Érant autem perseverantes in doctrina aposto
na
pécheurs et les réconcilier avec Dieui, prier sur les infirmes et les oindre de l'huile sainte au nom du Seigneur?, étendre leurs mains fécondes sur ceux qui se prosternent à leurs pieds pour devenir comme eux les ministres de la grâce, proclamer la sainteté des noces chrétiennes, du sacrement « qui est grand dans le Christ et dans son Église #. » Ce ne sont point des riles qu'ils inventent, c’est un ministère qu'ils accomplissent, au nom du Dieu dont la providence ne pouvait pas être moins libérale et moins magnifique pour les enfants du Christ que pour les enfants d'Abraham. Jéhovah avait daigné donner à l’ancienne loi des sacrements
lorum, et communicatione fractionis panis. (Act., cap. 11, 42.)
1. Multique credentium veniebant confitentes et annuntiantes actus suos. (/bid.,cap. xx, 18.)
2. Infirmatur quis in vobis? Inducat presbyteros Ecclesiæ, et orent super eum, ungentes eum oleo in nomiue Domini : Et oratio fidei salvabit infirmum, et alleviabit eum Dominus : et si in peccatis sit, remittentur ei. (Jacob., cap. v, 14-15.)
3 Admoneo te ut ressuscites gratiam Dei, quæ est in te per impositionem manuum mearum. (II. Tim., cap. 1, 6.)
4. Sacramentum hoc magnum est, ego autem dico in Christo et in Ecclesia. (Ephes., cap. v, 8%.)
imparfaits; le Christ, auteur de la loi nouvelle, ne pouvait pas moins faire, puisqu'il s'agissait d'enrichir l’Église de sacrements parfaits. «C’est lui qui nous les a donnés, disent les apôtres; ne voyez en nous que ses ministres et les dispensateurs de ses grâces : Sc nos existimel homo ut ministros Christi et dispensatores mysleriorum De. »
Entre leurs mains bénies, le dépôt sacramentaire est complet, et passe inviolable et toujours respecté aux générations qui les suivent. Parcourez les livres des docteurs, organes de la tradition chrétienne, vous y rencontrerez au moins une mention pour tous les sacrements.
S'ils n’en dressent pas le catalogue comme le fit plus tard la théologie, si les nécessités de leur polémique avec les hérétiques Les obligent d’insister sur tel sacrement, plutôt que sur tel autre, ils n'en oublient aucun. Je n'abuserai pas de votre attention en vous citant leurs témoignages, mais Je les tiens à votre disposition. Quand vous voudrez, vous pourrez en prendre connaissance et les vérifier ?. Ils aboutissent à
2. Tertullien, dans le texte que nous avons cité plus baut, à propos ds mystères païens, désigne claire-
cette conclusion écrasante pour le protestantisme : que, depuis les temps apostoliques,
ment trois sacrements : le Baptème (tingüt) ; la Confirmation (stgnat in frontibus milites suos); l'Eucharistie (celebrat et panis oblationem). Il a écritun livre entier sur la Pénitence. Dans son livre des Prescriptions, cap. 41, il parle des ordinations mal réglées des hérétiques : « Alius hodie Episcopus, cras alius : hodie Diaconus, qui cras lector : hodie presbyter, qui cras laicus. » Liv. IT ad Uxorem, cap. 8, il parle ainsi du mariage chrétien : « Unde sufficiamus ad enarrandam felicitatem ejus matrimontui, quod Ecclesia conciliat, et confirmat oblatio, et obsignat benedictio; angeli renuntiant et Pater ratv habet. »
Voici les témoignages de saint Augustin : « Si adhuc valet quod dictum est in Evangelio, Deus peccatorem non audit, ut per peccatorem sacramenta non celebrantur, quomodo exaudit homicidam deprecantem vel super aquam Baptismi, vel super Oleum, vel super Æucharistiam, vel super capita eorum quibus manus imponttur? Quæ omnia tamen fiunt et valent etiam per homicidas... in 1058 intus Ecclesia. » (Lib. V, De Baptismo, cap. 20, n° 28.)
« In hoc unguento sacramentum Chrismatis vultis interpretari, quod quidem in genere visibilium signaculorum sacrosanctum est sicut ipse Baptismus. » (Lib.:IT Conf. Petil., cap: 101. δ το Sup he verba Psalm. Tanquam unguentum in capte).
« Qui priusquam recederentordinati sunt, non utique rursus ordinantur, sed... Sacramentum ordinationis suæ gerunt, et ideo eis manus inter laïcos non imponitur. » (Lib. I, De Baptismo, cap. 1, n° 2.)
