Cf. Act., cap. m et iv
2. Notuiîi enim vobis facio, fratres, evangelium quod evangelizalum est a me, quia non est secundum hominem : neque enim ego ab homine accepi illud, neque didici, sed per revelationem Jesu Ghristi. (Galat., cap. i, 11-12.) Cf. I Cor., cap. XI, 23; cap. xv, 3, 10. Eph., cap. m, 3., Coloss., cap. I, 25.
3. Galat., cap. ii, 2. — Ego enim sum minimus aposiolorum... sive ego, sive illi; sic prnedicamus, et sic credidisLs.
J \X VIK lit JÉSUS.
la divinité du Christ, elles naissent de son baptême, elles se purifient du péché dans son sang, elles perpétuent son sacrifice, elles mangent sa chair, elles invoquent son Père, elles reçoivent son Esprit, elles respectent l'autorité qu'il a établie, elles observent ses commandements, elles pratiquent les vertus qu'il a prêchées par paroles et par exemples, elles attendent son jugement, elles espèrent la résurrection et la gloire qu'il a promises. Gomment! presque au lendemain de la mort du Christ, Jérusalem, Antioche, Rome, Corinthe, Éphèse, PhiHppes, Thessalonique,croientet professent l'Évangile, tel que nous le lisons aujourd'hui, et l'on voudrait nous persuader qu'il est dû à l'élaboration plusieurs fois séculaire de doctrinaires exaltés, qui viennent l'un après l'autre, et dont on s'obstine à taire les noms? Mais, Messieurs, quand cela ne serait pas démenti par les faits, le plus vulgaire bon sens nous dit que cela est impossible.
La doctrine évangélique n'est pas une collection d'enseignements juxtaposés sans liaison entre eux : c'est un ensemble de vérités qui se tiennent et se pénètrent, et, bien que le plan
n'en soit pas accusé par une méthode conforme à celle que Tesprit humain emploie pour exposer, il est facile de le découvrir et d'y constater l'empreinte de la plus haute sagesse.
Jésus-Christ, ainsi qu'il l'annonce lui-même, vient universaliser et perpétuer le royaume de Dieu, déjà commencé dans les âmes justes de l'ancienne loi. Il faut donc mettre la vérité, la vertu, la perfection, les moyens d'union avec Dieu à la portée de tous. Les révélations prophétiques, assez claires pour stimuler les espérances d'un peuple, sont trop obscures pour déterminer le mouvement général d'ascension qui doit soulever le genre humain. Elles viennent se fondre en un dogme lumineux et central, d'où l'esprit rayonne pour atteindre toute vérité, d'où part toute direction, d'où émane toute grâce, vers lequel convergent toutes les forces vives d'une vaste association. Ce dogme, c'est la divinité du Christ^ investi d'une mission rédemptrice.
Le Christ est Dieu, il nous élève par sa divinité jusqu'à son Père éternel et nous fait pénétrer au sanctuaire de la vie divine; le Christ
120 VIK IiK JKSU5.
esl rédempteur, il nous éclaire sur iiotro Irlande nature, notre origine commune, le malheur de notre chute, nos destinées, et nous révèle le jeu admirable des perfections infinies de puissance, de sagesse, de bonté, de justice, de miséricorde, dans le plan grandiose de sa providence. — Le Christ est Dieu, il a le droitde commander en maître, et ses préceptes sont d'autant plus efficaces qu'il les confirme par les exemples de sa vie humaine; le Christ est rédempteur, il a le droit d'attacher la vertu de la rédemption aux signes qu'il lui plaît de choisir, dussent-ils humilier notre orgueil et confondre notre raison. — Le Christ est Dieu, il possède la plénitude de la vie; le Christ est rédempteur, il communique sa vie à ceux qu'il a rachetés. — Le Christ est Dieu, il mérite l'amour suprême ; le Christ est rédempteur, il crée, en tous ceux qu'il a rachetés, un droit suprême à l'amour. — Le Christ est Dieu, il est un avec son Père et avec son Esprit; le Christ est rédempteur, il fait en lui-même l'unité de ceux qu'il a marqués de son sang, imbibés de ses mérites, pénétrés de son esprit ; unité entre eux et avec Dieu. — Le Christ est Dieu, toute
puissance lui a été donnée sur la terre et au ciel ; le Christ est rédempteur, il fonde sur la terre la société universelle des âmes, la gouverne par ceux à qui il communique son pouvoir souverain, et, finalement, lui ouvre les portes de la béatitude éternelle où se consomme le royaume de Dieu.
