Zn Joan. Tract. LXXX, post med
2. Sacramenta possunt considerari ex parte causæ $ nctificantis quæ est verbum incarnatum, cui sacramentum quodammodo conformatur in hoc quod rei sensibili verbum adhibetur ; sicut in mysterio incarnationis carni sensibili est Verbum Dei unitum. (Summ. Théeol., I P., quæst. 60, a. 6.)
LA NATURE DES SACREMENTS 91 veur a moissonnés à Bethléem, à Nazareth, dans le cours de sa vie publique, au jardin de Gethsémani, au prétoire, sur le Golgotha, 1] 165 contient, il nous les présente, non seulement pour que nous y croyions, mais pour qu'ils nous soient appliqués. Le sacrement est fait! Cela veut dire : « Souviens-toi, chrétien, qu'un Dieu s'est incarné, ἃ souflert et est mort pour koi. Le sacrement est iait! Ouvrez vos âmes, car le Christ est là, tout prêt à répandre sa gTàCe. »
Que 415-16, Messieurs ? Le sacrement ne nous laisse pas attendre. Par cela même qu'il est fait et que notre âme est ouverte, il nous indique qu'une mystérieuse transformation s’est accomplie en nous, et que nous sommes devenussacrés, autant que peut l'être une créature. Soit que la grâce succède au péché, soit qu'elle se greffe sur la justice acquise, c’est la vie de Dieu qui nous envahit et nous perfectionne, à l'instant même où le sacrement se détermine ; et, par sa déterminalion, il nous révèle et le don essentiel que Dieu nous ἃ fait de sa propre sainteté, et les vertus qui en découlent pour perfectionner les puissances de notre âme, et le secours spécial que Dieu
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ajoute à ces vertus afin que nous puissions attendre la fin propre de chaque sacrement !,
Donc, si le sacrement est une ablution, 1] nous apprend que notre âme purifiée reçoit une vie nouvelle, et, qu'ensevelie dans la mort du Sauveur, elle est pénétrée d’une toute-puissante vertu qui doit la faire mourir à ses vices et lui permettre de faire honneur, comme membre, au corps mystique de Jésus-Christ. — Si le sa-
1. Gratia secundum se considerata perficit essentam animæ, inquantum participat quamdam similitudinem divini esse : et sicut ab essentia animæ fluunt ejus potentiæ, 1ta ἃ gratia fluunt quædam perfectiones ad potentias animæ, quæ dicuntur virtutes, et dona, quibus potentiæ perficiuntur in ordine ad suos actus. Ordinantur autem sacramenta ad quosdam speciales effectus necessarios in vita christiana ; sicut baptismus ordinatur ad quamdam spiritualem regenerationem, qua homo moritur vitis, et fit membrum Christi; qui quidem eflectus est aliquid speciale præter actus potentiarum animæ : et eadem ratio est in aliis sacramentis. Sicut igitur virtutes, et dona addunt super gratiam communiter dictam quamdam perfectionem determinate ordinatam ad proprios actus potentiarum; ita gratia sacramentalis addit super gratiam communiter dictam, et super virtutes, et dona, quoddam divinum auxilium ad consequendum sacramenti finem. Et per hunc modum gratia sacramentalis addit super gratiam viriutum, et donorum. (Summ. Theol.,TIT P., quæst. 62, a. 2.)
LA NATURE DES SACREMENTS 99 crement est un jugement et une sentence, 1] nous apprend que les fautes dont notre cœur contrit ἃ fait l'aveu sont pardonnées et effacées par le sang du Calvaire, οἱ qu'une grâce de résurrection va se joindre à nos efforts pour prévenir nos rechutes.— Si le sacrement est une nourriture, il nous apprend que la chair d’un Dieu devient le pain de nos âmes et travaille ἃ nous unir à la divinité, comme elle-même lui est unie. — Si le sacrement est une oncion, il nous apprend que la grâce guérit nos infirmités spirituelles, comme l'huile nos infirmiltés corporelles; qu'elle assouplit et fortifie les puissances de notre âme, comme l'huile assouplit et fortfie les membres des athlètes, afin que nous puissions triompher dans les suprêmes combats que livre le démon à notre vie défaillante. — Si le sacrement est une imposition de mains, 11 nous apprend que l’Esprit- Saint pénètre nos âmes, comme le fluide humain pénètre les organismes sympathiques à son action; qu'il en est la lumière et la force, et que, pour les besoins de la société chrétienne, il affermit et féconde les ministères sacrés. —
Eulin, si le sacrement esi un contrat, il nous J
apprend que Dieu se donne à ceux qui s’unissent, comme ils se donnent eux-mêmes l'un à l’autre, et qu'il veut être l'indissoluble lien de leur union.
Indications sublimes, couronnées par une sublime prophétie.-- Le sacrement nous montre, au terme de toutes les grâces qui sanctifient, l’éternelle félicité qui en est le prix. N’est-il pas dit que les élus, « rassemblés autour du trône de Dieu et chantant le ravissement sans fin qui les enivre, sont ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau‘?» Ce sang de l'Agneau, il est dans tous les sacrements; se baigner dans ses flots, c’est déjà prendre possession du ciel.
Vous comprenez, Messieurs, pourquoi l’on dit du sacrement qu'il est un signe sacrosaint. J'ai justifié mon appellation, et, du même coup, J'ai convaincu d'injustice et d'ineptie le rapprochement que je vous signalais tout à l'heure et dont le rationalisme s’autorise pour nous accuser de plagiat. Non, l’Église n’a rien emprunté aux mystères du paganisme; car, s'il-y a, entre nos sacrements et les pratiques des fausses re-