« Procul dubio sacramenti res est, ut maset fæmina
l'Église a toujours cru avoir reçu du Christ les sept signes immuables par le moyen desquels il . nous communique sa grâce. Ils sont tellement divins, qu’elle n'en peut créer aucun autre, ni rien changer aux éléments essentiels de ceux qu'elle ἃ reçus. Sans doute, elle revendique le droit de les rendre plus augustes et plus respectables par des cérémonies capables d’exciter notre piété, et elle ne craint pas de venger ce droit par l’anathème, contre quiconque le mé-
connubio copulati quamdiu vivunt inseparabiliter perseverent. » (Lib. 1, De Nuptiis, cap. 10, n° 11.)
« Matrimonti triplex bonum, proles, fides, sacramentum. » (Lib. IX, De Genest ad litteram. cap. ?, n°12.)
Il n’est aucun des Pères qui n’ait parlé du Baptéme et de l’Eucharistie. Tertullien, le pape Corneille, saint Cyprien, font mention de la Confirmation qu'ils distinguent du Baptème. Origène et Tertullien ont traité de la Pénitence, contre les Montanistes et les Novatiens, saint Jean Chrysositome, saint Epiphane, saint Jérôme, Optat de Milève, saint Augustin et tous ceux qui ont écrit contre les Donatistes et Aerius ont établi la vérité, et ont vengé la dignité du sacrement de l'Ordre. Origène, Victor d’Antioche, saint Chrysostôme, parlent de l’Extrêéme-Onction. Saint Ignace martyr, Tertullien, saint Justin, Athénagore, appellentde Mariage une chose sacrée, un sacrement. Nous reviendrons sur ces témoignages, lorsque nous traiterons de chaque sacrement en particulier.
prise !; mais, avec les saints docteurs, elle confesse que «le Prêtre suprême est seul maître des sacrements qui nous donnent sa vie, » et elle s’écrie: « Auctor sacramentorum quis est, nisi Dominus Jesus 37 Quel est l’auteur des sacrements, si ce n’est le Seigneur Jésus ? »
Le protestantisme ἃ fait de vains efforts pour trouver dans les Églises schismatiques des complices de sa fureur de détruire. Tous les eucoioges grecs, arméniens, orientaux, étaient d’accord avec les plus vieux sacramentaires des Latins ὃ, Et, quand il essaya de faire adopter aux
1. Declarat sacro sancta synodus, hanc potestatem perpetuo in Ecclesia fuisse, ut in sacramentorum dispensatione, salva eorum substantia, ea statueret vel mutaret, quæ suscipientium utilitati, seu ipsorum sacramentorum venerationi magis expedire judicaret. -(Conc. Trid., sess. 21, cap. 11.)
Si quis dixerit receptos et approbatos Ecclesiæ catholicæ ritus, in solemni sacramentorum admimistra tione adhiberi consuetos aut contemni, aut sine peccato a ministris pro libitu omitti, aut in novos alios per quemcumque Ecclesiarum pastorem mutari posse ; anathema sit. (Sess. 7. De sacram., in genere Can. XIII.)
2. 5. Ambr. (Lib. De Sacrament., cap. 4.) 3. Un des plus puissants témoignages en faveur de. la perpétuité de la tradition touchant le nombre et l'institution divine des sacrements est l'accord de
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patriarches de Constantinople la confession d'Augsbourg, l’un d'eux, Jérémie, lui répondit: « Il y a dans l'Église de Dieu sept sacrements, ni plus, ni moins. » S'il triompha un instant des viles complaisances de l’intrus Cyrille Lucar, elles aboutirent bientôt à la complète déroute de ses intrigues, car elles provoquèrent cette
l’Église grecque et de l’Église latine. L'Église grecque n’eût pas manqué d’accuser l'Eglise latine c’innover, et réciproquement, si l’une d’elles eut ajouté un seul signe aux signes sacrés institués par le Christ et transmis traditionnellement. |
Renaudot, dans son ouvrage de la Perpétuité de la Foi de l’Église catholique sur les sacrements (tome V), démontre que toutes les sectes chrétiennes d'Orient admettent sept sacrements, qu’elles appellent mystères. Les noms diffèrent : le Baptême est appelé bain sacré ou régénération; la Confirmation, myron ou chrème; la Pénitence, canon, l'Eucharistie, oblation; l'Extrême- Onction, onction des malades; l'Ordre, consécration des évêques ou des prêtres ; le Mariage, couronnement des épouses ; mais, à tous ces mystères, les Orientaux attribuent absolument les mêmes effets que nous attribuons à nos sacrements.
