‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 52 sur 65 · TABLES · texte numérisé non relu

TABLES

CENT TROISIEME CONFERENCE

Après l'étude des détails du sublime édifice de la parole de Dieu, le symbole, il est bon de résumer dans un dernier et profond regard les impressions reçues et de se préparer à ce cri suprême de l'âme vaincue par la splendeur et la force de la vérité : Amen ! — L'orateur, à la fin de sa carrière, demande à ce dernier mot du symbole une sorte de synthèse de tout son enseignement. — Et d'abord, Amen de l'intelligence. 1° Le dogme catholique prévient les recherches de l'intelligence humaine et l'affermit dans la possession des vérités fondamentales dont elle ne peut se passer et qu'elle peut connaître par ses propres forces. — "2° Le dogme catholique grandit l'intelligence humaine, en la transportant dans les régions supérieures d'une science inaccessible à la nature. — Conclusion : L'intelligence humaine lui doit un Ainen qu'elle ne peut refuser sans s'amoindrir et sans déchoir. I. 1° L'intelligence humaine demande impérieusement une réponse à ces trois questions : — D'où venons-nous? — Qui sommes-nous? — Où allons-nous? — La vérité sur ces questions n'est pas innée; il faut la chercher. — Difficultés de cette recherche. — Le dogme catholique vient au-devant de nos recherches et répond : Tu viens

de Dieu; — Tu es l'image de Dieu; — Tu vas à Dieu. — Le petit livre des enfants. — 2° Prévenue dans ses recherches, L'intelligence humaine se sent affermie dans la possession des vérités fondamentales par le caractère même de l'enseignement qui les lui impose. — La masse du genre humain, qui n'a ni le temps, ni la capacité de chercher, n'a ni le temps, ni la capacité d'entendre d'une manière profitable pour son intelligence les élucubrations de la raison. — Affirmations discordantes des savants. — Notre affirmation dogmatique.

— Son unité et sa stabilité. — Ces caractères lui viennent de la parole de Dieu. — L'intelligence ne peut que répondre Amen aune affirmation divine. — II. Le dogme catholique grandit l'intelligence à ce point que toutes les connaissances qu'elle peut acquérir par ses propres forces sont moindres, en comparaison des splendeurs surnaturelles qui l'illuminent, que les lumières d'emprunt dont nous nous servons pour dissiper les ombres, en comparaison du soleil qui inonde l'espace de ses rayons. — Preuve de cette affirmation dans l'examen des trois grands objets de notre connaissance : — 1° Dieu,

— 2° L'homme, — 3° Le monde, — considérés à la lumière de la raison et à la lumière du dogme catholique.

— Dans cette dernière lumière tout est trop grand et trop beau pour n'être pas divin, trop divin pour n'être pas vrai : Amen ! — Réfutation de deux objections qui nous contestent notre assentiment. — Cet assentiment ne peut être orienté du côté des superbes, des faux savants et des faux sages, ce serait nous amoindrir et déchoir. — Esprits illustres qui ont su marier la science humaine à la science divine. — Nous pouvons marcher sans honte sur les traces de ces devanciers, — Notre Amen doit être dans nos cœurs l'expression d'une conviction profonde.

— Dans notre bouche la généreuse et publique protestation de notre foi contre les clameurs de l'impiété.

CENT QUATRIÈME CONFÉRENCE

En toute nature humaine l'instinct intellectuel est accompagné du sens religieux ou religiosité : besoin et faculté de se mettre en rapport avec Dieu d'une manière positive et efficace. — 1° On constate dans cette conférence l'existence du sens religieux, et Ton étudie ses exigences et aspirations. — 2° On prouve que ces exigences et aspirations ne sont et ne peuvent être pleinement satisfaites que dans la direction donnée au sens religieux par le dogme catholique, — I. Analyse du sens religieux d'après saint Thomas. — Les anciens, qui appelaient l'homme un animal raisonnable pour le distinguer des êtres inférieurs, n'ont pas manqué de définir en lui sa tendance naturelle vers un être supérieur en l'appelant animal religieux : homo animai religiosiun. — L'histoire humaine justifie cette appellation, — Cicéron, — Plutarque, — Platon. — Il est évident que le sens religieux se révèle dans le monde humain par des manifestations constantes et universelles. — De l'ensemble de ces manifestations, il est facile de dégager les exigences et aspirations du sens religieux : — 1 " Quant à la nature de l'être supérieur que l'homme cherche, — 2° quant à sa souveraineté, — :]° quant à sa Providence, — i0 quant aux rapprochements qui mettent la divinité à la portée de la nature humaine, — > (piant aux rapports de l'homme coupable avec Dieu offensé, — 6° quant aux perfectionnements des actes sacrés, — 7° quant aux signes qui unissent la vie divine à la vie humaine, — 8° quant a la rémunération des mérites.

