‹ Exposition des œuvres de M. James LignierChapitre 4 sur 12 · VIEILLE REPRISANT SUN LINGE · texte numérisé non relu

VIEILLE REPRISANT SUN LINGE

Salon de i883, le Porirail de M"" Lemoiue et le Grand-pcre coiivalescciii.

A partir de sa rentrée dans la vie civile, l'histoire de M. James Lignier est tout entière racontée par le catalogue de ses toiles.

Ce bon peintre épris de son art, et qui a trouvé le bonheur dans le travail, n'a point traversé d'aventures de roman. Quand en eùt-il trouvé le temps? Il a vécu. Il a peint.

Il a peint sans relâche, avec conviction, avec joie. Il a vécu pour peindre.

Tout ce qu'il a vu passer autour de lui, et qu'il a regardé avec quelque alî'ection, il a été tenté de le fixer sur la toile amoureusement, fervemment, et pour le seul plaisir, d'abord, de conserver un souvenir de son émotion passagère : les fleurs apportées un matin pour parer la maison: les paysages qu'il traversait, du Midi tiède au Septentrion brumeux, les oliviers d'Antibes, caressés du soleil, et les béguinages de Bruges, dont personne, à mon sens, n'a rendu plus complètement que lui la quiétude, l'impression d'abandon et de vide ; ses amis, ses proches, ceux qu'il aima, enfin ; et jamais il ne fut plus heureux que dans cette série de portraits, dont, le plus souvent, il a connu intimement les modèles, longuement, patiemment observés, transposés, plus tard, avec un soin jaloux, avec le souci tvrannique de tout exprimer de ce qu'il ressentait.

Il semble même que plus il fut attaché par le cœur à ceux dont il s'appliquait à rendre les traits, et mieux il les peignit. Le Portrait de M""' Lcmoine^ auquel je reviens, comme en un leitmotiv; celui de Francisque Sarcey^ si bonhomme et si malicieux à la fois, au milieu de ses chers volumes, devant la page à demi noircie de ses fines pattes de mouche, de Sarce}^ qui, lui aussi, fut très bienveillant au

peintre, ces deux pages ne sont sans doute des œuvres si complètes que parce que ce sont deux monuments à la reconnaissance.

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