‹ Exposition des méthodes hydriatiques de Priesnitz dans les diverses espèces de maladies; considerées en elles-mômes et comparées avec celles de la médecine allopathiqueChapitre 1 sur 6 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

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Coa<niéralîûW généralei sur les méthodes hydriatriquet de Priesnitz.

PiiesniU a pris pour point de départ ^ dans le ^aitement des maladies^ que leur essence consiste ea une accumulation de substances impropres à la nutrition^ et dont réliminatton rétablit l'harmonie d'action des organes connue sous le nom de santé.

Beaucoup d'objections s'élèvent contre cette Tidlle théorie» tout empreinte de matérialisme. Cependant elle est l'expression des seuls phénomènes à l'égard desquels nous ayons une pleine et Qiàtière certitude ; car l'expérience nous apprend qu'il faut; pour guérir, que le c(u*ps se débarrasse de substances morbides étrangères à sa compositjaù^ Biormaley sans (|uoi il ne survient qu'une amé-

lioration passagère^ faussement appelée guérison. Mais la science ne saurait se contenter de vues si étroites ; elle est obligée d'admettre^ en même temps que le changement des matériaux^ un changement des forces inhérentes à la substance organique du corps ; elle l'est également de reconnaître que toute modification apportée à la force sous l'influence de laquelle les organes accomplissent leurs fonctions^ réagit sur la matière dont ils sont composés. D'un autre côté, la saine pratique se refuse à considérer ces troubles dynamiques comme l'objet principal de la thérapeutique^ parce que nous connaissons moins en réalité qu'en idée l'ennemi qu'il nous faut combattre, tandis que les changémens matériels sont les seuls accessibles à nos sens. Priesnitz, s'attachant à ce qui frappe plus partie culièrement les sens^ considère comme l'organe sur lequel doit spécialement porter l'action de ses moyens curatifs, celui de tous qui a le plus d'étendue, les tégumens extérieurs. C'est à la peau qu'il rapporte la principale cause des maladies, parce qu'en négligeant de la cultiver, et Taccoutumantà être tenue trop chaudement, la plupart des hommes en ont tellement diminué l'activité^ qu'elle retient une grande partie des substancies

qui deyraîent être rejetées au-dehors, si ses fonc-> tions s'exerçaient d'une manière normale. Il voit en elle le moyen qui conduit le plus sûrement à la connaissance de l'état intérieur^ et c'est sur sa constitution qu'avec le secours des renseîgnemens fournis par le malade» il fonde le diagnostic. Elle est enfin la voie par laquelle il agit sur l'organisme d'une manière à -peu -près nouvelle. Suivant qu'elle rougit avec plus ou moins d'énergie après l'application des agens avec lesquels il la met en contact; elle lui fournit aussi des signes pronostiques, le plus ou moins de difficulté qu'on éprouve à ranimer la vie en elle et par conséquent à faire cesser la principale cause des maladies, étant, de tontes les circonstances, celle qui conduit le plus naturellement à l'appréciation des résultats probables du traitement.

Mon but n'est pas de me livrer à la critique de cette théorie pathogénique et thérapeutique, dont^ à coup sûr, Priesnitz lui»méme ne se représente pas nettement tous les détails. Personne n'ignore que notre régime factice^ trop souvent joint encore à un exercice insuffisant, fournit à notre corps plus de matériaux étrangers qu'il n'en peut assimiler et ramener au tjrpe de sa propre composi-

tion. On sait aussi que, malgré cet inconTénient^ chacun peut jouir pendant plus ou moins long-*temps d'une apparence de santé, en yertu dé là faculté, inhérente à chaque organisme^ qui lui p«r^ met d'opposer une résistance prolongée aux in^ iiuences ennemies du dehors. Les organes chargés d'éliminer les matériaux inutiles, comme les Ireins^ et en partie aussi le canal intestinal, le foie^ etc. > déploient une activité supérieure à cell&dont ils feraient preuve dans Fétat normal; mais la peau, doat notre ge.nre de vie tend sans cesse à restreindre les fonctions, ne leur venant point en aide, un moment arrive où leurs efforts ne Suffisent plus, bien que les humeurs y affluent de toutes parts. De là des congestions^ ou ce qu'on appelle des phlegmasies chroniques, dans ces organes. Les irrégularités croissantes de la circulation amènent une pléthore partielle, qu'il faut bien distinguer de la vraie pléthore, delà pléthore générale, due à la trop grande abondance des humeurs. L'harmonie cesse d'exister entre les diverses parties du corps, sous le point de vue de la quantité et de la composition des sucs qui s'y portent ^ bientôt tel ou tel tissu organique tombe malade, et la lésion qui s'y est produite influe non-seulement sur la

SUR LES MÉTHODES DE l^lUSSmTZ. i

▼ic dé rindÎTidu, mai» eneore sur les génératiottâ SuiTahtes, dont elle devient le triste héritage.

