résumé de l'œuvre divine qui s'accomplit par l'humanité. L'humanité fait du divin, comme l'araignée tisse sa toile; la marche du monde est enveloppée de ténèbres, mais il va vers Dieu. Tandis que l'homme méchant, sot ou frivole mourrra tout entier, en ce sens qu'il ne laissera rien dans ce résultat général du travail de son espèce, l'homme voué aux bonnes et bel les choses participera à l'immortalilé de ce qu'il a aimé etc. » ■ Le livre de Job. xc, cxi.' Celte doctrine coupe court à toute espérance pour l'individu qui disparaît totalement, et elle ne reconnaît de survivance qu'à ses œuvres qui enlr^^ront dans la circulation universelle. Cette philoso[)hie est d'une grande faiblesse et d'une grande pauvreté. Elle pècho contre la raison autant que contre la foi.

NOTE 3, p. 19.

L'espérance est en soi individuelle et porte sur le bien individuel : c'est pourquoi, à chaque instant, les auteurs affirment qu'elle est égoïste par nature et que celui qui espère cherche son avantage: « Spes^ dit saint Thomas, po'est esse ahcxijus dupliciter uno modo ahsoluté, et sic est solif'S hotii ardui ad se perlinentis. » (II'' 11% q. xvii, art. 3). Mais le christianisme intégral suppose la charité, c'est-à-dire l'union forte et intime des membres de la société surnaturelle. L espérance est infirme, imparfaite si elle n'est pus sous l'empire de cette verlu royale qui commande tout dons l'ordre évangélique : la charité. La charité établissant l'unité entre les chrétiens, chacun veut, désire et espère pour ses frères la même béatilude que pour lui-même. ;Gf. s. Th., loc. cil.).

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ISOTE //, 11. 21.

Saint Thomas enseigne que le monde matériel ne périra pas, mais qu'il subira une merveilleuse transformation. Le Docteur Angélique traite cette question dans le supplément de la Somme théologique, q. xci. Le monde sera renouvelé et passera de l'état présent à un élat de parfaite incorruptibilité, de parfait repos^ de parfaite clarté; à sa manière et selon sa nature, chaque élément partagera la gloire du corps ressuscité de l'homme.

Il est curieux de rapprocher ces théories théologiques de celles que défendent aujourd'hui certains savants, Gustave Lebon, par exemple, parle de la démalrrinlisation de ta matière, ce qui est à coup sûr une manière de dire. Il parle aussi de la transformation de la matière en énergie, en électricité, de la dématérialisation de la matière sous l'action de la lumière, de la visibilité à travers les corps opaques, etc. Tout cela prouve, quoi qu'il en soit de la réalité, que la transliguration du monde, telle que, dans ses grandes lignes, la comprend saint Thomas, ne rc'pugne pas à la raison. Elle lui répugne d'autant moins que ce saint docteur suppose une intervention surnaturelle de Dieu opérant dans la nature un changement qui lui donnera une force nouvelle. On remarquera encore que saint Thomas donne dans sa doctrine un rôle particulier à la lumière et au feu, bien qu'il finisse un de ses articles par cette phrase modeste : « Quantitas aiitem, sirul et modus inrlioraliiniis un soli cor/nita est, qui eril meliorationis auclor. » [Lnr. cit., art. ."Vi Les auteurs dont je parle disent quelque chose d'analogue quand ils assignent une inlluenr<^ particulière à la lumière et à la chaleur. (Cf. (iustave Li:bon, JJ Ivvolution des forées).

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