CONCLUSION
teur réussit a produire , il est yrai ^ mille fois la quantité d'objets de première nécessité dont il a besoin. C'est là tout à fait le tourment de Crésus. Il a les granges et les étables pleines » il y a assez de pain et de yiande sur sa table pour nourrir tingt familles de paysans européens , et pourtant il n'a pas le moyen de se procurer une culotte de drap ou un corset à sa femme. Ufaut^ direz-yous^ ouvrir des communications ^ créer un marché , appeler le commerce à son aide. C'est aussi ce qu'il fait. Il entreprend un canal ou une route en fer. Souvenez-vous, pourtant, que c'est au travers d'un pays désert et peu connu , que souvent les frais d'arpentage et ceux des reconnaissances des ingénieurs sont énormes. Il n^ ^ psis de provisions sur la route tracée dafis la forêt. Chaque pas doit être coupé à la hache au milieu de souches et de racines énormes. Il faut importer des ouvriers d'Irlande ; il faut faire venir le fer pour les routes de Liverpool. Les maladies et le découragement se mettent souvent parn^i ces ouvriers. La route ou le canal, pourtant , s'achève ; mais il a coûté dix fois plus qu'il ne ferait en Europe. Cependant, dans ces mêmes Etats-Unis oii, il y a cinquante ans , il n'existait presque pas de routes , il y a plus de canaux et de routes en fer que partout ailleurs , et le nombre de ceux auxquels on tra^ vaille est incroyable. Dans le seul état de Peu-
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sylvanie, il y a déjà, à ce que je crois » sept ceut milles (à peu près deux cent trente lieues) de canaux. Pourquoi cela? Parce que, le gouTernement ne se m^ant pas de ces objets et se contentant d'incorporer les compagnies indiyiduelles qui se forment pour exploiter ces entreprises , celles-ci n'entreprennent que des traTaux utiles et les pofissent à leur fin avec activité : car ce n'est qu'après qu'ils sont terminés qu^elles en retirent un intérêt; parce que la concurrence qui sétablit entre elles et entre les différentes localités pousse tout avec un mouvement d'industrie accéléré. On voit donc qu'encore ici l'avantage que les Etats^ Unis semblent avoir sur l'Europe est dû a leurs bonnes lois et k leur forme de gouvernement. Il est certainement bien plip facile de faire des routes et des canaux dans un pays défriché et peuplé, qu'au milieu d'une forêt déserte , toutes choses étant égales d'ailleurs. Cependant, en Europe, on ne fait rien . Est-ce la faute du pays ou des gouvernemens?
Sous le rapport industriel et commercial , les Etats-Unis ont à lutter contre de bien plus grands désavantages naturels encore. L'immense distance a laquelle ils se trouvent des grands marchés, la cherté de la main-d'œuvre , le nianque de capitaux , le manque d'espèces , sont autant d'obstacles dont un seul suflBrait pour détruire la pros-
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{hérité de toute fiation europé^eiU]ie.« Le sol des ]El^ts-Unis est fertile ^ il est vrai, ou du moins ce n'est que la partie la plus fertile que Ton a cultivée jusqu'ici ; mais la nature ne leur a accordé aucune de ces productions exclusives que Ton trouve dans d autres dimats: Cependant les Etats-Unis sont à la tête du commerq^et de l'industrie. Pourquoi, dans un pays où l'intérêt de l'argent est partQut' de sept à dix pour cent, trouve-tron plus facilement à emprunter que partout ailleurs ? Pourquoi la, où les espèces sont le plu$ rares, leur }>esoin ne se '&it-il ressentir nulle part? C'est parce que , en général ,^ les lois contre l'usure n'existent pas , ^e la propriété est bien assurée par les tribunaux; que le système de crédit public e^t bien organisé et exploité concurremment par des milliers de banques incorporées , parce que ces banques émettent des billets dont la valeur p'egt pas limitée ( il y a des billets ne valant que six sous un quart ) , et créent ainsi un capital de circulation dont la quantité est fixée par la demande. Pourquoi, lorsque la cpnstruction des vaisseaux est plus chère que partout ailleurs, que les gages des matelots so^ plus hauts , que la jnarine de guerre est si peu nombreuse, comparée à celle de la France et de rAng^e)*erre ; pourquoi> dis-je, le pavillon de l'Union flotte-t-il sur toutes Içs mor^ 7 Pourquoi le» v^is^e^ux hollan-
dais Tont-fls maintenant décharger a Z les marchandises qu^ils rapportent des GnndeS' Indes et de la Chine , poor qn^dles soient portées en Hollande a bord de Taisseaux cains? Pourquoi le conunem entre la Chinée rAngleterre^ qui est fermé aux An^ais, km* est-il ouTert ? Pourqoi^ les packeis entre Loadres, LÎYerpool^ leArrre et les Etats-Unis, sontils tous américains? Cest que, n*ao6ordant ni monopole ni priTil^;es aux étrangers , et n^cn demandant pas pour eux-mêmes, lenrs vaisseanx sont bien reçus partout. C'est que la nation prot^e ses citoyens tout jde bon , et serait prête à feire la guerre pour venger ka^nsnltes d*nn seal d'entre eux. C'est qu'elle se mêle de ses affilres et ne s'embrouille pas de celles des autres y et n est jamais partie a aucun congrès ou àancune conférence. C'est qu'elle n'a pas de compagnie des Iodes ni de monopole d'aucune espèce , et que le champ conmiercial est libre comme l'air pour an Américain. C'est^ enfin, parcequelanarigationet le commerce ne sont pas , comme ailleurs , écrasés de taxes et de restrictions , et entoures d'entrares fictives augmentant les difficultés natuid-
Pourquoi, malgré les distamxs cultes, qui rendent les transports si owiïtenx , les produits circulent -ib avec une activité sans exemple , d'un bout de Toniven à Taa-
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ire? Pourquoi le vin de Bordeaux est-il meilleur marché à New-Yorck qu'à Paris ? C'est qu'il nj. a ni octrois^ ni droits réunis.