— Si l'on étudie de près chaque religion, on se convainc qu'il n'en est aucune qui donne ou puisse donner aux exigences et aspirations du sens religieux une plénière satisfaction, et que l'on doit chercher cette satisfaction dans la direction que le sens religieux reçoit du dogme catholique : • — Ce qu'il faut démontrer. — II. Examen rapide des différentes religions : Panthéisme sous ses diverses formes, — dualisme, — polythéisme, — islamisme, — judaïsme. — Aucune ne donne au sens religieux une plénière satisfaction. — Le judaïsme luimême, religion divine, a avoué son impuissance. — Il est plus impuissant aujourd'hui que jamais. — Le rationalisme moderne croit avoir trouvé la véritable direction du sens religieux, et se flatte de satisfaire à ses exigences et aspirations. — Ses prétentions à cet égard. — Dans le fait il réduit au minimum nos rapports avec Dieu. — Le sens religieux ne peut pas se contenter de ce minimum. — Le rationalisme avoue que la philosophie, faite pour quelquesuns, ne suffit pas au genre humain. — Or, le genre humain est le grand client de la divinité. C'est pour cela que Dieu lui a donné une doctrine, sous la direction de laquelle le sens religieux s'achemine à une plénière satisfaction. — Examen de la doctrine catholique sur tous les points, conformément à l'analyse faite plus haut des exigences et aspirations du sens religieux. — Conclusion : à toutes les indications qu'elle reçoit de la raison, sur les besoins religieux de la nature humaine, la doctrine catholique répond par les promesses d'un commerce complet, sublime, transcendant de l'homme avec Dieu. — Le sens religieux lui doit donc son Amen. — Combien refusent cet Amen. — Qu'adviendra-t-il de ce refus ?

CENT CINQUIÈME CONFERENCE

Non seulement l'homme cherche le vrai, objet propre et connaturel de son intelligence, mais il possède encore la faculté d'être ému par cette splendeur du vrai, cette éclatante perfection de l'ordre qu'on appelle le beau : c'est le sens esthétique. — Le dogme catholique parle au sens esthétique par sa seule structure. — Retour sur ce qui a été dit à ce sujet au début de l'Exposition. — Il est important de profiter de tous les développements donnés à la doctrine catholique. — 1° Cette doctrine révèle le vrai et unique principe du beau. — Elle le rapproche de nous et nous le montre dans ses manifestations les plus émouvantes et les plus capables de ravir notre admiration. — 2° De là, une excitation^puissante de Tâme humaine à des créations d'art religieux qui sont, dans l'univers chrétien. VAmen du sens esthétique répondant aux appels du dogme catholique. — I. D'où naît le sentiment du beau ? — L'âme ne doit pas s'arrêter à la beauté qui séduit les yeux, mais chercher dans son vol sublime à atteindre le principe du beau"universel. — Ce principe est la perfection suprême, en laquelle subsistent et vivent les idées de tous les êtres, et en laquelle il faut les aller chercher : Quod ab omnibus nominatur Deus. — Idée de Dieu exprimée dans la perfection de ce monde. — Belle doctrine de saint Augustin] et Jde saint Thomas. — Le beau, d'après Kant, « c'est] un] reflet de l'infini sur le fini, c'est Dieu entrevu. » — Belle parole de Platon. — Doctrines religieuses et philosophiques qui

outragent le sens esthétique. — La doctrine catholique ouvre à l'âme humaine, en quête du beau, le vaste champde l'idéal, et lui montre la voie qu'il faut suivre pour arriver au principe de toute beauté. — Effets do cette doctrine. — II. Le dogme catholique rapproche de nous le principe du beau par les manifestations les plus émouvantes et les plus capables de ravir notre admiration. — Beauté du Verbe divin. — Par le dogme de l'Incarnation, la doctrine catholique nous montre cette beauté rapprochée de nous dans la personne du Christ. — Témoignagesrendus au Christ par la science et par ses ennemis. — Admiration languissante, en comparaison de celle qui remplit lame du croyant éclairé par le dogme catholique.— IL 1° Ce qui, dans le dogme catholique, doit, au point de vuedel'art, exercer une vigoureuse et féconde influence sur les facultés créatrices de l'âme humaine, c'est la perfection des types qu'il propose à notre admiration. — ■ Les religions orientales absorbent l'homme en Dieu. — Leurs productions chimériques et monstrueuses. — Le polythéisme occidental absorbe Dieu dans l'homme ; chez lui, aucune impulsion ne sollicite l'art à franchir les limites de la beauté purement humaine. — Le dogme catholique nous montre un Homme-Dieu dans lequel la nature divine et la nature humaine sont unies, sans confusion et sans mélange, en une seule et même personne.— Merveilleux type ! Difficulté de marier ensemble et de fixer en une seule physionomie tous les puissants attraits del'Homme-Dieu. — Dans le rayonnement de la suprême beauté du Fils de Dieu le dogme catholique nous montre d'autres types qui ont un caractère de sublime transcendance en regard de tous les types dont peut s'inspirer l'art humain. — Marie, la Vierge Mère. — Les saints, modifications du type même du Christ. — L'art chrétien s'est inspiré de ces types. — 2° Mais il eût été moins enlevé, moins courageux, moins hardi, et par-

