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Exposition de tableaux

ES œuvres que Picabia montre dans cette exposition, œuvres qui sont le résultat de sa récente campagne d'étude, forment le premier appoint

d’une nouvelle étape dans la carrière de ce peintre, qui, bien que jeune, a déjà conquis auprès des connaisseurs une réputation retentissante et — je me hâte de le dire — bien méritée.

Quand je parle d'étape, je veux indiquer, non pas qu'il a fait litière de ce qui, précédemment, lui semblait être la vérité, mais qu'il a évolué, comme doit le faire tout artiste sérieux, pour qui le stationnement dans une formule est un recul loin du mieux.

Or, ce mieux, nul artiste, plus que Picabia, n’est avide de le conquérir, et les amateurs, qui l’ont suivi

SR a attentivement depuis le début de sa carrière, apercevront sans peine les qualités nouvelles qui se manifestent dans ses œuvres les plus récentes.

Dans sa première joie de produire, il n'avait eu que le souci de dire sa sensation vive de la couleur et son émotion profonde devant la nature; et il avait dit cela avec une abondance juvénile, avec une sincérité généreuse, avec une sève même qui annonçait le paysagiste personnel qu'il devient. Mais il ne s’était pas inquiété de la manière dont il le disait; il n’avait pas pris le temps de réfléchir à son « écriture » ; il s'exprimait sans effort et avec bonheur, sans se demander s’il avait complètement dégagé son expression de telle ou telle influence, dictée d’ailleurs par de très respectueuses et très respectables admirations. Les critiques qui lui furent adressées sur ce point spécial lui furent un avertissement salutaire. Il comprit que l’on exigeait davantage de son tempérament excellemment doué.

Alors il est retourné aux pays qu'il avait déjà interprétés, et il les a étudiés avec plus d’âpreté. Il en a cherché la signification dans la forme; il a approfondi l'équation expressive de leur caractère; il s’est appliqué à donner la sensation nouvelle qu'il en avait, en une formule où nulle touche ne serait un arpège de virtuose jeté en un élan d'inspiration, mais où chaque coup de pinceau correspondrait à une orchestration essentielle de l’euchromatisme. Point de broderies superflues,

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