LE JUGEMENT DERNIER
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lu Musée de Berlin .
> des BeaAjx-Arts
titude qu'ils pouvaient garder encore sur les résultais de leurs elTorts, interdisait aux organisateurs de l'Exposition une poussée aussi profonde dans le xvi'^ siècle et même dans ses abords.
Il ne leur avait même pas été possible, pour cette période, de rassembler bon nombre de peintures déjà connues, quelques-unes célèbres, dont la présence, à cette fête, était attendue sans doute par la plupart des amateurs. On avait dû laisser dormir, dans l'ombre, à Douai, à Arras, à Berlin, les œuvres de Jeban Bellegambe, même celles qu'on avait déjà vues, en 1900, au Petit Palais. La Fontaine de sang An musée de Lille, arrivée dans les derniers jours, ne faisait qu'augmenter les regrets de n'y point trouver des pièces plus importantes, comme le polyptyque d'Ancliin ou le Jugement dernier. On n'avait pas cru pouvoir reprendre dans la salle des Primitifs français, au musée du Louvre, plusieurs œuvres franco-flamandes, notamment VIncention de la Croix et une pieuse Donatrice lisant dans un jardin, récemment acquises, dont la comparaison avec d'autres pièces contemporaines eût été si instructive. A plus forte raison, avait-on dû renoncer à faire venir des provinces éloignées quantité de morceaux importants et précieux, comme la Crucifixion du Palais de Justice de Rouen, la Mise au toinhcau de la cathédrale du Piiy, etc.
La réhabilitation éclalanlc, désormais incontestée, des peintres du plein xv" siècle doit nous encourager maintenant à réhahiliter ceux de leurs successeurs qui, en des époques plus trouldées, eurent un mérite égal à entretenir la llamme vacillante de nos anciennes traditions. Cette exposition future, complément nécessaire de l'exposition présente, demandera une longue préparation; mais ni les érudits, ni les artistes, ni les amateurs, ni les collectionneurs ne nous marchanderont leur concours ce jour-là. Quant au local, il le faudrait vaste, très vaste et très lumineux, afin d'olTrir la plus grande série possible de tapisseries, vitraux, sculptures et meubles développant, en œuvres parlantes, les diverses phases de notre Renaissance, il faudrait aussi un local expressif et instructif par lui-même, un milieu concordant et vivant, un ensemble architectural et décoratif de cette Renaissance, soit, pour la ijrcmière péi'iode, l'une des villes ou l'un des châteaux de la Loire, Blois ou Tours, Amboiseou Azay-lelUdeau, soit, pour la seconde, le palais de Fontainebleau, dont les décors muraux peuvent seuls expliquer et justifier l'évoluticm du goût (■l des arts de tSJiO à la lin du siècle. C'est un rêve que nous faisons là; mais, hier encore, n'était-ce pas un rêve qu'une exposition