‹ Exposition du dogme catholique (volume 2)Chapitre 17 sur 89 · I. liUC, cap. II · texte numérisé non relu

I. liUC, cap. II

7i VI K m; JKscs.

continuer le miracle slupédant d'iin enlanUjui eonfond par sa doclrine la science des sages?

Évidemmenl le monde sera profondément remué parce spectacle insolite, et le Fils de Dieu imposera avec d'autant plus de facilité l'autorité de sa mission que le contraste sera plus frappant entre son jeune âge et la grandeur des vérités qu'il annonce. Il ne peut plus y avoir à Nazareth que des années perdues.

Ainsi raisonne notre humaine sagesse, Messieurs; mais Jésus a d'autres desseins. Il lui faut encore dix-huit années d'ombre, de silence et d'humbles services, dix-huit années que l'Évangéliste résume en ces quelques paroles :

« Jésus descendit de Jérusalem avec ses parents, et il vint àNazareth, et il leur était soumis, et sa mère conservait toutes ces choses en son cœur; et Jésus croissait en sagesse. en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes^ »

La libre pensée, préoccupée de cette concision évangélique, s'efforce de remplir, par des suppositions, l'espace silencieux qui sépare la manifestation au temple de la vie publique. Celui-ci veut que Jésus ait trouvé dans ses

l. Luc, cap II. 51-52.

l'ouvrier. 75

voyages annuels à Jérusaleni l'excellente occasion de se former l'esprit, au milieu du concours des juifs et des judaïsanls de tout pays et de toute opinion ^ Celui-là fait intervenir le vieux prêtre Zacharie, père de Jean-Baptiste, et l'investit d'un préceptorat problématique^. Un autre invoque la nature, à la fois riante et grandiose, des maîtres ignorés auprès desquels Jésus apprend à lire et à écrire, l'étude solitaire, les livres de l'ancien testament, la poésie religieuse des psaumes, les prophètes et surtout Isaïe, les ouvrages apocryphes, entre autres celui de ce juif exalté qu'on appelle Daniel, l'influence du grave et austère Hillel, mort depuis cinquante ans, mais toujours vivant dans ses aphorismes ^ — Hypothèses gratuites et puériles, quand elles ne sont pas ridicules. Jésus n'avait à apprendre des hommes rien qui pût le préparer à l'étrange et sublime mission qu'il devait remplir plus tard. Il voulait étonner les auditeurs de sa parole apostolique, comme il étonna les sages du temple, et ceux qui con-

Page 1