‹ Exposition de tableaux à la plumeChapitre 27 sur 81 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Cinq heures du soir, dans le bureau de Rivard.

Rivard. — Entrez, D aplomb, entrez. Qu'estce que vous avez à me dire ?

Martial. — Monsieur, voilà bien longtemps que je suis votre employé, et je crois que vous n'avez rien à me reprocher.

Rivard. — Pas la moindre des choses. Nous sommes on ne peut plus satisfaits de vos services et je crois que, de votre côté, vous n'avez pas à vous plaindre de nous. Vous n'avez pas, je présume, l'intention de solliciter une augmentation? Vous avez eu une gratification de cent cinquante francs au 1er janvier dernier.

Martial. — Non, monsieur, non. Je viens^ tout simplement vous demander un tout petit congé.

Rivard. — Vous avez vos deux jours de fête, est-ce que cela ne suffit pas?

Martial. — Je voudrais vous demander un jour en plus.

Rivard. — Ça n'entre pas dans les habitudes de la maison ; nous n'aimons pas beaucoup à encourager le farniente : c'est d'un mauvais exemple pour les autres.

Martial. — Monsieur, depuis que je suis chez vous, je n'ai jamais manqué une seule fois

à mon travail, je ne me suis même jamais permis d'être malade.

Rivard. — Alors, pourquoi demandez-vous un congé?

Martial. — J'ai l'intention de faire faire à ma femme un petit voyage d'agrément. Voilà cinq ans qu'elle n'a vu sa mère qui habite Neufcliàtel dans l'Aisne ; nous voudrions y aller passer les fêtes et ne revenir que le lendemain.

Rivard. — Soit! je vous accorde le congé à cause de l'intention. J'aime à voir s'entretenir les bonnes relations de famille; je ne saurais trop les encourager. Ne rentrez que mercredi matin.

Martial. — Merci, monsieur.

Page 1