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et corrompue, il faut Incu reconnaître que l'art du portrait, réduit à cette quintessence, n'est plus la représentation complète et puissante des êtres vivants, telle que l'avaient comprise Fuiiquel ci le « Maître dcMoulins ".telle que la réalisaient alors les Florentins et les ^'éniliens et déjà aussi les l'ianiands et les

KLUiiE ET lU.LX i i i: is 1 li S . ic.Di.i: m; i u n i a i ne iii,i; a L , v E ii s l.'ilill ^Collection ilii Ijaroii d AIIj'Mi.'is. ;Mon]>:'llicr.)

Hollandais. Pour retrouver des expressions aussi l'rauclies et complètes de la réalité, il faudra, chez nous, attendre les Le Nain, Philippe de Champagne, Sébastien Bourdon, (Claude Lefeln're, précurseurs d'un retour plus général et plus libre aux instincts naturels du génie français, par Largillière et Rigaud, les Coypel, les Nattier, Watteau, les Yanloo, Chardin. La Tour, les Saint-

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i-ançois Clouet del .

Oazeite des Beaux-Arts .

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et des Estampes, Paris.)

Aubin et tous les portraitistes avisés et vivants du xvui° siècle. Si l'art (lu portrait, lui-nirine, durant ce xvi" siècle, eut à trouver, pour rester national, une forme particulière et trop modeste, c'est avec plus de peine encore que l'art historique et l'art décoratif y i;ardèrent, sous les Ilots de l'invasion italienne,

PORTKAIT n UNE DAME AU BAIX, PAK FRANÇOIS QUESXEL ?)

(Collection de sir Frederick Coolv, Richmond.

quelques-unes de leurs qualités natives. Néanmoins, il serait injuste de croire que l'asservissement aux modes étrangères, sur ce terrain même, fut aussi complet qu'on l'a cru.

Quelques trop rares peintures mythologiques ou allégoriques, dans le goût nouveau, soit par des Italiens, soit par des Français italianisés, les montrent tous, ici, fatalement soumis à la loi commune. En séjournant chez nous, les ultramontains ne tardent pas à

s'y transformer, tandis que nos compatriotes ne se laissent jamais qu'à moitié pénétrer par leurs nouveaux maîtres. La Flore attribuée à Primatice (coll. d'AUjenas) n'a conservé dans son type d'élégance souriante, dans la grâce trop effilée de ses nudités discrètes, qu'un souvenir très adouci et très réchaufl'é, dans le coloris, du maniérisme bolonais. Dans liianc et Ac/éo/i, du musée de Rouen, derrière les nudités, nymphes, satyres, bergers, d'une facture grasse et savoureuse, plus vénitienne que ilorentine. un paysage boisé, d'une vérité puissante, et un cavalier en pourpoint rayé, dune superbe allure, témoignent qu'à Fontainebleau on savait encore regarder la nature, comprendre la vie, et la représenter avec franchise. D'autre part, dans la répétition du célèbre tableau de la Dame au bain se faisant servir une collation (coll. Frederick Cook),où les uns veulent voir Diane de Poitiers et les autres Gabrielle d'Estrées, attribuée aux Clouet, à Quesnel et à d'autres, l'exécution grasse et colorée, à la manière de Pieter Aertzen, de la nourrice, des enfants, des fonds, des accessoires, indique chez quelques artistes une peisistance heureuse dans l'observation réaliste. On en trouverait, je crois, dans nos provinces de Loire bien d'autres exemples. Une preuve charmante de cette persistance nous était d'ailleurs offerte parla Danse de pai/sans autour d'unarlire (coll. Thévenin) ; c'est une pièce vraiment caractéristicjue, une illustration, vive et contemporaine, des églogues de Ronsard et de Remy Belleau. Le paysage, d'une sincérité remaniiiable. en retournant à Fouquet, y présage le paysage moderne. Serait-ce une pièce unique? On |ne saurait le croire. De ce côté il reste donc beaucoup à chercher et, nous l'espérons, à trouver. Nous voulons sauver, désormais, tout ce qui nous reste de notre glorieux patrimoine trop longtemps dédaigné. Toutes les œuvres de nos ancêtres nous sont chères, dès qu'elles nous apportent une expression sincère de leur sensibilité et de leur pensée. En attendant, nous serions bien difficiles si nous ne nous déclarions pas satisfaits des résultats obtenus, résultats qui on! dépassé toutes les prévisions et toutes les espérances, même les plus optimistes. Durant trois mois, l'Exposition des Primitifs français n'a cessé d'être fréquentée par des visiteurs attentifs et studieux, de toute profession, de toute classe, de tout pays. Leur nombre, généralement, a été de 1 200 à 1 500 par jour. On peut donc évaluer à une centaine de mille le chitTre des amateurs qui sont venus, à plusieurs reprises, se fortifier dans la conviction que nos vieux peintres méritent, comme leurs contemporains du Nord et du Midi aux xiV et

AF.TFMISE

,', Rumeau.

^pts, .mpi A. Salmon Paris,

XV'' sir^cli^s, une ôludc atl(Milivo, et parfois une profonde iidmii'alion. Il nous reste à souhaiter ((ue ce eonlact chaleureux et sympathique avec l'âme saine et fraîche, sincère et libre, de la vieille France exerce une action durable et féconde, autant sur l'esprit des artistes que sur le goût des amateurs. Tous ont pu y reconnaître, encore ime fois, que la valeur durable de l'œuvre d'art ne réside point dans l'étalage, plus ou moins habile, d'une virtuosité scolaire ou d'une technique excentrique, mais, presque loujoiu's, et avant tout, dans la sincérité de l'émotinn éprouvée devant les spectacles de la vie et de la nature, et dans la scrupuleuse conscience avec laquelle l'artiste s'est elforcé de la rendre, par la pratique ni(id(^sle d'un méliei' loyal, dans toute sa délicatesse ou dans toute sa profondeur.

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