Cf. Martène : De antiquis ritibus Ecclesiæ, Lib. quatuor. Allas : De perpet. Occident et Orient Fecles. consensione, lib. tres.
Serpos : Compendio storico dimemorie cronologiche concernanti la religione et la morale della nazione Armena, vol. III, Venez, 1736. Assemani : Biblioth. orcent.
solennelle protestation du synode de Jérusalem: « Anathème à Cyrille Lucar, le fabricateur de nouveaux dogmes ! Anathème au menteur, qui prétend qu'il n’y ἃ pas sept sacrements institués par Jésus-Christ, transmis par les apôtres et consacrés par la perpétuelle pratique de l’'Église 11»
Vous venez d'entendre, Messieurs, la grande voix de la tradition. Ce n’est pas la soudaine explosion d’un bruit inattendu, qui se fait à travers Les siècles, c'est un écho. — Lorsque, dans les vallées sonores où tombent les eaux de la montagne, vous entendez, à dix-huit cents mètres de distance, le bruit de leur chute transmis par les ondes mobiles de l'atmosphère, votre âme se transporte auprès des cataractes, et il vous semble les voir se précipiter du haut des rochers dans le lit des torrents. Un spectacle analogue, mais bien autrement grandiose, ré-
1. Anathema Cyrillo nova dogmata fabricanti, et credenti non esse ex institutione Jesu Christi, neque ex apostolica traditione, praxique perpetua, septem Ecclesiæ sacramenta, baptismum scilicet, etc. Sec mentienti duo tantum ἃ Christo in Evangelio fuisse tradita baptismum scilicet et eucharistiam. (Syn. Hierosol. celeb. an 1672.)
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jouit l’âme chrétienne, lorsqu’à travers les ondes mobiles de la tradition où respire sa foi, elle entend, à dix-huit siècles de distance, le bruit que fait en tombant sur la terre la vie de Dieu. Elle voit s’entr'ouvrir Le sein du Christ, et contemple, avec un amoureux respect, les sept cataractes divines qui s’en échappent et se précipitent pour sanctifier les âmes : le Baptême, la Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’'Extrème-Onction, l'Ordre et le Mariage.
Le sacrement est un signe institué par Jésus- Christ. C'estune vérité si bien établie, quel’Église a cru devoir la défendre solennellement ‘. Cerlaine de cette haute et noble origine, l’âme chrétienne s'ouvre déjà au respect et à la confiance; mais combien plus, Messieurs, si nous
1. Si quis dixerit sacramenta novæ legis non fuisse omnia à Jesu Christo Domino nostro instituta; δαί esse plura vel pauciora quam septem, videlicet baptismum, etc... Aut etiam aliquod horum septem non esse vere et proprie sacramentum; anathema sit. (Conc. Trid., sess. VII, De Saer. in genere, can. 1.)
considérons les sacrements comme des signes sacrés.
Tout ce que Dieu a fait est sacré, parce que tout ce que Dieu a fait nous rappelle son être, sa vie, ses perfections. Le ciel raconte sa gloire, la terre lui envoie autant d'hymnes quil y ἃ d'êtres vivants sur ses montagnes, dans ses vallons et dans ses plaines, sous les voiles transparents et mobiles dont les ruisseaux, les rivières, les fleuves et les mers enveloppent leurs habitants. Les plus humbles de ces signes sacrés sont pleins de merveilles, et le langage des fleurs n’est pas moins propre que celui des astres à élever nos esprits et à toucher nos cœurs. Par combien de formes gracieuses, étranges, superbes, ces charmantes filles de la terre réjouissent nos regards! Quelle richesse de tons et de nuances dans les couleurs dont elles parent leurs feuillages et leurs corolles ! Quelle variété dans leurs parfums! Et, quand on étudie de plus près le chaste mystère de leur hyménée au fond des coupes embaumées où il se cache, leurs organes mutilés et leurs tissus déchirés par les mains impitoyables du savant, les affinités de leurs vertus multiples avec nos besoins et nos infirmités,
qui peut se retenir, s’il n'est aveugle et sans cœur, d’adorer et d'aimer celui qui les a créées? « Quand vous rencontrerez une fleur, disait saint Paul de la Croix à ses frères en religion, demandez-lui : Qui es-tu? — Elle vous répondra : — Je suis la voix qui annonce la puissance, la sagesse, la bonté, la providence de mon grand Dieu! »
« La nature, dit saint Basile, est comme un livre toujours ouvert, dont les caractères témoignent et publient la gloire de Dieu. » En un mot, Messieurs, la nature entière est une chose sacrée, un vaste sacrement; et, dans la nature, l’homme est plus sacré que tous les êtres, car, plus que tous, 1] est la vivante image de celui qui l’a créé, plus que tous, 1] rappelle la puissance, la sagesse, la bonté, la sainte providence Ne ou,
Mais souvenez-vous bien, je vous prie, que les grandeurs de notre nature, qui nous confieurent au type divin et nous révèlent son éternelle beauté, ne sont pas le dernier terme de l'action de Dieu à notre endroit. Nous sommes destinés à une plus glorieuse et plus parfaite ressemblance de notre être avec son auteur,
résultant de la pénétration intime de la vie même de Dieu. Et, parce que c’est du sacrement que nous vient cette pénétration, cette ressemblance, nous l’appelons sacré par-dessus tous les signes visibles qui nous rappellent les mystères divins, sacré au delà de toute expression: Sacrosanctum, sacrosaint.
