‹ Exposition des principes du gouvernement républicainChapitre 3 sur 30 · A ANDRÉ JACKSON · texte numérisé non relu

A ANDRÉ JACKSON

A mesure que le pays se peuplera et que des communications seront ouvertes, ces avantages disparaîtront, il est vrai; mais si, avant ce temps, les peuples d’Europe réussissaient à s’émanciper et à reformer leurs gouvernement sur le plan du nôtre , il n’y a pas de doute qu’ils ne jouissent d’une prospérité encore supérieure à la nôtre.

Par malheur pourtant , cette réforme n’est pas facile et ne peut s’opérer que par la violence. Chez nous , nous voyons tous les jours des réformes sociales avoir lieu sans aucune révolution. Souvenez - vous , Monsieur, du changement apporté dans la constitution de la Virginie , il y a quelques années , par une convention. Ce fut un changement vraiment radical ; mais il eut lieu sans aucune secousse. Quel magnifique spectacle offrit alors cet état ! En Europe , il n’en est pas ainsi ; les peuples y sont gouvernés , non dans leur intérêt, mais dans l’intérêt de ceux qui se trouvent à leur tête, ou tout au plus dans celui de quelques classes privilégiées. Une résistance avouée du pouvoir social est organisée partout et empêche

DEDICACE

tout progrès. Si , par hasard , le parti du progrès devient le plus fort un instant , cette résistance organisée pactise avec lui. Mais tous ces pactes sont toujours laits dans le but de tromper le peuple , et ne font que rendre la révolution finale plus nécessaire et imminente. Ce grand cataclisme social ne peut long-temps tarder, et sera amené encore plus par la mauvaise foi des gouvernans, que par leur oppression. Leur conduite a rendu le recours à la violence nécessaire et juste, et s’ils en étaient les seules victimes, il n’y aurait pas grand mal ; mais le danger qui en résultera pour la société tout entière est incalculable. lies nations ne pourront jouir immédiatement des bienfaits de la liberté , et seront obligées de passer par une période de dictature plus ou moins longue , pour donner à l’orage le temps de se calmer. C’est à la conduite des gouvernemens actuels qu’est due la nécessité de cette période et du recours à la force et à la violence qui doit lui succéder. Que la responsabilité en soit tout entière sur eux!

En effet, Monsieur, jamais l’Europe ne

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