‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 17 sur 65 · X(I AMEN I- RELIGIEUX · texte numérisé non relu

X(I AMEN I- RELIGIEUX

cheurs avec Dieu \ el devient, pour tous ceux qui s'unissent d'un cœur soumis à son action sacerdotale, la cause du salut éternel*. Sa morl cruelle et sanglante ne se renouvelle pas, pai qu'il y a mis sa perfection infinie; mais son ingénieuse bonté trouve le moyen démultiplier des millions de fois, sans douleur et sans effusion de sang, le sacrifice qu'il offre el que nous offrons avec lui au Seigneur, afin de le consommer par l'union intime du genre humain, delà victime et de Dieu. Homme religieux, sois content. Tous les actes sacrés dont tu désirais la perfection sont divinisés, parce qu'ils passent par le prêtre divin, Jésus-Christ : Per Dominum nostrum Jesum Christum.

Et maintenant, Messieurs, voici le mouvement de retour. — En réponse à nos actes divinisés par le Christ, Dieu fait descendre du Christ en nos âmes sa propre vie; et pour nous donner la certitude de cette intime effusion, il permet au sens religieux de se satis-

1. Complacuit per eum reconciliare omnia. (Coloss., cap. 1,19.)

2. Factus est omnibus obtemperantibus sibi causa salutis reternœ. (Heb., cap. v, 9.)

faire par des signes qui sont comme l'inscription faite sur notre chair des mystères dont notre âme est l'invisible sanctuaire. Les aspirants et les initiés des mystères antiques cherchaient dans des signes sacrés des témoignages extérieurs de leur religieuse servitude et le principe d'une vie meilleure. Le dogme catholique nous promet dans les sacrements un caractère indélébile, qui s'imprime dans l'âme, la modifie, et lui donne une physionomie divine à laquelle Dieu reconnaît son enfant, son soldat, son ministre, et, dans le lit sacré que creuse le caractère, un fleuve de vie qui n'est autre que la vie même de Dieu. Un sacrement nous dit que nous sommes engendrés à cette vie; un sacrement, qu'elle s'est accrue, fortifiée, perfectionnée dans nos âmes ; un sacrement, que nos fautes sont pardonnées et que notre âme pécheresse a recouvré son innocence; un sacrement, que la grâce a effacé jusqu'aux derniers restes de notre vie coupable. Mais, ce qui achève notre communion à Dieu : un sacrement nous donne Dieu lui-môme, Dieu en personne, le Dieu qui s'est anéanti et sacrifié pour nous, et qui veut bien devenir

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la nourriture de notre âme el le gage de notre gloire future.

Vous comprenez, Messieurs, qu'il ne fallait

rien moins qu'un tel gage pour l'éternel avenir que nous montre le dogme catholique au delà de cette vie. Car l'avenir de l'homme religieux c'est le bonheur sans fin dans la vision directe, la possession immédiate et la jouissance comme infinie du Dieu qui a dit : Je serai moimême ta récompense grande au delà de tes prévisions et de tes désirs : Ego ero mêmes tua, magna, nimis l. C'est l'enivrement de toute notre nature en des délices inénarrables, qui feront tressaillir éternellement notre âme et notre chair ressuscitée dans le Dieu vivant : Cor meum et caro mea. exultaverunt in Deum vivum*.

0 commerce sublime de l'homme avec Dieu! 0 union intime et profonde! 0 vraie, vraie, vraie religion !

Et Ton nous dit que cette religion ne vaut pas la religion naturelle, ce parce que la reli-

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