Cf. Summ. Theol., 118 1 P., quæst. 139. De
dono fortitudinis.
LA CONFIRMATION | 209 sure de devoirs el de services où se contente la justice naturelle ne suffit pas à celui que PEsprit-Saint possède. Il doit être empressé, agile, généreux au culte de son Père céleste et au service de tous ceux en qui il reconnait son image et ses traits ἷ..
Et, parce que notre nature est pleine d’instincts, d’appétits, de passions ennemies de la piété par laquelle s’accomplit toute justice, l'Esprit-Saint fait planer sur ce bas peuple, toujours prêt à se révolter, la crainte de Dieu : crainte d'un juge sévère, qui ne laisse aucun mal impuni; mais, plus encore, crainte d’un rémunérateur magnifique, äont on ne peut, sans folie, s'exposer à perdre les éternels bienfaits; plus encore : crainte d’un père tendre, dont l'âme amoureuse ne veut pas être séparée; plus encore : crainte du bien suprême, dont rien ne doit offenser l'infinie perfection ?. | Le voilà, Messieurs, ce septenaire sacré de lumière et de force que le prophète annoncaït
1, Cf. Summ. Theol., 115. IIæ P., 121. De dono ptetate.
20 Summ, Lheol.;-Ile Ie P., quest. 19.:De dono timoris.
au monde, et que l'Église demande pour ceux qu'elle veut faire passer de l'enfance à la virilité chrétienne. Toutes les vertus surnaturelles que nous avons reçues de Dieu, toutes les habitudes intellectuelles et morales que nous tenons de la nature en sont saisies, pénétrées, et, pour me servir du mot sacramentel: confirmées. La raison spéculative voit mieux, la raison pratique se décide plus vite et va plus droit, les passions sont plus réglées, et mieux contenues; la foi est plus éclairée, l'espérance plus ferme, la charité plus vive, la prudence plus sûre, la force plus confiante, la justice plus ample, la tempérance plus austère ὁ. Ce n’est point encore le complet épanouissementdela virilité chrétienne, auquel nous pouvons arriver par nos bonnes œuvres, mais c'estl’âge où elle commence. Cet âge est déterminé par ün caractère ineffaçable qui consigne en quelque sorte les dons de l’Esprit-Saint. Si ces dons ne sont pas tellement inhérents que nous ne puissions les perdre par nos prévarications, nous n’aurons cependant pas besoin de les demander de nouveau au Pontife qui