Sous le rapport intellectuel ^ il en est dp même. On a à combattre le manque de biblioth^.
ques et d instrumens de physique , et , malgré cela 9 il y a plus de collèges et d'universités que partout ailleurs. Quoique isolé au milieu des bois de l'extrême frontière ^ il n'y a pas de famille qui ne trouve le moyen de faire donner une éducation primaire à ses enfans. Il n'y a pas de pays ou rinstruction soit plus répandue , ou l'on pense ^ parle, discute et lise plus. Cela est dû à l'absence de tout monopole universitaire , à la liberté pleine et entière de la presse , k la concurrence qui s'établit entre une innombrable quantité de journaux qui n'ont à payer ni timbre ni cautionnement , et peuvent accuser le congrès et toutes les législatures de prostitution , tant que cela leur plaît, sans encourir aucune amende. La poste circule partout dans le désert , et les lettres et journaux parviennent à l'extrême frontière avec une exactitude rigoureuse, même là oii les routes sont à peine tracées; mais il est vrai que la malle est ti-ansportée par contrat , et que ces enti*eprises sont à la concurrence; enfin, malgré l'hypocrisie religieuse générale et les dogmes démoralisant d|Q8 presbytériens ^ des methçdistea et des baptis-^.
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tes^ oh la religion a-t-elle fait moins de ma) ? Ott y a-t-il plus de morale privée et de Terta publique ? C'est à la liberté de discussion , c'est an manque'd-Nme religion de l'état^ c*est à la concurrence et à la publicité; que Ton doit ces avantages. On apprend bien vite qu'en face d'un publié éclairé le meilleur et plus court moyen de pairvie^ nir est Tbonnéteté et la droiture.
Cela nous mène k l'autre partie de la question : la république est possible ; et tous ces avantages peuvent s'obtenir là où il y a de la vertu. Moi je dis l'inverse : la république est nécessaire à l'exis-^ tence de la vertu publique. L'esprit humain n'est jamais en repos , et s'il ne trouve une occupation utile et vertueuse , il s'en crée bientôt de futiles et de vicieuses. Si un gouvernement tyrannique l'empêche, par crainte , de se livrer k des entreprises commerciales, littéraires , industrielles ou agricoles , son activité le jetera bientôt dans le jeu , les femmes et le vin. Son inutile vie sera traînée dans les coulisses, et du plaisir le plus entraînant et raisonnable, celui d'un bon théâtre, il De fera bientôt qu'une occupation sérieusement frivole. Le cheval, ce noble compagnon du Anerrîer et du laboureur, ne deviendra enti'e ses mains qu'un instrument de sotte rivalité avec des niais comme lui. Il ne connaîtra pas les noms des ministres : car; que lui importe! quels qu'ils soiint;
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il faut qu'il obéisse ; mais le nom des cliiens fa^ meiix^ celui du pugiliste distingué, du coursier lé plus, vite , de la danseuse la plus légère , sont ins-=^ cHt sur ses tablettes et dans sa mémoire ; pas dans son coeur, cariljn'enaplus. Il ne Sait qu'obéir; lâche , mou , efféminé, cmasculé, il ne résiste k la force que par la ruse, au châtiment que par le mensonge; et s'il se venge, c'est par derrière. Je méprise beaucoup moins ceux dont je fais le portrait, que je n'abhorre et ne déteste les gouvernemens et les systèmes qui sont la causé , oui , la seule cause de tous letirs vices ; détruisez ces causes ; renversez ces gouvernemens ; ouvrez mille carrières à l'activité de l'esprit humain ; poussez-y la jeunesse, et vous verrez bientôt si, dès qu'elle a tâté de la vie active , réelle , positive, de la vie du soldat, du matelot, de l'avocat , du négociant ;. si, dè& qu'elle se verra une canière ouverte oîi lé prix sera offeft a la concurrence , vous verrez , dis-je, si elle s'y jetera avec transport et n'abandonnera pas tous les vices dont elle était nécessairement infectée, pour embrasser la vertu avec lin enthousiasme divin. Il n'y a que la liberté , l'égalité , la publicité, et surtout la concurrencé, qui puissent produire ces miracles. Quoi ! vous voulez que nous soyons vertueui avant de devenir républicains ? A ce compte -la , nous ne le deviendrions jamais. Il faut , au contraire, devenir d'à-
