‹ Exposition des Beaux-Arts. Salon de 1857Chapitre 9 sur 12 · ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE

MM. Baliard. — Lacroix. — Van Cleemputte.— ParenU-Delacouf.

Durand.— Lejeune.^ixodebeur.

Nous nous sommes souvent demandé pourquoi l'architecture occupait le dernier rang dans la hirérarchie des beaux-arts. Selon la logique, ne devrait^ elle pas cependant avoir la première place, puisque les autres arts, surtout la peinture et la sculpture, ne sont que ses auxiliaires, que des parties d'ellemême, et que, dans tous les cas, elle est appelée à donner Thospitalité au& produits des arts et des sciences, soit dans les palais, soit dans les musées, soit dans les théâtres qu'elle élève. L'architecture est aussi, de tous les arts, le moins à la portée de la foule qui visite les expositions, et c'est sans doute parce que les connaissances spéciales manquent à bien du monde pour l'apprécier, que cet art est le plus attaqué, le plus calomnié.

Quand nous entendons reprocher à l'architecture d'être restée dans l'ornière, de n'avoir point fait un pas, de n'avoir pu sortir des styles grec, romain, gothique et renaissance, de.n'avoir pas su produire, dans ce siècle de progrès, autre chose que des colonnes, des pilastres, des frontons et des portiques, il nous semble qu'il vaudrait tout autant

se plaindre de ce que» depuis la créatioa, rannée soit encore invariablement composée d'un Printemps, d^un Été» d'un Automne et d'un Hiver. Prétendre que» dans ce siècle» l'architecture est restée stationnaire» ce serait se refuser à l'évidence. A quelle époque autre que fa nôtre, les architectes^ les vrais artistes, ont-ils plus étudié les diiféi^ents genres d'architecture» plus respecté les monuments de tous les âges qui couvrent le sol de la France et que nous voyons restaurer si admirablement? fautil être bien érudit pour savoir que, dans les temps qui nous ont précédé, on s'occupait uniquement du genre d'architecture à la mode et qu'on dédaignait [es autres styles , qaon laissait tomber en ruine les monuments d^une autre époque ? n avonsnous pas des monuments gothiques et, renaissances restaurés ou agrandis dans un autre style que le leur, dans le style alors à la mode? Aujourd'hui, du moins, on ne commet plus de ces anachronismes ; lés restaurations, les additions faites au!^ monuments, le sont dans te style qui leur est propre ; aujourd'hui, on construit dans tous les styles, parce qu'on (es^ a tous étudiés et que tous peuvent aifoîr l6ar application*, on Mi des églises gothiques et romanes» on élève des palais, des édifices d'une ordonnance grecque, rmnaîne ou renaissance, des hStiete ûêm le goût des époques de louis XIII, Louis XIV et Louis XV, et certes, c'est là* un fait inoouteslable et très honorable pour notre école. Etlea encore ua afutre titre de gloire qui appartient entièrement k notre siècle : c'dst la construction

tout en fér et eff foute de certains édifices.

M. Balterd (Victor), architecte de la ville de Paris, expose deux projets qui sont la réponse la plus péremptoire aux dénigreurs systématiques de notre époque. Ces deux projets se composent de sept dessins : plan, coupes et éléoation des halles centrales de Paris ^ pour le présent et pour l'avenir (3390). Dans Tun des projets, les halles seraient construites entièrement en fer et en fonte conformément au corps principal récemment exécuté, et, dans le second projet, une partie des halles serait, comme dans le précédent , tout en fer et en fonte, et Tautre partie, construite en pierre et en fer, pour servir aux marchés de certaines denrées qui demandent plus d'ombre et de firadcheur. Lorsqu'on sait ce qu'étaient les marchés avant la révolution, ce que sont encore ceux qui existaient alors à Paris et qu'on a sous les yeux les projets de halles que M. Baltard fait élever au centre de la capitale, on s'étonne de rencontrer des gens assez ennemis de leur époque pour la blâmer quand même.

