Le désespoir inllige à Dieu une grave injure
a) Parce qu'il méconnaît ou la puissance ou la miséricorde de Dieu. S'il prétend pour justifier son excès que Dieu ne peut le sauver, il mutile la puissance divine et met la faculté qu'il a de se perdre au-dessus de la faculté que Dieu a de le sauver. S'il prétend que Dieu peut, mais no veut pas le sauver, il attribue à sa perversité plus de vertu qu'à la bonté divine. En tout cas, il accuse d'erreur ou de mensonge Dieu qui tant de fois nous affirme qu'il peut et qu'il veut nous sauver 142-144
b) Le Dieu imaginé par le désespéré n'a rien de commun avec le Dieu qui s'est manifesté dans l'histoire. A celui-ci, le désespéré inllige un outrage sanglant en lui attribuant des sentiments et des desseins opposés à ceux dont nous parlent les auteurs inspirés 144-145
c) L'injure jetée à la face du Père rejaillit jusqu'au Christ, que le désespéré accuse implicitement de n'avoir pas assez souffert pour sauver tous les hommes 145
d) Le désespoir inllige une injure à Dieu en rompant avec lui. Cette rupture est directe et positive, c'est ce qui fait sa gravité 146-147
Aucun chrétien, quelle que soit l'extrémité de ses douleurs ou de ses fautes, n'a lo droit de désespérer. Ceux qui ont succombé à cette tentation doivent revenir à l'espérance. Le désespoir guérissable en ce monde ne l'est plus dans l'éternité 147-149