PORTUGAL
Des observations feites en Egypte et au cap de Bonne- Espérance semblent au contraire accuser une variation sensible, amenée directement ou indirectement par l'influence du climat ; et l'on ne peut guère douter en effet, d'après ce qui va suivre, que le climat n'influe sur les chances des naissances des deux sexes, dès que son influence est assez grande pour modifier profondément les mœurs et les habitudes. Il est de même probable, àpriorî, que, pour des races aussi tranchées que la race blanche et la race noire , ces chances doivent subir des va-
DBS iKAlSSàJiCM »MÈ tMjX fsàXÈS. S51
riations appréciables, indépendammeiit dd toute influence morale ou climatérique.
Au lieu de grouper des départements en n'ayant égard qu'aux latitudes^ comme Tavaient fait les auteurs de \j4rmuaire , M. Ch. Dupin a eu l'idée heureuse de former deux groupes , l'un des 5^4 départements maritimes^ l'autre des 62 (') départements de F intérieur ; et en suivant toujours la distinction des périodes quinquennales^ il a construit le tableau que voici r
PÉRIODES qnioqaeonales.
1801 a i8o5 z8o6 à 1810 1811 à x8i5 18 16 à i8ao i8az à i8a5 i8a6 à i83o i83i i i835 i836 à 1840
Moyennes pour les 40 années.
VALEimS DU lUPPORT
Dtf irOMUlK DBS ITAIiSAHOU HlflCVLlStft
au nombre nis jTAissAircjM viiuvnrts.
Ponr la France entière.
Pour les départe* ments maritimes.
1,0620 i,o5i3 t,o6oS x,o636 i,o558 i,o559 i,o55i T,o55o
Pour les départements de rintérieur.l
t,07o3 1,0689 1,0789 1,0670 i,«7oo 1^0614 1,0707 1,06x9
iM
('] Les Comptes-rendus portent 62, sans doute par une erreur de cbii&e«
Malgré quelques objections faites à ces résultats par M. Demonferrand ('), ils nous semblent , vu leur accord^ mériter d'être pris en grande considération.
167. L'influence des mœurs et des habitudes sociales sur les chances des naissances des deux sexes est mise hors de doute, lorsque l'on distingue, d'une part les naissances légitimes des naissances illégitimes, d'autre part les naissances dans les campagnes des naissances dans les villes. De 1817a 1 839 ' '^ nombre des naissances illégitimes, pour toute la France, a été de 814^24 garçons et 7812138 filles, ce qui donne 1,04^6 pour le rapport des naissances masculines aux naissances féminines dans cette catégorie. Un résultat semblable ressort de la discussion des documents statistiques pour les principaux États de l'Europe.
Le séjour des villes, et surtout celui des grandes villes, exerce une influence non moins incontestable. Le rapport i,o654 trouvé pour la Belgique [166], s'élève à 1,0670 lorsqu'on ne considère que la population des campagnes, et descend à 1,0607 pour la population urbaine. A Paris, de 1817 à i84o inclusivement, le nombre des naissances masculines a été de 34o 817 et celui des naissances féminines de 329 i4^ 9 ce qui donne i,o355 pour le rapport moyen du nombre des naissances, masculines à celui des naissances féminines. Ce rapport varie , d'une année à l'autre , comme l'indique le tableau ci-après :
{^) ^Comptes^rendus,i6li%f p, 1104.
DES lîÀISSAirCES DBS DECX SEXES.
ANNÉES
NOMBRES DES NA1SSA>CëS
du nombre àoeluidcsTiaiasBdCM
laiig
iSiS
ir3iS
ig^o
iiaoS
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Somma M rapport moyen.
304 CSfi:At»l¥ft£ ttiii
Les naissances illégitimes sont proportionnellement en beaucoup plus grand nombre à Paris que dans là France entière ; mais ce n'est point là l'uniqUe càUse de la différence entre la moyenne pour ]?àris et la moyenne {)our le royaume. Le nombre des enfants illégitimes nés à Paris ^ dans l'espace de temps que nous considérons , a été de 117 6o5 garçons et 1 14 o3i filles, ce qui donne I^oSiQ, pour le rapport du nombre des naissances mas* culines à celui des naissances féminines. Ce rapport devient 1,0877, quand on né considère que les enfants légitimes. Par conséquent , les causes qui diminuent à {^aris la prépondérance des naissances masculines , agissent à la fois sur les naissances légitimes et sur les naissances hors mariage, et même elles agissent d'une majbière plus marquée sur les naissances légitimes. Des résultats analogues ont été observés dans les principales villes de l'Europe.