M. Lacroix (Eugène), avec lequel nous nous souvenons avoir concouru en 18ilkl , a envoyé deux dessins exécutés avec une pureté que peu de ses confrères possèdent au même degré. C'est d'abord, sous le numéro 3431 : Plan^ façade et deux coupes de V église Napoléon Saint'Jean, où sont déposés les restes de Charles Bonaparte, de Louis . Bonaparte, roi de Hollande, frère de Napoléon r% et de Napoléon et Charles-Napoléon Bonaparte, fils de Louis,, roi de Hollande, et frères de S. M. Napoléon UL—

Puis, sous le Doméro*3,493 : Dessins dé la crypte €t du tombeau de la reine Hortensei mère de S. M. NopoUonlIL Nous fâicitoas H; Lacroix du style qu'il a choisi pour cet édifice religieux , et surtout du goût qu'il a mis dans sa décoration.

M. "WmmL Cleempuito a eu l'heureuse idée de joindre, aux neuf dessins de son projet de Palais^ de-JuBtice (3ï!|5), un petit modèle en plâtre de la façade principale de ce palais. C'est là un excellent moyen pour se rendre bien compte de Teifet des saillies et de l'ensemble des lignes. Ce projet de Palais-de-Justice, avec caserne de gendarmerie, est pour la ville dâ Saintes (Charente -Inférieure).

M. Parent est, si nous ne nous trompons, le fils de M. Aubert Parent, notre professeur d'architecture, et nous sommas heureux d'avoir à constater qu'il sera, lui aussi, un artiste distingué. Il expose ^rois dessins d'un Projet du Musée Napo^ léon d^Amiens (3/i38), lequel projet Ta emporté sur ses nombreux concurrents au concours ouvert par la ville d'Amiens., On ne peut débuter plus honorablement dans sa carrière. Le caractère du monument conçu par ce jeune artiste est à la fois se-vère et élégant tel qu'il convient à un musée.

Nous mentionnerons, en terminant, les dix-sept dessins de M. Dsiagour pour la restauration de Vabbaye de Boufteval (,Eure-et-Loire), ordre des Ci^

leodK (M95); ^ tedeédfisdeif. Doranii poiirlc^ rtifiitaiÉratîôi» è^lBLMthéd^aféde Langr9& i^MS), tte ïégUsê NatvB^tkkne dé Mcmu$ {3Mk), Se VéffUêe Notr^Dame de Vesnoh ( 3S05 ) et de Végliée Notr0- Dame du Grand^Andeiys (SMSj ; ^ les deasiôs dte M. Lejbdne, pour la restauration et l'agrandissement du château de Sawrmf doatàré 9mx yenseS' des bauts fonctionjiairas civils etmilitaires (âfc35) ; les projeta de M. Gopabsuf pour un nouvel kôM des Cai»9e$ d^anèorHssements , Dipôt$ ei Coneigrmrtion8,'^uv le quais Malaquaid (3423); pour le nouveau paru Saint-Michel (3424), et pour Véglise d'Auner^r Seine-et-Oise (3425).

Avant de quitter la section d'architecture, nous rappeleroîis que, dans notre Revue de r£xposition universelle, en réclamant contre Tinterc lation de gravures, de lithographies et de peintures pour vî»traux dans le classement des projets d'architecture, nous disions: « C'est par erreur, sans doute, qu'on a classé parmi lés architecte^ MM. Halez et Frappaz/ deux peintres qui n'ont exposé que des aquarelles; le premier : ta Mission apostolique dan» les Gaules^ composée pour un vitrail; le second : onze dessins d*après les peintures de la galerie Mazarine. » Nos observations ont été entendues, et cette année on y a fait droit en partie. Nous disons en partie, parce que bien qu'on ait catalogué séparément , à l'architecture , les dessins d'avec leurs copies en gravure et en lithographie, nous n'en persistons pas moins à prétendre qu'un graveur ou

im Uihograjpbe n'est pas un architecte pftroe qn^il a graté DU dessiné sur la pierr^la façade^ Louite ou Je palais ide Fontainebieaii , et que. le mérite de ees sartes d'ouvrages ne^dôvant ôtre apprécié que sous le rapport de toignervure ou de la lithographie-, las eettyres de M. HircrufiNist, habile graveur, ain^î que celles de M. Beau, dessinateur lithographe de beaucoup détalent, devraient àFàyenir cesser de figurer à Tarchitecture, pour être catalogués avec les autres gravures et les autres liihqgraphies.

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