C'est ainsi qn'en contemplant la tie sans pr6^ tentions, liôtis Toyôns surgir une foule de malà-^ diés, qui pi*6sentent des modiflcatioiis infinies, mais se rapportent toutes au même type fondà^^ mental. Les médecins les ont toujours considérées sous ce point de vue ; mais le mérite de PriësniUK est de se montrer plus conséquent, dans la manière dont il les combat, que personne Hé l'avait été avant lui, et dfe poser en principe que, parmi les organes âécrétoires, la peau e^t celui qu'on doit cl&ôisir de préférence pour ramener k l'Ordre lé» anomalies morbides du corps humain, ptéciêémMi parCè <}ue c'est celui dont tios habitudes ont le plù^ déraiigé les fohctions. En atriVant & cette idée, il né soupçonnait même pas la structuré éompliqùée de la peau, tiur laquelle H» recherches dëè ahatomistes ifiodëmes ont versé tatll deltimière; il n'atàit .aucune idée ni des notnhreut vaisseàui et organes glandu]<hii qu'elle rènferUie, ni déâ caiiaUx sudorifèrès contournés en spirale dont nous devons la deseriptidti à Purkinje, él dont les orifieêfs i la iurâice fortnent ce qu'en àppéflé lés pérêé; il ignèrait Fefisiéiic« éè fém ces

neris^ dont chaque fibrille communique avec les centres du système nerreux, auxquels ils trans^ mettent les impressions reçues par eux^ enfin il ne se doutait même pas que, par ses méthodes particulières d'appliquer Peau froide à la surface du corps, il agissait d'une manière indirecte sur la plupart des systèmes de l'économie animale, et spécialement sur ceux dans lesquels les initiés de la science cherchent le foyer de la vie dynamique. La physiologie et la pathologie démontrent combien l'activité de la peau est nécessaire à la conservation et au rétablissement de la santé ; la première fait voir que cette large membrane élimine sans cesse des matériaux incapables de servir uti* lement; la seconde montre que d'étroites rela-^ tions sympathiques la lient à tous les actes mor* bides qui se passent dans l'intérieur du corps; et ces diverses doctrines ont été confirmées par une foule d'observations recueillies aulit des malades. Les irrégularités dans la formation du sang, et la mauvaise constitution des humeurs qui en est la conséquence, se reflètent à la peau, comme le prouvent la chlorose et la maladie scrofuleuse; les maladies aiguës ou chroniques des organes internes, par exemple du foie et de la rate, s'y décèlent

sxjK LES Mmoms de priesnitz. o

au6si pardeschaDgemenspaliiologiques. On sait, d'après les recherches de Bateman^ de Willan^ de J. L. Alibert, de Biett^ de Rayer (l)^ que la plupart des affections cutanées sont liées à des troubles d'autres fonctions, notamment de la digestion, dont ce phénomène critique rend les symptômes pxopres moins saillans. Ainsi les dartres et la cou« perose se rattachent à des lésions gastriques, le pemphigus à des altérations du foie et des reins. Plusieurs maladies contagieuses, Comme la rougeole, la variole, la scarlatine, manifestent en partie leurs effets à la peau; beaucoup de fièvres se terminent par des sueurs critiques, et les furoncleç ne sont pas rares après celles qui ont r^u r^piihète de gastriques.

Avec tant de faits, qui mettent liors de doute que^ dans une multitude de cas, la nature tend à juger les maladies par des crises vers la peau, les médecins ne pouvaient manquer de regarder l'excitation des fonctions de cet organe comme un puissant moyen d'arriver au véritable but de leur. art. Mais les voies qu'ils suivent présen-

(i) lYaité^ pratique des maladies de iapeau, Paris, i835, 3 wl, in-8'' et atlas in-4°, fig^ col.

10 GOnSZDÉRATIOifS €ÉKtEJLVEÊ

tent peu de sûreté* Les sudorifiques exaltent sou-* Tent Faction des yaisseanx sans provoquer la sueur; les sinapismes et les vésieatoires n'agissent que sur des portions très limitées de la peau ; fré* quemment aussi les bains tièdes demeurent sans résultat. Aucun de ces moyens n'a ni autant de précision, ni autant d'énergie que la méthode de Priesnitz, à la description de laquelle je Tais pro-" céder.

On peut rapporter tout l'appareil hydriatrique i deux catégories, dont l'une comprend les moyens qui agissent sur la peau entière et toute l'économie animale; l'autre, ceux dont l'action n'intéresse qu'une portion des tégumens, une partie limitée du corps. A la première se rapportent : 1* l'excita* tlon de la sueur, soit par des couyerture» de laine, soit par des linges mouillés; 2'' le bain froid, le demi-bain dégourdi, et les ablutions froides; 8* la douche ; 4» l'ingestion de l'eau dans l'estomac ; à la seconde : l» les bains partiels, comme ceul de siège, de pieds, de télé, de jambes, de bras, de mains, d*yeux, etc.; a* les fomentations, réfrigérantes ou échauffantes ; z^ les lavemens froids, et les injections froides.

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