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l)ord républicains» afin de pouvoir être vertueiLX. 11 y a dans la carrière politique maintenant beaucoup de pauvres diables qui ont servi tous les gou- Ternemens que la France a eus depuis quarante ans f qui n'eussent pas mieux demandé que d*élre vertueux et honnêtes^ même de montrer une certaine fermeté^ si on les eût payés pour cela^ ou seulement si on ne les eût pas payés pour être et faire le contraire. S'il n'y eût pas eu d'acbeteurs , ils ne se seraient pas vendus^ et leur lâcbe exemple n'eût pas corrompu et démoralisé la nation. Si» au lieu d'avoir eu affaire à des ministres corrupteurs» ils avaient été obligés de se présenter a visage découvert devant le peuple souverain» et là, d'être responsables de leurs actes » ils auraient bientôt vu que leur intérêt leur enjoignait d'être honnêtes et vertueux » et ils l'eussent été : ce que cette première génération d'hommes publics eût fait par calcul» les suivantes le feraient par morale et par principe.
Mais» dira-t-on, comment peut-on se parer dans une répid)lique de mœurs pures» simples et austères ? Quant à la pureté des mœurs» elle s'établit d'elle-même dans une république. Chacun y reste fidèle à sa femme» parce qu'il est trop occupe pour couriv les filles» et qu'il a besoin d'un chez soi. La publicité» d'ailleurs» cejtte gardienne viçil^ntc^ empêcljie le citoyen, ^e cQwntettre ai^
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cune de ces actions qui, quoiqu'elles ne soient pas punies par les lois, le sont par l'opinion, et détruiraient son influence à la prochaine élection. La censure s'établit d'elle-même, non par une magistrature ad hoc agissant d'une manière ar-: bitraire, mais par la voix publique. La simplicité des mœurs ne consiste pas à mal dîner, et a se mal vêtir ou à aller à pied lorsque l'on peut aller en Yoiture. Elle consiste à ne pas avoir de distinc^ tion de rang ou d'étiquette. La vertu n'a pas be^ soin de prendre un visage austère dans une république, parce qu'elle est triomphante et récompensée ; c'est sous les persécutions de la tyrannie qu'elle doit prendre un front revêche lorsqu'elle a besoin de se cacher. C'est une erreur vulgaire de considérer le luxe et les plaisirs comme antirépublicains. Ceux qui jouent à la république, s'imaginent qu'en se donnant un air rébarbatif, s'habillantd'une manière inusitée, dédaignant les formes reçues de la politesse sociale ou les changeant, et surtout en médisant de toute espèce de luxe oîi leur fortune ne leur permet pas d'atteindre, ils deviennent de petits Catons. Erreur grossière. La république est le gouvernement qui assure le plus tous les droits, surtout celui de propriété. C'est le seul où le bonheur du plus grand nombre soit l'objet de l'association polit^ ^e, C'e$t ^donc la forme de gouvernement souii
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laquelle on devrait goûter le plus de jouissances pbysiques et morales. Loin donc de vouloir ramener le riche au mode de vie que le prolétaire (i) suit par nécessité, c'est à élever ce dernier au- niveau du riche, c'est à lui faciliter les chances de devenir riche lui-même en lui ouvrant im courant ascendant, que les lois, les institutions et les mœurs républicaines doivent tendre. Sous le règne d'un pacha on cache son argent^ on se donne l'air pauvre, afin de ne pas être rançonné par lui ou les jannissairesj mais, sous l'empire des lois et de la liberté, chacun jouit, sans réserve et tans crainte, de sa propriété.