Quel plan magnifique! Messieurs, quelle admirable unité ! Et tout cela est dans l'Évangile! On prétend que cela s'est fait pièce à pièce, au gré de théologiens fantaisistes; mais autant vaudrait-il dire que la glorieuse cathédrale dont les voûtes nous abritent en ce moment a été construite sans plan, sans architecte, par le seul fait de simples manouvriers ajustant tant bien que mal, pendant un ou deux siècles, une pierre aune autre pierre. Qu'on ait créé ainsi la butte Montmartre, à la bonne heure, mais Notre-Dame, impossible. Tout édifice où s'accuse l'unité de plan révèle une intelligence. Si la doctrine évangélique n'est pas de Jésus-Christ, il faut qu'elle soit de quelqu'un. — Qu'on le nomme. — Jamais on ne me fera croire qu'un si bel esprit s'est perdu, dans un temps où l'on a pu mettre
122 VIE i)F Jésus.
des noms propres à des œuvres médiocrrv. Voilà qui est évident, Messieurs : Jésus- Christ a une doctrine; le fait et le bon sens le proclament. J'ajoute que cette doctrine est bien à îui, qu'elle est entièrement propre et oiiginale. Il n'est pas nécessaire, pour cela, que le Christ docteur ait enseigné des choses tellement nouvelles, qu'elles n'aient aucun rapport avec les vérités précédemment émanées de la sagesse divine et de la sagesse humaine. Sur ce point, les exigences delà critique me paraissent, je vous l'avoue, souverainement ridicules. Les dogmes de l'antiquité, plus ou moins enténébrés par les erreurs de l'esprit humain, sont une préparation providentielle delà vérité plénière que Dieu veut faire entendre au monde par la bouche de son Fils. Vouloir que le Christ n'en tienne aucun compte, c'est lui demander une doctrine imprudente et inacceptable. Les maximes des sages sont les cris de la nature droite exprimant l'éternelle loi du vrai et du bien : vouloir que le Christ les oublie, c'est lui demander une doctrine extravagante et monstrueuse. Nécessairement, toute vérité divine contenue à l'état de germe dans les
î.F Dcir,ii:i:i'.. \2'i
traditions religieuses de l'antiquité, toute maxime d'honnêteté et de justice, doivent se retrouver dans la doctrine évangélique. Le Christ docteur n'emprunte pas, il prend son bien pour lui donner sa forme parfaite; ce qu'on appelle un plagiat n'est qu'une légitime restitution de la lumière à sa source éternelle, un retour de la vérité communiquée à celui qui doit la retremper dans la vérité substantielle. Le Christ docteur s'est peint lui-même en ces quelques mots : ce Tout scribe qui a la science du royaume de Dieu est semblable au père de famille qui tire de son trésor les choses nouvelles et les choses anciennes. y> Les choses anciennes, ce sont les dogmes encore enveloppés d'ombres mystérieuses, le demi-jour des prophéties, le vague dessin des figures, les rites symboliques, les strictes règles du devoir ajustées à une nature imparfaite; les choses nouvelles, ce sont les révélations précises des plus hauts et des plus profonds mystères, l'éclatante manifestation de la réaHté espérée, les rites efficaces, les préceptes mieux connus quant à leur plénière application, les conseils de la perfection poussant aux actes héroïques
f2i vie oK JÉSUS.
et sublimes une nature exaltée par des grâces surabondantes.
Par exenfiple : le Dieu des anciens est un ouvrier grandiose et un maître terrible, dont on voit mieux la puissance et la justice que la bonté; Jéhovah, lui-même, dont le peuple juif chante les miséricordes, Jéhovah est si grand que toute âme vivante redoute son approche ; Jésus vient nous raconter les tendresses de son amour et nous apprend a le considérer sous les doux traits d'un père. Le Dieu des anciens ne révèle clairement que son immuable unité, tant il a peur des penchants idolàtriques de la nature déchue ; ce n'est qu'aux grandes âmes qu'il laisse soupçonner la mystérieuse pluralité qui anime son indivisible nature ; Jésus fait descendre avec lui du ciel la connaissance de la vie divine, et popularise la notion du Dieu trois fois saint : Père, Fils et Saint-Esprit.
L'humanité pécheresse attend un libérateur ; on en voit la promesse même dans les traditions les plus défigurées. Les prophètes de Juda annoncent sa venue, ils l'appellent l'envoyé, le' juste, le saint, le Dieu avec nous. Jésus recueille les désirs, les promesses, les oracles de
LE LOCTliUR. 125
quarante siècles. Pourquoi? Pour les expliquer a la manière des maîtres en Israël? Non, mais pour déclarer que la possession succède aux désirs, la réalité aux promesses, qu'il est luimême le libérateur attendu, Tenvoyé, le juste, le saint, le Dieu avec nous, vrai fils de Dieu égal à son père, une seule chose avec lui. Et ce qu'il déclara, il le prouve par des œuvres dans lesquelles se manifeste, avec une évidence surnaturelle, le bras du tout-puissant. Le genre humain, en quAte de sa rédemption et de son salut, ne doit pas aller plus loin que lui. 11 est tout ce que les nobles âmes, tout ce que les inspirés du ciel ont demandé et annoncé : € Seigneur, disaient-ils, envoie-nous ta lumière \ y> — Il est la lumière du monde : Ego sum lux mundi ^ — a. Conduis-nous dans la voie droite. » — Il est la voie : Ego sum via ^. — « Enseigne-nous la vérité. » — Il est la vérité : Ego sum veritas ^. — « Tu sauveras ma vie de la corruption. & — U
\. Joan., cap. viii, 12.
^. Joan., cap. xiv, 3.