‹ Exposition de la théorie des chances et des probabilitésChapitre 61 sur 75 · DES NAISSANCES DES DEUX SEXES · texte numérisé non relu

DES NAISSANCES DES DEUX SEXES

169. On s'est livré aussi à des conjectures sur les causes du décroissement de la chance des naissances masculines ^ dans la catégorie des naissances illégitimes. £t d'abord , si cette chance décroit effectivement dans la catégorie des premiers-nés , par les causes que nous avons indiquées , elle doit par cela même décroître , dans le passage de la catégorie des enfants légitimes à celle des enfants illégitimes, où figure assurément un nombre de premiers-nés, proportionnellement beaucoup plus grand. Si la supériorité de l'âge du père sur l'âge de la mère , si la sévérité des mœurs et la rudesse des travaux (tant qu'elle ne fait qu'entretenir et développer la vigueur . du corps), sont des causes de la prépondérance des naissances masculines, elles doivent évidemment tendre à rendre cette prépondérance plus sensible dans la catégorie des naissances légitimes. Ajoutons que la mortalité des nouveau-nés , et la proportion des mort-nés étant notablement plus grande pour le sexe masculin que pour le sexe féminin, il est certain que le rapport du nombre des conceptions masculines au nombre des conceptions féminines surpasse très-sensiblement le rapport du nombre des naissances masculines au nombre des naissances féminines. Or, si, dans le cours de la vie Utérine , l'enfant du sexe masculin a moins de viabilité, ou moins de chances de résistance aux causes de destruction ; et si d'autre part (comme on n'en peut malheureusement douter), de plus nombreuses causes de destruction menacent le fruit d'une conception illégitime, le concours de ces deux circonstances doit tendre à diminuer la proportion des naissance^ masculines dans la catégorie des naissances illégitimes.

Il se peut aussi , comme on l'a soupçonné , que de

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fausses déclarations ou ënonciations masquent , dans les relevés des registres de l'état civil, la véritable proportion des sexes, pour leseufants nés hors mariage. Il n'est pas invraisemblable que , parmi les enfants abandonnés, inscrits comme illégitimes quoique nés dans le mariage , les garçons figurent dans une proportion moindre que celle des naissances masculines aux naissances féminines. Il est plus difficile d'admettre, comme quelques-uns l'ont proposé, que, dans un pays où les registres de l'état civil sont bien tenus , on parvienne à déguiser l'illégitimité de la naissance d'un nombre notable d'enfants naturels, et de préférence l'illégitimité de la naissance des garçons.

170. Le rapport moyen du nombre des naissances masculines au nombre des naissances féminines ayant été trouvé [i65] pour la France entière, et pour la période de Ï817 à 1840 inclusivement, égal à i,o63i, on en conclut pour la valeur moyenne de la probabilité d'une naissance masculine o,5i5 29. he poids de ce résultat [107] est exprimé par le nombre

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