‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 13 sur 65 · Cousin, Du vrai, du beau et du bien, page · texte numérisé non relu

Cousin, Du vrai, du beau et du bien, page

clans les affaires humaines, car il est enchaîné

parles lois générales qu'il a établies et auxquelles il ne peut rien changer ; toute exception à ces lois est un miracle, et le miracle est un l'ait monstrueux qui déshonore l'immutabilité divine. — Elevons-nous jusqu'à lui tant que nous pouvons, mais gardons-nous de croire qu'il puisse se rabaisser à notre niveau et se mesurer à notre petitesse, ne serait-ce que pour nous prouver son amour, car il n'y a rien de plus insensé que de supposer un Dieu qui n'explique rien dans le monde, à force de ressembler au monde. — Purifions notre culte, mais que ce culte n'ait pas d'autre prêtre que nous-mêmes, et n'emprisonnons pas les honneurs que nous rendons à Dieu dans les rites d'un culte positif. L'homme est libre de s'exprimer avec Dieu comme il l'entend, et, en définitive, le meilleur de tous les cultes est d'être honnête homme1.

Tout cela veut dire, Messieurs, que le rationalisme réduit au minimum nos rapports avec

1. Jules Simon, La religion naturelle, quatrième partie : Le culh', passim.

70 AMEN DU Sï'NS REl [OIEDX.

Dieu. Or, le sens religieux, tel que noua l'avons constaté et étudié d'après 838 manifestations,

ne peut pas se cou tenter de ce minimum. Aussi les apôtres de la religion naturelle sontils obligés d'avouer que si a leur philosophie est faite pour quelques-uns, elle ne suffit pas au genre humain1. »

Le genre humain, c'est le grand client de la divinité, plus intéressant à ses yeux que la caste superbe des philosophes qui prétendent trouver dans la raison la règle absolue, définitive et parfaite, de notre commerce avec Dieu. Le genre humain, c'est lui que Dieu doit et veut contenter dans les plus communes exigences et aussi clans les plus étranges aspirations du sens religieux, parce que ces exigences et aspirations sont d'origine divine ; et c'est pour cela qu'il lui a donné une doctrine divine, sous la direction de laquelle le sens religieux s'achemine à une plénière satisfaction.

Écoutez donc, Messieurs, les appels du dogme catholique.

\. Cousin, Premier* essais de Philosopln'<\ p. 13.

Le Dieu qu'il nous propose est bien celui ({lie cherche le sens religieux. — Il est par nature l'invisible, l'impénétrable, l'incompréhensible, l'indéfinissable, mais il est. Il est l'être même, selon sa propre parole : Ego sum qui sum1; l'être vrai, l'être sans mélange, l'être de source : esse verum, esse sincerum, esse (jermanum2; l'être plein, car tous les êtres imaginables sont en lui ; ils y sont parfaits dans leur ensemble, et parfaits sur chaque ligne du bien et de la perfection. Il est l'être unique, l'unité même, mais l'unité féconde qui remplit de vie son propre sein. Je vous l'ai montrée plus d'une fois cette vie circulant éternellement dans le ternaire sacré des personnes iniinies qu'on appelle Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu l'Esprit-Saint, tous trois un seul Dieu; je n'ai plus à vous en dire les merveilles. Mieux que tous les dieux imaginés et définis par l'esprit humain, le Dieu du dogme catholique est l'infini réel et vivant. — Il ne relient pas en lui l'être et la vie, il les répand

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