‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 29 sur 65 · Video meliora proboque, détériora sequor. (Ovid · texte numérisé non relu

Video meliora proboque, détériora sequor. (Ovid

2. Quare posuisti me contrarium tibi, et factus sum mihimetipsi gravis? (Job, cap. vu, 20.)

3. Non enim quod volo bonum hoc facio, sed quod nolo, nialum hoc ago.... Video aliam legem in membris meis repugnantem legi mentis mère.... Infelix homo! quis me liberabit de corporo mortis hujus? (Rom., cap. vu, 19, 23, 24.)

154 IMEN Dr-: LA vu: MORALE.

bien, permettez-moi de vous le dire : ce n'est pas grand'chosc que votre justice.

A la lumière du dogme catholique, l'homme

découvre la source du mal qui affaiblit en lui le sens moral, et contrarie le mouvement de sa volonté vers le bien : il est déchu. L'équilibre de la nature intègre qu'il tenait originairement de la libéralité du Créateur a été rompu par la prévarication du père de la race humaine, et, en vertu des lois de la transmission, il ne reçoit plus aujourd'hui, de lacté qui l'engendre, qu'une nature appauvrie, languissante et enfiévrée, privée des dons surnaturels qui faisaient partie de sa constitution native, et blessée dans ses dons naturels. D'où il suit que les passions, originairement contenues par la raison et soumises à l'autorité absolue du libre arbitre, se portent avec une aveugle impétuosité vers les objets qu'elles convoitent, et finissent, si elles ne sont vigoureusement réprimées, par prendre sur la raison un funeste empire qui nous rend souvent impuissants contre leurs sollicitations. Divinement éclairé sur cet affligeant mystère de déchéance, le chrétien se défie de lui-

même et comprend la nécessité de la lutte et du combat, dont paraissent ne pas se douter ceux qui, exagérant l'excellence et la puissance de la nature, mettent uniquement en elle le principe de la justice1. Sentant sa faiblesse, il fait appel à la puissance secourable dont il a besoin pour bien faire : « O Dieu, s'écrie-t-il, venez à mon aide : Dcus, in ndjutorium meum intende ; Seigneur, hâtez-vous de me secourir : Domine, ad adjuvandum me festina. »

Ce secours de Dieu, Messieurs, le dogme catholique nous le promet dans tous les combats et les périls de la vie morale, mais surtout dans l'état critique où nous met le péché. Devenu coupable envers Dieu, envers ses semblables, envers lui-même, l'homme or-

1. Naturaliste nulla adhibita iis rébus fide, quas Deo auctore cognovimus, parentem generis humani negant doliquisse; proptereaque liberum arbitrium nihil viribus attenuatum et inclinatum putant. Quin immo exagérantes nàturse virtutom et excellentiam, in ea principium et normam justifiai unice collocantes, necogitare quidein possunt, ad sedandos illos impetus regendosque appetitus assidua contentione et summa opus esse constantia. (Léo. XIII, Encyc. . Ilumanum genus, 20 apr. -1S84.)

gucillcux, qui ne croit qu'à la puissance; do la nature, peut tenter une réhabilitation, mais qui lui dira qu'il l'a obtenue, et que Tordre moral troublé par ses prévarications est rétabli par un nouvel accord avec tout ce qu'il a offensé? Je défie le pécheur le plus osé de se créer une certitude sur ce point délicat et mystérieux. Or, le dogme catholique nous la donne cette certitude, en faisant intervenir la miséricorde divine dans une rédemption dont Dieu lui-même est l'ouvrier, et dont l'homme peut s'appliquer les mérites par des actes réparateurs, qui lui assurent le pardon et l'oubli de ses fautes et renouvellent ses forces pour le bien.

La loi et le secours de Dieu, voilà assurément deux solides fondements de la vie morale, mais ils ne suffisent pas pour l'établir définitivement et assurer l'accomplissement du devoir; il leur faut une sanction, c'està-dire une réponse éternelle à ces deux questions : — Qu'adviendra-t-il si l'homme obéit à la loi de Dieu et profite de son secours? Qu'adviendra-t-il s'il méprise l'une et l'autre? — Je vous l'ai dit, Messieurs, les philosophies et

les religions ne donnent à ces deux questions que des réponses insuffisantes, dérisoires, vagues, incertaines1. Ceux-ci prétendent « que la vertu qui se pratique pour elle-même est plus pure que celle qui vit clans l'attente d'une récompense2 » ; ceux-là « que dans toutes nos actions le droit égal de tous doit être notre règle de conduite, sans autre espoir que l'approbation de nos semblables, sans autre crainte que celle de perdre notre dignité humaine*. » Telle doctrine menace le pécheur d'un anéantissement qui se résoud en impunité, et offense à la fois la justice et la sainteté de Dieu ; telle autre le promène en des régions chimériques où rien ne se conclut pour lui. Il en est qui écartent les mystérieuses questions d'avenir, comme « accablantes pour l'esprit, curieuses seulement pour l'imagination, impossibles à résoudre, inutiles à soulever. » Les plus sages n'y répondent que par des pe?//être. Rien de clair, rien de précis, rien de cer-

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