‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 27 sur 65 · I. Psalm. XIII · texte numérisé non relu

I. Psalm. XIII

150 ami:\ DE LA vu: MORALE.

pecter son nom sacre, s'appliquer au culte de

sa majesté sainte, honorer les chefs de famille, être juste et chaste en ses actions et ses désirs,

véridique en ses paroles, — la conscience avait dit toutes ces choses, mais il importait que, troublée par les sens et les passions, elle les entendît venir du dehors, afin de prévenir le mortel assoupissement qui menaçait le genre humain.

Manifestation sublime, mais pourtant insuffisante de la loi divine, puisqu'elle ne s'adressait qu'à un peuple privilégié. Le dogme catholique nous révèle une merveille plus grande encore : la réalisation du vœu qu'exprimait le prophète lorsqu'il s'écriait : — ce Etablissez, Seigneur, un législateur sur les peuples, afin qu'ils sachent qu'ils sont hommes1. » — Ce législateur est venu, nous l'appelons le Verbe fait chair, vrai fils de Dieu et vrai fils de l'homme. Par sa bouche de chair il a enseigné la doctrine de son Père, de sa bouche de chair il a fait descendre, sans

1. Constitue, Domine, legislatorem super eos, ut sciant gentes quoniam hommes sunt. (Psalm. XIII.)

éclairs et sans foudres, un décalogue qui, confirmant mieux que celui de Moïse la loi éternelle et intime de la conscience, s'adressait, non plus à un peuple choisi entre tous les peuples, mais à tout le genre humain.

Ainsi donc, Messieurs, l'autorité de Dieu inscrivant mystérieusement sa loi au livre de la conscience, confirmant sa loi par des manifestations extérieures, parlant ensemble à notre âme et à nos sens, investissant notre nature de toutes parts, s'imposant au dedans et au dehors; l'autorité de Dieu créateur, maître suprême, père, frère et ami, telle est, d'après le dogme catholique, la première assise de la vie morale. Vous n'en trouverez nulle part de semblable. — Mais allons plus avant.

Notre divine doctrine nous enseigne que le Dieu créateur qui nous a donné sa loi, en même temps que l'être et la vie, est un Dieu providence dont la souveraine puissance pénètre partout. Il opère en toutes choses : et comme un aimant qui attire à lui les actions de tout être dont sa bonté est la lin suprême, el comme principe et premier moteur de l'or-

152 amen nrc la vie MORALE.

cire clans lequel sont agencées toutes les causes, et comme perpétuel conservateur de L'être qui

agit, et comme propulseur cl soutien des forces en action; il opère donc en nous : en tous nos actes physiques, intellectuels et moraux. Dans l'ordre moral, son pouvoir n'est pas seulement indicatif et dirigeant par l'autorité de la loi, il est agissant et secourait1 par sa coopération; nous avons besoin de lui pour faire le bien.

L'orgueil philosophique a beau dire : « A Deo hetbemus quod homines sumus, a nobis ipsis quod justi sumus : Nous tenons de Dieu la nature qui nous fait hommes, mais nous ne devons qu'à nous-mêmes notre justice. » On peut lui répondre avec le grand Augustin : « Que dites-vous là, vous qui cherchez à vous tromper vous-mêmes? Quid dicitis, qui vos ipsos dicipitis1 ? » Non, ce n'est pas par vousmêmes que vous êtes et que vous pouvez être justes. Si vous examinez et sondez votre nature, vous aurez bientôt constaté qu'elle ne va pas d'un mouvement spontané et tranquille à

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