‹ Exposition du dogme catholique (volume 2)Chapitre 28 sur 89 · Joan., cap. vu · texte numérisé non relu

Joan., cap. vu

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La critique moderne prétend isoler de la personne du Christ les hauts et profonds enseignements que l'Église propose à notre foi. Que Jésus ait été un délicieux rabbi^ d'une figure ravissante et d'un caractère aimable, un moraliste charmant, traduisant, en un langage figuré et éminemment populaire, les aphorismes de la vieille sagesse judaïque, les exagérant quelquefois en les faisant passer par son âme impressionnable, on y consent ; mais il est bien entendu qu il n*a jamais eu de doctrine, si l'on entend par là un ensemble de dogmes, un système de vérités mystérieuses qu'il faut croire, sous peine de demeurer dans les ténèbres de l'esprit et de compromettre son éternel salut. Bref, le symbole catholique n*est point Touvrage du sage dont la libre pensée reconnaît la grandeur et admire les vertus : c'est le produit d'esprits divers et d'efforts successifs, une compilation lente, un arrangement laborieux, une transformation habile de vérités et d'enseignements dispersés dans les livres sacrés des

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religions antiques et dans les œuvres des philosophes. Il n'est aucun des dogmes catholiques, aucun des mystères qui s'imposent sous le couvert de ces dogmes, dont on ne puisse retrouver le germe ou l'équivalent en quelque fable, rêverie, spéculation, maxime^des siècles antérieurs. Admettons qu'une robuste patience et une admirable adresse ont présidé k la confection de la doctrine dont l'És^lise catholique revendique le monopole et proclame la divinité, mais que ce soit la doctrine du Christ , — jamais.

Messieurs, voilà un jamais bien audacieux et bien aventuré.

Si la critique moderne veut prendre la peine de lire attentivement l'Évangile, elle y verra que Jésus-Christ parle constamment de sa doctrine, de ses commandements, des vérités auxquelles il est venu rendre témoignage, de la lumière qu'il apporte au monde, de la foi qu'on doit à sa parole. Elle entendra l'affirmation solennelle de sa filiation divine, vérité fondamentale autour de laquelle se groupent tous les dogmes. Suspecte-t-elkl'Évangile, craint-elle pour les discours du

Christ les profanations de je ne sais quel obscur interpolateur? Qu'elle interroge les temps apostoliques.

C'est au nom de Jésus-Christ que les apôtres commencent leur prédication ; ils se donnent comme les témoins de ses vertus, de ses prodiges, de ses discours; ils annoncent partout sa parole, qu'ils appellent la parole de Dieu*. Saint Paul déclare tenir sa doctrine de Jésus- Christ lui-même ^ ; cette doctrine, confrontée avec celle des autres apôtres, n'en diffère sur aucun point'; elle vient donc d'une même source. En effet, comparez-la à l'Évangile, vous la retrouverez tout entière dans les disr cours de celui que les disciples appelaient le Maître. C'est de cette doctrine évangélique que vivent les églises primitives. Elles adorent

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