I Joan., cap. i
AMEN DU SENS RELIGIEUX. , i
quelle il a dit : « Qui t'écoute m'écoute, qui te méprise me méprise ' ; je suis avec toi jusqu'à la consommation des siècles2. » — L'Église est une dépendance toujours vivante de l'incarnation, et comme un prolongement du Dieu visible qui est venu nous révéler les secrets du ciel, nous faire connaître la doctrine et les volontés de son Père. En croyant les mystères que l'Église enseigne, et en obéissant à ses ordres, l'homme peut être sûr de marcher sous la conduite du Dieu qui, par le rapprochement de l'incarnation, a comblé les vœux de sa religiosité, et de suivre le chemin de la vérité et de la justice.
Que s'il s'en écarte par sa faute, il n'est plus condamné au mystérieux et cruel tourment des coupables, qui, jadis, ne savaient comment apaiser la colère du ciel, et bannir la crainte de leur cœur. Au pécheur confus et I ivmblant le dogme catholique montre la croix, et sur cette croix une victime divine, sacrifiée
1. Qui vos audit me audit, qui vos spernit me spernit. (Luc, cap. x, 16.)
2. Ecce ego vobiscum sumusque ad consummationem Bîeculi. (Matth., cap. xxvm, 20.)
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pour tous les crimes du genre humain. Il 5 dans cette victime une surabondante rédemption applicable à tous les pécheurs repentants,
et la justice de Dieu, rassasiée par ses souffrances et par sa mort, ne peut plus refuser le pardon à qui l'implore par les mérites d'un Dieu immolé.
Mais écoutez, Messieurs, voici le comble de la merveille, la consommation des vœux et aspirations du sens religieux. La même doctrine, qui nous affirme qu'un Dieu s'est fait humain pour se rapprocher de l'homme, nous enseigne que l'homme devient divin, en tous ses actes religieux et en toute sa personne, par la médiation de ce Dieu anéanti.
Rendre nos actes sacrés dignes de l'infinie majesté cle celui que nous adorons et implorons, ce n'est pas une prétention extravagante depuis qu'un Dieu s'est introduit dans la famille humaine. Il en est la tête auguste et glorieuse, nous dit le dogme catholique, et c'est par lui que s'établit, en lui que circule le courant religieux qui, de la terre au ciel, du ciel à la terre, fait monter et descendre les choses sacrées. Sa nature humaine, ouverte par l'u-
nion divine aux communications du monde incréé, s'ouvre d'elle-même aux communications du monde créé et s'offre par son exquise perfection au choix de Dieu. C'est pourquoi Dieu l'a pris pour son prêtre, prêtre éternel et universel: € Juravit Dominus, tu es sncerdos in mternum1. » Il y a sous sa dépendance une hiérarchie sacerdotale ; elle ne le remplace pas, et n'est qu'un intermédiaire entre lui et l'humanité religieuse; c'est lui qui reçoit les choses sacrées de cette humanité pour les donner à Dieu. Il montré à nos prières le chemin qu'elles doivent prendre pour arriver au ciel : ce chemin, c'est lui-même. Tous nos hommages et nos vœux doivent passer par son amc sacerdotale et être marqués de son nom, si nous voulons plaire à la majesté infinie du Dieu qui les attend, et émouvoir sa miséricordieuse bonté. — Parfait adorateur, parfait suppliant, le Christ est encore parfait sacriiicateur. A la fois prêtre4 et victime, il se livre lui-même comme une hostie sainte-; réconcilie les pé-