Cf. Summ. Theol., 18 11 quæst. 68. De Donus
LA CONFIRMATION 261 nous les ἃ donnés; le caractère sacramentel les rappellera. chaque fois que, par le repentir, nous déblaierons ce mystérieux canal qu’encombrent nos péchés. C’est par là que l’Esprit-Saint s'assure des retours en nos âmes inconstantes, par là qu'il donne aux effets de la Confirmation une perpétuité que leur refuse notre fragilité.
Α queloffice de la vie chrétienne ces effets sont-ils ordonnés? C’est ce que je vais vous dire, Messieurs, si vous voulez bien m'entendre encore quelques instants.
Le Saint-Esprit, qui nous est donné par le sacrement de Confirmation, n’est point un hôte nouveau de notre âme déjà sanctifiée par le sacrement de la régénération. Nous avons dit, en parlant du Baptême, que le Christ nous y communique sa plénitude, que sa plénitude est l'Esprit-Saint, dont la présence et les dons font de notre naissance spirituelle une fête de lumière. À quoi bon un‘nouvel appel à celui que nous possédons déjà ? À quoi bon une nouvelle effusion de ses dons, puisque notre âme ne pou-
vait pas être régénérée sans en être ornée ?
Enfin, pourquoi ce double emploi d'une même grâce ?
A ces questions, Messieurs, l'Église répond par un seul mot : l’Esprit-Saint nous est donné dans la Confirmation, pour nous fortifier : ad robur. N'est-ce pas à lui qu'il appartient d’accroître et d’affermir la vie dont il estle principe. et ne faut-il pas qu'il se donne avec plus d’abondance, au moment où le chrétien commence à comprendre qu'il va vivre au milieu d’un monde ennemi de sa foi ? « Nous allons sortir de nous même, dit saint Thomas, car l'enfance ne vit que pour 801 ; et, en sortant de nous-mêmes, nous entrons en communication avec le dehors, non point pour y mener une vie tranquille, mais une vie de combat. Il est donc nécessaire que vous soyons armés pour celte lutte spirituelle, et ce n’est pas trop que la plémtude de grâce qui convient à l'âge parfait s’ajoute à la plénitude initiale qui nous ἃ engendrés surnaturellement. » Par le Baptème, nous sommes
1: In hoc sacramento datur,plenitudo Spiritus Sancti ad robur spirituale, quod competit perfectæ ætati. Homo autem cum ad perfectam ætatem pervenerit, incipit jam communicare actiones suas ad alios, antea vero quasi singulariter sibi ipsi vivit. (Summ. Theol., ΠΕΡῚ quæst.72, 42.)
D es nee
puriliés, par la Confirmalion. nous sommes fortifiés. Par le Baptème, nous sommes sauvés de la mort, après le Baptème, nous sommes confirmés dans la vie. Dans le Baptême, la plénitude de l’Esprit-Saint nous donne l'innocence, dans la Confirmation, elle nous donne la perfection. Le Baptême nous fait entrer dans la paix du Christ, la Confirmation nous arme et nous équipe pour le combat ; le baptisé est inscrit ἃ l’état civil de la société chrétienne, où l’on doit prendre les recrues de l’armée du ‘rist : le confirmé entre au service actif de cette ar- mée.* Bref, Messieurs, le Baptême nous ré- fère au Christ comme ses sujets, la Confirmation, comme ses soldats.
Rappelez-vous 101 les deux belles définitions que nous ἃ données saint Thomas : « Le confir-
1. In baptismate homo ad militiam recipitur et in - confirmatione confirmatur ad pugnam. In fonte baptismatis Spiritus Sanctus plenitudinem tribuit ad innocentiam in confirmatione autem perfectionem ad gra- -tiam ministrat.In baptismo regeneramur ad vitam, post baptismum ad pugnam confirmamur. In baptismo abluimus, post baptismum roboranmur. Regeneratio ‘ per se salvat in pace bap‘ismum recipientes ; confirmatio armat et instruit ad agonas. (Melchiad. pap. epist. ad Episcopos Hispaniæ.)
mé reçoit le pouvoir de protester en faveur de la vérité par la solennelle profession de sa foi. — Le confirmé reçoit le pouvoir de soutenir et d’engager le combat contre les ennemis de sa [οἱ ΄. » Être soldat, voilà l'office auquel sont ordonnés l'accroissement de vie, le redoublement de dons, la singulière physionomie et puissance du caractère que nous recevons dans le sacrement de plénitude et de perfection. Soldats! écoutez-moi bien. Je vais vous expliquer le mystère de votre enrôlement, et vous rappeler votre devoir, que vous avez peut-être oublié.
Vous avez été présentés au Pontife, c'est-àdire à celui qui possède la plénitude du sacerdoce et trône aux premiers rangs de la sainte hiérarchie; car, ce n'est point aux ouvriers, mais à ceux qui les dirigent qu'il appartient de donner à un édifice sa dernière perfection; ce n’est pas aux officiers subalternes, mais aux officiers supérieurs, qu'il appartient de former οἱ d'organiser une armée. Soldats du Christ nous ne pouvons prendre place parmi les défenseurs officiels de la sainte cause, que sur l'appel et