A ANDRÉ JACKSON. III
de la souveraineté des états , et que ln thèse que je soutiens sera regardée par beaucoup de gens comme une hérésie politique. Mais la question me semble claire. Cette souveraineté n’est qu’une fiction légale , un mot vide de sens, dont nous ferions tout aussi bien d’abandonner l’usage : car il ne peut servir qu’à embrouiller des questions autrement fort simples, et, s’il était pris littéralement et pratiquement, il détruirait bientôt l’union des états ou la rendrait inutile comme elle l’était du temps de la première fédération. J’ai vu avec un grand plaisir que, dans votrë proclamation au peuple de la Caroline du Sud, vous aviez vu la chose de la même manière que moi , et que vous aviez été soutenu par le bon sens d’une immense majorité de la nation. C’est à ce bon sens national.
Monsieur, que sont dues la sagesse de nos intitutions et les heureuses innovations qu’on y fait journellement. Le système du gouvernement américain étant une expérience nouvelle , bien des parties de sa théorie ne sont pas encore fixées, et c’est à mesure que i on s’aperçoit des défauts de la machine qu’on la
DEDICACE
répare. Ainsi, la doctrine de la nullification, tout absurde qu’elle était, était soutenue’ par une grande partie de la nation, jusqu’à ce que le peuple eût vu à quelles terribles conséquences cette doctrine le mènerait.
Elle est maintenant abandonnée par tout le monde , et les derniers troubles de la Caroline n’auront eu d’autres résultats que de raffermir l’union des Etats, qu’ils menaçaient de détruire.
Si le danger qui menace les Etats-Unis est la dissolution de l’Union, celui que les peuples d’Europe ont à craindre est la trop grande centralisation. C’est à l’individualisation de tout les intérêts locaux que nous devons principalement notre prospérité, et c’est là aussi ce que l’on devrait le plus imiter, et pourtant ce que l’on connaît le moins en Europe. Il est de mode d’attribuer cette prospérité non aux institutions du pays , mais à son état de nouveauté et à sa position géographique. J’ai tâché de combattre cette erreur et de faire voir que, excepté sous le rapport des lois et du gouvernement, l’Europe a de grands avantages sur l’ Amérique.