‹ Exposition de tableauxChapitre 2 sur 6 · FAR · texte numérisé non relu

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mais point non plus de notations sommaires à l'excès. L'idée claire traduite en un verbe simple : la synthèse de plus en plus concentrée tendant à un art de plus en plus explicite et uni, de plus en plus considéré en décor.

Il est résulté de cet effort de pensée une manualité technique dont témoignent magnifiquement les œuvres exposées : le pinceau s'est soumis victorieusement à la discipline du cerveau. La vision s’est faite plus large; la sensibilité est devenue plus aiguë et la tonalité générale a pris de l’ampleur, de la puissance, une richesse de sang, quin'est plus vainement éparpillée. Le coloriste est apparu original, robuste, plein de cette fièvre salutaire dont parle Balzac, cette fièvre à la fois audacieuse etinquiète, capable d’enfanter des chefs-d'œuvre.

Il faut regarder les effets de soleil dans les pins, que Picabia est allé voir à Saint-Tropez ou les effets d'automne qu'il a notés sur les bords du Loing, à Moret ou à Montigny. Comme les choses s’enveloppent bien d’atmosphère, comme les arbres ont pris de la consistance! Comme le terrain est juste, sans mollesse, sans non plus d’artifice destiné à favoriser le dégradé des perspectives. Et quelle lumière intense, vibrante! Tout cela chante à pleine voix, en un mode majeur, qui ne laisse en l'esprit nulle arrière-pensée mélancolique ; c’est de l’art plein de santé, de l’art sincère, qui s’épanouit, et arrive à donner la sensation de facilité pour des réalisations en fait extrêmement difficiles.

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