I. Définition du désespoir. II. Malice du désespoir
Le désespoir est un acte intérieur, délibéré, positif, par lequel l'homme cesse de tendre à son bonheur, y renonce et
s'en éloigne, sous prétexte qu'il lui est impossible d'y parvenir.
1. — a) C'est un acte intérieur émané des profondeurs de l'àme et tel au dedans qu'il se montre au dehors.
Le vrai désespoir se distingue ainsi du pessimisme de commande affecté par des jeunes gens, par des hommes qui veulent apitoyer sur leur sort et tirer profit de leur prétendu découragement 128-130
6) Le désespoir est un acte pleinement conscient et pleinement délibéré. Il dilïère dos troubles violents mais involontaires, qui jettent parfois les saints dans d'indicibles angoisses 130-131
c) C'est un acte positif et non un simple défaut d'espérance. Il ne se confond pas avec l'indifférence, avec l'hésitation, avec la simple défiance 131-132
d) C'est le relâchement total de la volonté, l'abandon de soi, la rupture consciente, délibérée de l'homme avec le bonheur. Le désespéré renonce à sa destinée, il affirme sa volonté inflexible, réfléchie de dire adieu à la félicité. 132-134
2. — Motif invoqué par le désespoir : impossibilité d'arriver au salut.
a) Cette impossibilité est quelquefois coni;ue comme absolue par le désespéré, qui ne croit pas à ll'existence du bonheur pour l'humanité... Ce désespoir est le plus grave, il a son principe dans l'incrédulité 13i-136
b) Quelquefois, le désespéré, le Chrétien par exemple, •conçoit comme relative à sa personne limpossibilité d arriver au salut qui est accessible aux autres. Il invoque pour justifier son idée : la violence de ses passions, la gravité de ses fautes, l'insuffisance pratique de la grâce, et il fuit un bonheur qu'il juge hors de sa portée. .... . . 136-137
Etat malheureux du désespéré. Quelle pitié il nous doit inspiror.
Culpabilité du désespéré. Principe suivant lequel on doit juger de celui en qui le désespoir est la suite de l'incrédulité 137-138
Culpabilité du croyant qui désespère.