Luc, ibid
4. Ipse Christus fuit causa suae passionis et morlis : poterat enim suam passionem et mortem impedire. Primo quidem adversarios reprimendo, ut eum aut non vellent, aut non posseiit interficere. Secundo, quia spiritus ejus habebat poteslatem conservandi naluram carnis suse, ne a quocumque Ia3sivo inflicto opprimeretur. Quod quidem habuit anima Christi, quia erat Verbo Dei conjuncta in unitate personce : ut Aug. dioit in 4 de Trinit. Quia ergo anima Christi non repulit à propria corpore nocumentum illatum, sed voluit quod natura corporalis illi nocumento
24i VIE DE JÉSUS.
valets du grand-prêtre s'avancent pour le saisir; ils ne le prendraient pas, s'il ne le voulait. « Qui cherchez- vous? y> dit-il — Jésus de Nazareth. — C'est moi. d Ce seul mot ]c> repousse et les renverse. Rien de plus facile à lui que de s'en aller tranquille et fier^cornma au jour où il traversait la foule tumultueuse qui voulait le précipiter du haut d'une colline; Eh bien, non : il attend que ceux qui viennent le prendre se relèvent, et montrant ses disciples : « Si c'est moi que vous cherchez, dit-il, laissez ceux-là s'en aller \ y> En maître souverain, il livre et il délivre. Il livre sa propre vie ; il délivre celle de ses amis. Même livré, il pourrait encore se protéger contre la mort. Nous en avons pour preuve la manière dont il fortifie miraculeusement son corps au milieu dcb plus atroces tourments.
d La croix, y) disait, à la tribune romaine, un orateur illustre flétrissant les infamies de Verres, « la croix est le plus cruel et le plus ter-
succumberet, dicitur suam aniniam posuisse vel voluntarie mortuus esse. (Summ. theol., III P., quaest. il, A 1, 6.) 1. Joan.,cap. p.xviii. 4-8.
rible des supplices * ». Cependant, un homme robuste, passant de la prison au gibet, pouvait résister à ce supplice pendant de longues heures, même pendant plusieurs jours. Ce n'est pas dans ces conditions que Jésus est crucifié; on a même le droit de s'étonner qu'il pût Têtre vivant, quand on voit les formidables assauts que lui livre la douleur, au cours de sa passion. Manifestement, son corps sacré ne se soutient que par un miracle à chaque instant renouvelé. A la grotte de Gethsémani, il agonise et va mourir noyé dans la sueur de sang qu'il a répandue , mais il se relève avec tant d'énergie que les privations et les mauvais traitements qu'il va subir ne le pourront abattre. Déchiré par les verges, épuisé par le fleuve de sang qui ruisselle de toutes parts, il est encore debout, là où les autres tombent à terre et expirent.
Il porte lui-même l'instrument de son supplice; les douleurs et l'épuisement delà flagellation, renouvelés quand on lui arrache violemment ses vêtements collés à sa chair ensanglantée, ne lui font rien perdre des forces qu'il