‹ Exposition du dogme catholique (volume 2)Chapitre 67 sur 89 · I.Crudelissimumteterrimumque supplicium. (Cicero, in · texte numérisé non relu

I.Crudelissimumteterrimumque supplicium. (Cicero, in

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veut garder pour mourir. On attend de sa poitrine haletante un dernier souffle, el c'est par un cri innmense, semblable au cri d'une foule, qu'il annonce son trépas.

Je vous le confesse, Messieurs, il m'est impossible de n'être pas ému jusqu'au fond des entrailles, chaque fois que je contemple la force surhumaine avec laquelle le Christ supporte la surabondance de ses douleurs. Cet admirable spectacle donne à ma foi une surnaturelle vigueur.

Comment ne pas reconnaître que Jésus est maître de la vie? Il en modère les flots, il les renouvelle à mesure qu'ils s'épuisent, jusqu'à ce qu'il lui plaise de les laisser échapper d'un seul coup. Entouré de tant de miracles dans cette sanglante catastrophe où périt mon Sauveur, je sens qu'il ne meurt que parce qu'il le veut bien, et je m'en rapporte à la parole qu'il a prononcée devant son juge : « Tu l'as dit, je suis le fils de Dieu. y>

Du reste, ma confession n'est pas une conséquence tardive des prodiges qui éclatent dans la passion du Sauveur; elle s'unit à celles qui retentissent sur le GolROlha. — A la vue du trem-

blementde terre et de l'obscurcissement du ciel, en entendant le cri puissant qui s'échappait de la poitrine du Christ mourant, le centurion et une foule de spectateurs rassemblés au pied de la croix furent pris d'une religieuse frayeur, et, frappant sur leur cœur, ils s'écrièrent : « Cet homme était vraiment le fils de Dieu : i> Vere filins Dei erat iste ^

En pouvons-nous douter, Messieurs, lorsque les ennemis du Sauveur eux-mêmes, inconséquents comme tous ceux que la passion aveugle, reconnaissent sa miraculeuse puissance au milieu des blasphèmes et des injures qu'ils vomissent : « Il a sauvé les autres, disent-ils, et il ne peut pas se sauver lui-même *. » Insensés ! Puisqu'il s'est montré maître de la santé et de la vie, pourquoi la vie refuserait-elle de lui obéir en son propre corps, où il en connaît, mieux que partout ailleurs, les défaillances ? Ne voyez-vous pas qu'en mourant il fait sa volonté et accomplit cette parole qu'ont recueillie jadis vos oreilles infidèles : « Personne ne peutm'enlever

i. Matlh., cap. xxvii, 5i.

2. Alios salvosfecit, seipsum non potest salvum facere, (Matlh., cap.xxvii, 42.)

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îa vie, c'est moi qui la dépose k montré :DA'<?mo tollit animam meam a me, sed ego pono eam a meipso^.

Messieurs, n'y eût-il pas autour du Christ mourant la démonstration des miracles que je viens défaire passer sous vos yeux, son altitude seule témoignerait en faveur de son affirmation, car son attitude est le plus grand des miracles de sa passion.

Se résigner sans bassesse, être fort sans ostentation, voilà ce qu'on attendrait en vain d'un homme, s'il n'est soutenu que par sa propre nature; car la nature humaine, abandonnée à ses propres forces, ne sait pas être ferme entre ces deux extrêmes : l'abattement et la fierté, dès qu'elle se sent menacée par une mort violente. Vous chercheriez en vain, dans l'antiquité, un héros qui n'ait exagéré la démonstration de son courage en face des tourments, en vain un innocent qui n'ait protesté d'une manière superbe devant, ses juges et ses bourreaux. Régulus maudissait Garthage et la menaçait des vengeances romaines. Socrate, debout de-

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