tant moins fécond, s'il n'eût reçu l'impulsion du dogme de la présence réelle, substantielle et personnelle de l'Homme-Dieu parmi nous. — Toutes les merveilles de l'art prodiguées pour compenser par des honneurs sans pareils les anéantissements eucharistiques du Fils de Dieu. — Les temples chrétiens, — leur architecture, — leurs ornements, — leurs voix, — chorégraphie sacrée des cérémonies liturgiques. — Ily a dans cet ensemble quelque chose de divin qui fait dire à l'âme : Que c'est beau! — Dénigrement de l'impiété. — Vandalisme de l'hérésie. — Il reste encore dans le monde chrétien assez de chefs-d'œuvre religieux pour témoigner de la puissance du dogme catholique sur le sens esthétique, arrêter l'ait sur la pente de la décadence et provoquer son Amen d'admiration et d'action.

CENT SIXIEME CONFERENT! :

L'homme n'est pas seulement un adorateur et un contemplateur du vrai et du beau, il est en lui une faculté dont le propre est de vouloir le bien et de le faire librement, ^'adressant à cette faculté, pour la diriger et la conduire à sa fin, le dogme catholique doit exercer sur notre vie morale, comme sur notre vie intellectuelle, une souveraine influence. — 1° Il établit, mieux que toute autre doctrine, les solides fondements de la vie morale. — 2? Il l'appelle à une perfection transcendante, lui indique les moyens d'atteindre cette perfection, et obtient d'elle, dans les splendeurs de la sainteté, un triomphant

Amen. — I. Morale indépendante. — Diverses manières de la comprendre. 1° Souveraineté des instincts, doctrine abjecte. — 2° Recherches dans le fond même de notre nature du premier principe du juste et de l'honnête en dehors d'un être supérieur à l'homme. — D'après cette conception, le devoir devient indéterminable, parce qu'il échappe à toute règle universelle et constante. — Exemple d'expérience. — Maximes des anciens. — Hésitations de la conscience et prétentions de l'orgueil. — Ces hésitations et ces prétentions n'ont plus de prétexte ni d'excuse dès qu'une doctrine divine fait appel au sens moral, et lui montre dans la perfection d'un Dieu saint les éternels et immuables fondements du juste et de l'honnête. — Or le dogme catholique enseigne comme vérités premières : 1° l'existence d'un Dieu créateur et providence de tous les êtres. — Dieu est sa loi. — Comment ne serait-il pas la loi des êtres qu'il crée puisqu'ils tiennent de lui tout ce qui convient à leur nature? — L'homme ne peut pas être soustrait à cette loi, mais, supérieur aux autres êtres, il la reçoit d'une manière plus excellente. — C'est la conscience, première loi de Dieu, promulguée par le fait même de son insertion au livre incorruptible de notre âme. — Comment la conscience est en péril. — Dieu la sauve par ses révélations. — Le Sinaï. — Le Verbe incarné. — 2° La volonté affaiblie a besoin d'un secours. — Eclairé par le dogme catholique sur le mystère affligeant de sa déchéance, l'homme demande à Dieu ce secours. — Le dogme catholique nous le promet dans tous les combats et périls de la vie morale, mais surtout dans l'état critique où nous met le péché. — 3° Pour établir définitivement les fondements de la vie morale, il faut à la loi et au secours de Dieu une sanction. — Le dogme catholique de la vie éternelle, heureuse ou malheureuse, est la seule sanction claire, précise et efficace. — Belles paroles de

Léon XIII. — En faisant resplendir, avec le domine catholique, les vérités premières de la loi, du secours, delà sanction, on peut obtenir l'idéal du juste et de l'honnête. — Ce n'est pourtant que le petit Amen de la vie morale au dogme catholique; il yen a un plus grand.

