Voyez les textes cités plus haut
Saint Justin, dans son Apologie, parle de l’imitation du baptême, de l’offrande du pain et du calice dans les mystères paiens. Origène suit pas à pas le philosophe Celse et réfute l’accusation .de plagiat qu'il . faisait peser sur le Christianisme. (Lib. VI, Contra Celsum). Les premiers apologistes connaissaient mieux que nos modernes philosophes la date des mystères paiens. 115. n’eussent pas osé affirmer qu'ils n'étaient pour la plupart qu’une contrefaçon des rites sacrés des Juifs et des Chrétiens, s’il eût été facile de prouver leur antériorité. Aussi, Tertullien, dans son Apologie, proclame-t-1l hardiment que les mystères du paganisme ne sont qu'une conspiration diabolique contre la vérité : « Omnia enim adversus veritatem de 1psa veritate constructa sunt, operantibus æmulalionem 1stam spiritibus erroris.(Apolog.,cap. 47.)
Jésus-Christ. Si le rationalisme ne croit pas à ce fait, qu'il s’instruise. Je ne puis raisonner avec lui sur des conclusions, du moment qu'iln'admet pas le principe d’où elles émanent. S'il admet ce principe, qu'il prenne rang parmi les héréliques qui rejettent en totalité ou en partie les sacrements, et avec lesquels nous avons à débattre notre question de certitude.
Jusqu'au seizième siècle, l’Église n'avait eu à défendre les sacrements que contre des hérétiques obscurs ou contre des attaques partielles dont elle eut facilement raison ; mais le protestantisme lui imposa la rude tâche de repousser l'assaut général qu'il livra à tout l'édifice sacramentel. Après avoir perverti le dogme de la srâce, dans laquelle 1] ne voulait plus voir un écoulement de la vie divine, mais une simple imputation de la justice et de la sainteté, 1] ne sut plus que faire des signes sacrés par lesquels Dieu se communique à nous, et crut que le meilleur moyen de s’en débarrasser était de nier effrontément leur institution divine. Il ne garda donc du sacré septenaire que ce qu'il ne pouvait pas répudier sans outrager trop ouvertement l'Écriture : Le Baptème et l'Eucharislie,
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dont 1] interpréta à sa manière la nature et les effets ; et, pour le reste, il accusa l'Église d’avoir donné à des rites de son invention l'autorité et la puissance de signes divins.
Mais, l’Église était fortement armée contre cette accusation. Remontant à la source divine d'où les sacrements reçoivent leur efficacité, elle pouvait montrer le Christ ordonnant à ses apôtres de baptiser les nations «au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ! » ; promettant cet Esprit à tous ceux qui devaient eroire en lui 3; transformant le pain et le vin en son corps et en son sang, et disant à ses apôtres : « Faites ceci en mémoire de moi*:; » leur donnant le pouvoir de remettre les péchés ὁ; les envoyant, dans les villes et les bourgades de la Judée, annoncer l’évangile du salut et oindre les infirmes pour les guérir ὃ; les choisissant comme les ministres de sa parole et de sa grâce; et