Plus le riche même fera de dépcmses j moins il amassera, et plus il fournira d'occasions M pauvre de s'enrichir. Le luxe devient donc, dans une république , sinon un devoir, du moins une vertu , pour ceux qui peuvent s'y livrer. Plus on «lura de besoins factices ^ plus ces besoins seront
(i) Je me sers ici du mot de prolétaire pour être compris de ceux auxquels je réponds ; mais ce mot n'a pas de sens, du iikmds en France. Chez les Romains, il voulait dire ceux qui étaient admis à voter, quoiqu'ils ne possédassent rien, en raison des enfans dont ils avaient enrichi la nation. Mais en France le paovre peut faire autant d*enfans qu'il veut, cela ne lui donne pas de TOte. Prolétaire ne vent donc dire que le pauvre mis en opposition au riche. C'est un mot nouveau inventé pour exciter les passions, et que Ton ferait tout aussi bien d'abandonner.
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répandus y pins le commerce! et Tindàstrie prospéreront. L'économie n'est nne yertn que pour le pauvre qui vent faire fortune ^ et jusqu'à ce qu'il Fait faite. La jolie république que Ton aU^ rait en carmagnole et en sabots y et éoihmè elle avancerait la civilisation ! Ce qui serait Vraiment républicain^ au contraire^ dans mon opinion ^ serait de voir les sabots disparaître entièrement ^ excepté pour le temps du travail s'ils sont cornnMdes ^ et de voir les ouvriers de toutes les elas-i> ses en escarpins les jours de fête ^ et après que leur journée est terminée. Je sais qu'on me citera Lycurgue et son brouet noir. Mais^ je le répète y il n'y a jamais en de liberté qu'aux Etats- Unis. Les lois de Lycurgue étaient la phis alTreuse tyrannie : car elles s^étendaient à toutes les minuties de la vie privée. Me prescrire mon habillement y ce que je dois manger, comment je doié me comporter avec ma maîtresse ou ma femme !
Voilà de la tyrannie ! L'ilote était plus libre que son maître : car au moins il mangeait ce qu'il pouvait, et faisait l'amour àsamanièi*e. Non, la république n'est pas le gouvernement des privations, de l'austérité et delà pauvreté. C'est, au contraire , celui du bonheur, de la prospérité , de la richesse , de la sécurité , dh luxe et de la joie universelle; et voilà pourquoi elle triom-
phéia : car lorsque les hommes finit un changé-
4it auHiM xvn-
meaty ils tâchent de le iaire pour être mieux. 11 laudrait donc que les partisans de ce gouvernement se déridassent et promissent du bonhenr et de la richesse an peuple. Il.&udrait qu'au lieu d'-ameuter le prolétaire ct>ntre le riche , et de lui montrer le temps oii tout le monde sera également pauvre, comme le millenium politique, oq lui lasse envisager Tépoque où il pourra lui-même devenir riche à son tour, et .oU le bien-être sera universel. Ce n^est que par la concurrence que cette ère peut arriver.
.11 est vrai pourtant que la distance qui sépare les £tats-Unb de l'Europe lui a été utile dans ses guerres avec rÂngletcrre ; mais par combien de désavantages cela n'a-t-il pas été racheté ? S'ils étaient loin de Fennemi, ils Tétaient également de* leurs alli^ et de toute espèce de secours. Cependant ils ont triomphé avec de bien £adbles moyens. Ce succès est dû entièrement a leur énergie et à leur activité morale. Voilà pourtant le seul avantagé de position que les Etats-Unis ont sur tout autre pays. C'est de ne pas craindre l'intervention étrangère armée dans leurs propres affaires. Mais est-ce que la France, dont les armées ont été dans presque toutes les capitales de l'Europe, peut les craindre davantage? Qu'elle laisse les autres tranquilles che?i ^u^^ et ils sçrqut bien
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heureux de ne pas déranger son repos. Si la lutte pourtant recommençait , quel est le parti qui devrait trembler? Quel est le trône qui n'est pas miné par nos opinions et nos principes? Quelle est la nation qui ne désire pas secouer le joug qui pèse siu" elle ? Toutes les nations tendent vers la république^ et même vers la forme fédérative.
Voilà ce qui doit attirer Fattention du peuple français , et le faire profondément réfléchir. Dans ce moment , après les Etats-Unis , qui sont infiniment plus avancés , puisque rien ne s'oppose plus à un progrès indéfini , la France et l'Angleterre sont les deux pays les plus civilisés. Mais si dans quelques années FEspagne , rAllemagne^ et surtout Tltalie , cette terre des dieux , finissent par secouer le joug , elles formeront chacune une république fédérative. Que fera la république française une et indmsïble au milieu de ces trois fédérations , lorsque chacune aura vingt capitales f vingt centres de civilisation ^ et que la France n'en aura qu'une ? Ces pays se couvriront de routes , de canaux ; leur commerce, leurs manufactures s'étendront j leui*s capitaux s'augmenteront et circuleront avec une immense vélocité sous le régime de concurrence individuelle ; tandis qu'en France tout progrès sera aiTeté par la centralisation. Si l'on veut le progrès, ce n'est
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