Ecoutez notre saint Thomas : « Le propre du sacrement, dit-il, est d’être ordonné à signifier notre sanctification, dans laquelle on peut considérer trois choses : la cause même de la sanctification, qui est la passion du Christ; la forme de la sanctification, qui consiste dans la grâce et Les vertus ; La fin de la sancüfication, qui est la vie éternelle. Or, le sacrement signifie ces trois choses. Fi est un mémorial de ce qui s’est fait pour notre salut; il démontre ce qui se fait en nous par la passion du Christ; il prophétise notre gloire future ! ».
1. Sacramentum proprie dicitur quod ordinatur ad significandam nostram sanctificationem : in qua tria possunt considerari, videlicet ipsa causa sanctificationis nostræ, quæ est passio Christi; et forma nostræ sanctificationis, quæ consistit in gratia, et virtutibus ; et ultimus finis sAnctificationis nostræ, qui est vita æterna. Et hæc omnia per sacramenta significan-
Que de signes augustes nous rappellent le Verbe incarné et immolé pour nous ! La crèche sanctifiée par les attouchements de son corps d'enfant, berceau de ses premières humiliations et de ses premières douleurs; la maison de Nazareth, sanctuaire de ses prières, de sa vie d'ouvrier, de ses épanchements intimes avec Marie et Joseph ; le rocher sur lequel 1] a répandu la sueur sanglante de son agonie; l’escalier qu'il a gravi et du haut duquel 1] fut montré au peuple ; la colonne où il fut flagellé; les verges qui ont labouré sa chair; la couronne qui à déchiré son front; les clous qui ont transpercé ses mains et ses pieds; la lance qui ἃ ouvert son cœur; l'inscription qui proclamait sa royauté; la croix qu'il ἃ abreuvée de son sang ; le suaire qui a enveloppé sa chair inanimée ; le sépulere où 1] attendit sa résurrection! — Nous nous empressons pour vénérer ces saintes reliques; elles ont passionné des générations fer-
tur. Unde sacramentum est et signum rememorativum ejus quod præcessit, scilicet passionis Christi, et demonsirativum ejus quod in nobis efficitur per Christi passionem, scilicet gratiæ, et pronosticum, idest prænuntiativum futuræ gloriæ. (Summ. Theol. ΠῚ P., quæst. 00, ἃ. 3.)
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ventes, qui affrontaient la mort afin de s’en assurer la possession. Et cependant, Messieurs, je vous le dis sans exagération, aucune n'égale en dignité le plus petit de nos sacrements; aucune ne nous rappelle avec autant d'autorité la cause de notre sanctification.
Le sacrement condense en un seul signe tous les souvenirs éparpillés sur les objets sacrés que notre foi vénère. Il imite, en se déterminant, le mystère fondamental dont dépendent les mérites du Sauveur. « La parole, dit saint Augustin, 581sit un élément sensible, et le sacrement est fait : A ccedit verbum ad elementum, et fit sacramentum * ». Ainsi, la parole éternelle, le Verbe, est devenu l’homme-Dieu, en 5.15 ssant et en unissant à sa personne sacrée les éléments infirmes de notre nature 3. Configuré, par sa matière et sa : forme, au Verbe incarné, le sacrement s’imbibe de sa divine vertu. Tous les mérites que le Sau-