Enfin ^ s'il en faut croire quelques observateurs, toutes les causes qui tendent à énerver les forces physiques, tendent à diminuer la prépondérance des naissances tnasculines.
Au contraire, suivant MM. Sadler et Hofacker, la Cause de la prépondérance des naissances masculines résiderait uniquement dans la supériorité habituelle de l'âge du père sur l'âge de la mère. La chance pour chaque sexe ne dépendrait pas de l'âge absolu du père ou de la mère, mais seulement de la différence des âges. Malheureusement les nombres sur lesquels s'appuient ces deuK statisticiens sont insuffisants pour décider une question de cette importance.
1 68. Ou a dû naturellement se demander si la préférence des parents pour les garçons n'est pas la ctuse
DES NAISSAirCES DES. DEUX SEXES. 305
OU l'une des causes de la prépondérance des naissances masculines, a La suite de cette préférence y dit M. Prévost, de Genève, n'est -elle pas de prévenir, après les naissances masculines, l'augmentation de la famille?.... Des parents ont un fils : si diverses causes font obstacle à l'accroissement de leur famille, ils seront moins inquiets peu^être de cette privation, lorsque leur premier vœu sera accompli, qu'ils ne l'auraient été s'ils n'avaient point eu d'enfants maies ('). » Bien avant la reproduction de cet argument par M. Prévost, Laplace l'avait déjà réfuté ; et en effet, l'argument est le même que celui d'un joueur qui prétendrait changer les chances du jeu, et le résultat moyen d'un grand nombre d'épreuves, en adoptant le système de se retirer du jeu après le gain d'une ou de plusieurs parties [62]. Mais la question peut être envisagée sous un autre point de vue qui n'a pas été remarqué , êl qui mettrait sur la voie de l'explication d'une des causes de la supériorité des naissances masculines.
Supposons que les parents soient portés à regarder l'établissement d'une fille comme une charge plus lourde que l'établissement d'un garçon: il y aura des familles dont la multiplication s'arrêtera après la naissance d'une ou de plusieurs filles , tandis qu'elle ne s'arrêterait pas après la naissance d'un même nombre de garçons. Or, il est probable que les chances de conception masculine varient d'un couple à l'autre , et qu'elles sont plus grandes pour le couple qui a déjà procréé un ou plusieurs garçons , que pour celui qui a procréé un même nombre de filles. Les mariages auraient donc plus de chances
(*) Bibliothèque universelle, octobre 1839, p. i4o«
306 CHAPITRE Xtlt.
d'un prolongement de fécondité , précisément quand les premiers-nés sont des garçons , et quand la supériorité de chance des naissances masculines augmente.
On arriverait à la même conséquence en partant d'une considération toute différente. Il est aujourd'hui bi«i reconnu que la mortalité des enfants en bas âge est sensiblement plus grande pour le sexe masculin que pour l'autre sexe. On peut encore moins douter que la disparition des enfants en bas âgé n'équivale à la suppi*ession d'un des obstacles qui limitent le nombre des naissances. La fécondité des mariages serait donc moyennement plus grande dans la catégorie des mariages qui ont donné d'abord des garçons, c'est-à-dire, dans une catégorie pour laquelle la chance moyenne de procréation d'un garçon atteint une plus grande valeur.
Si ce double aperçu était fondé , les causes qui rendent l'établissement des garçdns plus difficile ou leur éd«cation plus dispendieuse^ celles qui diminuent la mortalité des enfants en bas âge , tendraient à diminuer kl supériorité des naissances masculines sur les naissances fi^ifiines; de manière néanmoins , selon toute apparence^ à ce que la supériorité se maintînt en vertu de causes purement physiologiques , inhérentes à la constitution de l'espèce. Avant tout , il faudrait déterminer séparément la chance du sexe pour les enfants premiersnés, «t voir si elle diffère sensiblement de la moyenne générale. Plusieurs statisticiens ont en effet cru reconiN^re que la supériorité des naissances masculines est «ensiblement moindre chez les enfants premiers-nés; nais ce résultat a été contesté, et nous le regardons ooHune un de ceux qu'il serait le plus intéressant d< mettre hors de doute.