‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 14 sur 65 · Kxod., cap. m · texte numérisé non relu

Kxod., cap. m

?. S. Aiilt.. lib. I, I)i' fide et sijiiibolu.

dans la création qu'il tire, non de sa propre; substance, mais du néant; dans la création, œuvre libre de son amour infini, de sa suprême sagesse, de sa souveraine et toute-puissante volonté.

Le sens religieux veut que ce Dieu soit le maître des maîtres, le roi des rois : il l'est. Le dogme catholique nous le montre faisant tout ce qu'il veut, sans qu'aucune puissance puisse s'opposer à ses décrets, et rien faire sans son concours ou sa permission. Son trône est au sommet des cieux, et des myriades d'esprits l'entourent, le bénissent et obéissent à ses ordres. Assez puissants pour nous servir et nous faire du bien, trop bons pour nous séduire et détourner du droit chemin nos adorations.

Le sens religieux veut un Dieu bon. — Le Dieu du dogme catholique est la bonté même. Il veut le bien de sa créature, et il le veut avec amour. 11 est père, non pas à la manière du Dieu froid et immuable de la raison, qui, après avoir enfanté l'humanité, n'a pas d'autre office providentiel que de la regarder et de la laisser faire; mais il se penche vers elle, écoute ses prières et les exauce, mettant sa souveraine

puissance au service de ceux qui l'implorent.

Les lois générales n'embarrassenl pas sa paternelle bonté; car il a déterminé à l'avance les effets qui devaient se produire, l'ordre et les causes de leur provenance; il a fait de la prière une cause morale ordonnée avec les causes physiques, une loi générale qui tient une place immense dans l'harmonie du monde. Loin de troubler l'économie de son gouvernement, elle n'est elle-même que l'accomplissement normal et prévu de ses éternels desseins. Il fera des miracles, s'il le faut, pour exaucer nos prières et nous prouver son amour, et, surtout, pour nous venir en aide aux heures sinistres de l'infortune et de la souffrance. Le rationalisme nous dit : « Si notre nature est faite pour souffrir, elle est faite aussi pour se plaindre à Dieu de la souffrance, et trouver dans cette plainte un soulagement, un encouragement1. » Petite consolation! — Le dogme catholique nous promet davantage. Il nous promet une effusion mystérieuse de la bonté

1. Jules Simon, La religion naturelle, quatrième par- Ile, chap. i.

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divine dans nos âmes : la grâce, dont [a vertu nous pénètre d'une saiftte énergie et noue donne le courage de porter vaillamment le poids de l'adversité; la grâce, dont l'onction apaise le trouble de nos passions trop violemment agitées par les tempêtes de la douleur. — Que dis-je? — Le Dieu du dogme catholique ne se borne pas à agir dans nos âmes, il a voulu parler à nos sens. Pour cela, il a pris notre nature, avec notre nature nos infirmités, avec nos infirmités tous les maux dont nous sommes accablés en cette misérable vie. On Ta vu pauvre, méprisé, persécuté, maudit, maltraité, couvert de plaies, mourant sur un gibet. A tous ceux qui contemplent son image adorée il peut dire : « Mon fils, j'ai souffert pour t'apprendre à souffrir, tu ne souffriras jamais autant que moi. J'ai souffert pour préparer ma gloire et la tienne, si tu sais souffrir comme moi. »

Messieurs, ce Dieu souffrant nous amène au point culminant où le dogme catholique répond aux plus étranges aspirations du sens religieux. — Je vous ai dit, tout à l'heure, « que l'homme religieux aspire à des rapprochements

qui mettent Dieu, non 'seulement à la portée de son âme, mais à la portée de ses sens ; qu'il s'attriste cle le savoir trop loin de lui; qu'il voudrait le voir, le toucher, l'entendre parler, recevoir de sa bouche la confidence clés secrets que ne peut lui apprendre la nature, connaître ses volontés et être sûr qu'il marche sous ses ordres clans les voies du vrai et du bien. » Or, tout cela se réalise par le mystère de l'Incarnation, dont le dogme catholique affirme la réalité, et nous fait connaître les augustes dépendances. Un Dieu, longtemps cherché par l'humanité, s'est enfin approché d'elle. Sans altérer son éternelle et incorruptible nature, « il s'est fait homme comme nous, dans une chair réelle et vivante ; Verbum caro factura est. 11 a habité parmi nous : Habitavit in nobls1. Il a vécu comme nous : Cura horaiuibus couversatus est 2. » Et ceux qui ont eu le bonheur de vivre avec lui nous disent : « Nous l'avons entendu, nous l'avons vu de nos yeux, nous l'avons observé attentivement, nous l'avons

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