LES RÉCOMPENSES
La liste des récompenses décernées aux artistes est le complément naturel, indispensable^ d'une revue, critique aussi complète que la nôtre. Nous la donnons donc ici en 2a faisant suivre de quelques réflexions qui cloront ce compte-rendu du Salon de
En 1852 et 1853, la distribution des récompenses a eu lieu dans le grand salon du Louvre, en présence des artistes récompensés seulement. Elle s'est faite, cette année, dans la salle d'honneur de FExposiXion, au milieu de tous les exposants réunis* Il était deux heures lorsque son exodlenoe M. Fould> ministre d'Ëtat, M, le comte de Nieuwerke; directeur générai des musées, et M; Gautiiier,
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secrétaire du ministre d'Ëtat/ ont pris place au bureajd , derrière lequel MM. 1^ membres de rinstitut ont occupés les sièges qui leur .étaient destinés. M. le ministre d'Ëtat a^ ouvert la séance par un discours dont il n'y a pas que les peintres et les sculpteurs qui puissent tirer un enseignem^it utile.
« L'Exposition de 1857, a dit M. Fould, était attendue avec un vif intérêt par loos les amis des arts. L'éclat dont récole française avait brillé à rExposition aniverselle, et lé temps laissé aux artistes poar se préparer à uoe nouvelle épreuve, faisaient concevoir les plus heureuses espérances. Si elles n'ont pas été complètement réalisées, il est permis de dire qu'elles n'ont point été trompées. En effet, que l'on considère l'Exposition actuelle dans son ensemble, ou qu'on la compare aux Expositions précédentes, on sera forcé de reconnaître que peu d'entre elles ont réuni autant d'ouvrages d'art d'un mérite réel, et révélé à la France un aussi grand nombre de talents nouveaux.
» Ces nouveaux talents sont l'espoir de l'avenir. Fidèles aux traditions de leurs illustres maîtres, ils sauront se livrer avec persévérance à ces études sérieuses satis lesquelles le plus heureux génie reste stérile ou s'égare; ils sauront préférer les jouissances solides et durables de la vraie gloire aux satisfactions éphémères ^ que donnent de trop faciles succès; ils sauront qu'il faut quelquefois résister au goût du public, et que l'art est bien près de se perdre lorsqu'ils abandonnent les , hautes et pures régions du beau et les voies tradiiionnelles des grands maigres; ils sauront enfin se préserver des dangers que '*ai déjA signalés et centre lesquels je ne saurais trop vous prémunir : la présompiion de la jeunesse qui, pour jouir plus tôt de son talent, le tue
daM son germe, et cette déplorable tendance à mettre l'art au serxdce de la mode ou des caprices du jour. A l'exemple de ce jeune peintre qui , pour accomplir une œuvre digne de la haute distinction qu'il vient d'obtenir, est allé s'inspirer sur les lieux mômes oh notre armée achetait la gloire par de si rudes travaux, nos artistes chercheront le succès dans les seules conditions où il se trouve: l'étude, l'inspiration, la foi dans une grande idée, le dévoûment à un noble but; et alors, nul doute que la prochaioe.Exposilion ne tienne toutes les promesses que celle-ci nous a faites.
« Ni les encouragements, ni les sujets ne vous man- > queront. Quelle époque, quel gouvernement a jamais fait autant pour les arts ? - Grâce à la volonté féconde de l'Empereur, Tarchitecture transforme nos cités et fournit incessamment à la sculpture et à la peinture de nouveaux travaux. La renommée de nos écoles a fixé sur nos artistes les regards de toutes les nations, et leurs œuvres se répandent dans le monde entier. Tout contribue donc, dans cette époque de grandeur et prospérité, à étendre leur domaine, et Ton peut dire» que jamais les artistes n'eurent devant les. yeux an aussi bel avenir. »
Après ce discours qui a été fort applaudi, M. le comte de Nieuwerkerkeaproclamé les récompenses dans Tordre suivant :
Ofp^MT de la Légion-d'Honneur. — Winterhalter peintre de portrait. »«« iducr.
Chevaliers.^ AivsLSOwski, paysagiste. — ûesgoffe. Idem. — Comte , genre historique. — Alfred de Dreux, paysage et animaux. - Fils, genre historique.-Ziem marine. — Matout, histoire. — Perraud, statuaire. ^ Oudine, graveur en médailles. - Dubray, statuaire. — Alphonse François, graveur. *iu*irr.