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qui dit au fruit béni de ses chastes entrailles: Tu es mon fils; et le fils de la mère humaine est le même que le fils du père divin*. Enfin, Marie est mère de Dieu, c'est-à-dire, une pe* tite fille des hommes a droit à l'obéissance et aux hommages d'un Dieu. — Etonnez-vous donc que les peuples chrétiens l'honorent d'un culte éminent, qui ne peut avoir au-dessus de lui que l'adoration.
Messieurs, je crois vous entendre me reprocher d'avoir oublié mon sujet. J'avais promis de vous parler des grandeurs de Jésus, et voilà que ma parole est toute à sa mère. Pourtant, je n'ai pas fait fausse route, car c'est pour Jésusenfant que Marie est si grande, c'est de Jésusenfant qu'elle reçoit les plus vifs rayons de sa gloire privilégiée. Après avoir semé les prodiges sur le long chemin des siècles pour préparer la venue de son Fils, Dieu les concentre dans la ViergeMère; c'est par cette porte vivante, constellée des plus étranges merveilles, que le miracle des miracles, l'Enfant-Dieu, entre dans le monde. Je ne vous dirai pas les perfections
1. Cf. Summ. theol., 111 P., quaest. 35, A. biUtrum in Chrislo sint duœ filiationes?
A l VIK DE JÉSUS.
(jii'il possède dès les premiers instants de sa vie, nous les avons adorées ensemble; rappelons ici nos souvenirs*; ouvrons les yeux aux miraculeuses clartés qui illuminent la froide nuit de la nativité, et prêtons Toreille au cantique des anges : ce Gloire à Dieu au plus haut des cieux : d Gloria in altissimis Deo.
Gloire à Dieu! son règne, depuis longtemps annoncé et attendu, commence au berceau de Jésus-enfant. Rome et Bethléem se disputent l'empire du monde. A Rome, César Auguste a vu rentrer, Tune après l'autre, ses légions triomphantes. Il se croit le maître de l'univers et interprète en faveur du monstrueux pouvoir qu'il a fondé les oracles qui promettent à 1-d ville aux sept collines une éternelle domination. Vain rêve de l'orgueil aveuglé! L'empire des Césars n'aura qu'un temps. Ivre du sang des
1. Cf. Perfections de Jésus-Christ : spécialement 36 37, 38, SQ"»» conférences.
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martyrs, exécré des peuples opprimés, dépecé par les barbares, il abandonnera un jour sa capitale dévastée au monarque suprême. Ce monarque est à Bethléem; c'est là qu'il s'essaie à régner sur Tunivers.
Quoi donc? Un enfant, qui n'a pu trouver place dans les hôtelleries et que sa triste mère est obligée de coucher dans une mangeoire d'animaux après l'avoir enveloppé d'un pauvre lange, c'est le maître du monde? — Oui, Messieurs ; retable est son palais, la crèche son trône, le pauvre lange sa pourpre. Dans ce misérable état, il commence à exercer son pouvoir souverain et nous donne, en ceux dont il ravit ou épouvante les cœurs, comme une réduction de son règne universel.
Écoutez ce récit quej'emprunte à l'Évangile. Pendant que Jésus vient au monde, des bergers veillent sur une colline voisine de Bethléem à la garde de leurs troupeaux. Ils sont pauvres, l'enfant pauvre les a choisis pour être ses premiers adorateurs; et, parce qu'ils sont fils d'un peuple depuis longtemps habitué à la visite des anges, il leur envoie un messager céleste, dont la divine lumière les enveloppe et
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les frappe de terreur. <l Ae craignez pas, dil Fange ; je viens vous annoncer une grande joie pour vous et pour tout votre peuple. Un sauveur vous est né aujourd'hui dans la cité de David; c'est le Christ Seigneur. Et voici le signe auquel vous le reconnaîtrez; vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche : c'est lui. j> Et, tout à coup, se joignit à l'ange une foule de l'armée céleste, louant le Seigneur et chantant:r( Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. j>
Les anges se retirent; et les hommes de bonne volonté, au lieu de suspecter la merveille dont ils viennent d'être témoins, par horreur pour le mystère étrange qui leur est annoncé, se laissent entraîner vers le mystère parla merveille. — «Passons, disent-ils, jusqu'à Bethléem et voyons ce qui s'est fait.)) — Ils arrivent en hâte, trouvent Marie et Joseph, et l'enfant dans sa crèche, et reconnaissent la vérité de ce qui leur a été dit. Leur foi naïve est récompensée par des révélations que rÉvangile passe sous silence, mais qu'il laisse deviner, car tout le monde est dans l'admira-
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tion de ce que racontent les bergers ; et Marie silencieuse médite, dans son cœur, le premier effet des charmes et de la toute-puissance de son divin fils^ .
Les simples et les pauvres soni appelés; mais l'enfant de Bethléem a des ambitions plus grandes. Huit jours après sa naissance, il reçoit, en échange de son premier sang, le nom de Jésus, qui veut dire sauveur, et affirme ainsi les droits qu'il prétend faire valoir sur le monde entier. Les justes viennent bientôt reconnaître ces droits; ils n'ont pas besoin de signes extérieurs, habitués qu'ils sont à obéir avec une crainte respectueuse aux mouvements de l'Esprit-Saint. Un instinct divin, une parole intérieure les conduit dans le temple au moment où, selon la loi, Jésus s'offre au Seigneur dans les bras de sa mère. Le vieux Siméon reconnaît dans cet enfant obscur le promis de Dieu, il le prend, le presse sur son cœur, et entonne le cantique de l'ancien testament qui s'en va, pour faire place au nouveau : « Seigneur, renvoie en paix ton serviteur, car mes yeux ont vu le salut