— II. Le dogme catholique nous appelle à une perfection transcendante, perfection élevée au-dessus de l'idéal du juste et de l'honnête autant que le ciel est élevé audessus de la terre. — Elle a sa raison dans un état supérieur de la nature, l'état surnaturel. — Elle estlefruit propre et réservé de la doctrine catholique, qui nous en révèle — le type, — la règle, — le principe surhumain.

— 1° Le type de la sainteté est Dieu. — La doctrine catholique nous apprend que ce type invisible est devenu imitable par sa manifestation dans le Christ. — Sainteté du Christ. — Il peut nous dire : « Je vous ai donné l'exemple. — Regardez-moi et imitez. » — 2° Pour imiter un type il faut une règle. — La doctrine catholique nous apprend que le Christ est par ses lois et ses conseils le suprême régulateur de notre vie surnaturelle. — 3° Pour obéir à une loi et à des conseils de perfection, il faut un secours. — La doctrine catholique nous apprend que le Christ est le principe de la sainteté, par la grâce dont il est la source plénière. — Quelle haute et complète doctrine! — Sous l'influence de cette doctrine, la vie surnaturelle d'un chrétien, véritablement digne de ce nom, est, malgré les imperfections que ne peut éviter l'humaine nature, infiniment supérieure à la vie de l'honnête homme. Combien plus la vie du saint ! — Portrait du saint. — 1° Dans la phase de purification où ildompte la nature. — 2° Dans la phase d'illumination où il pratique les vertus: — Vertus divines de foi, d'espérance, de charité. — Vertus morales: prudence, justice, force, tempérance et leurs dépendances. — 3° Dans la phase d'union où le saint se fond en quelque sorte en Dieu.

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— Ce portrait du saint n'est pas une fantaisie mystique.

— La sainteté est un fait historique. — Les saints ont imité la sainteté divine autant qu'une créature finie peut imiter l'infini. — Ils sont le plus glorieux Amen qui puisse retentir ici-bas en l'honneur de notre divine doctrine. — Appel pratique à l'auditoire.

CENT SEPTIEME CONFERENCE

Il est impossible que delà vie morale le dogme catholique n'étende pas son influence et son action jusqu'à la vie sociale. — La vie sociale est naturelle à l'homme le plus expansif et le plus communicatif de tous les êtres. Il y développe toutes ses facultés et y épanouit toute sa grandeur native. — La société est un corps constitué moralement, comme sont constitués physiquement les corps vivants. — La vie sociale est l'ensemble des rapports qui, dans le corps social, relient la tête aux membres, les membres à la tête, et les membres entre eux. — Elle est soumise, comme la vie morale, à l'influence des doctrines; par conséquent elle est d'autant plus prospère, féconde et glorieuse que la doctrine dont elle subit l'influence y fait circuler plus de respect et plus ■d'amour. — On démontre dans cette conférence que le dogme catholique est par excellence : — 1° la doctrine du respect — 2° de Vamour dans la vie sociale. — Toutes les sociétés lui doivent donc un Amen de conviction et d'action. — I. 1° C'est à la tête de la société, c'est-àdire au pouvoir qui gouverne qu'est dû le premier hom-

TABLÏ ANALYTIQUE DBS ùfATIÊRES.

mage du respect. — Cet hommage est en raison de l'idée que nous avons de la dignité du pouvoir. — Idée qu'on a aujourd'hui du pouvoir. — Le peuple est souverain. — La manière dont on entend ce principe aboutit à cette conclusion condamnée par l'Eglise : L'autorité n'est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles. — Dans ces conditions on ne sait à qui doit aller l'hommage du respect. — D'après le dogme catholique Dieu créateur et providence n'abdique en aucune main ! droits do souverain maître. — Le pouvoir vient de Dieu comme de sa première source; il est dans la vie sociale une représentation de Dieu. — Comment Dieu continue cette vérité par sa révélation. — Le Christ dans le pouvoir. — Devant cette haute et surnaturelle majesté du pouvoir, qui ne serait pénétré de respect? — 1° Influence de la doctrine catholique sur l'autorité ellemême qui sent le besoin de se respecter. — 2° Sur lee sujets qui respectent et manifestent pratiquement leur respect par une obéissance honorable et par la prière. — Conclusion : grandeur deux fois divine qui perfectionne la vie du corps social dans les rapports de la tête aux membres, des membres à la tête. — 2° Rapports des membres entre eux. — Inégalité entre les membres du corps social. — Ces inégalités entrent dans l'arrangement des choses, dans l'ordre voulu de Dieu et maintenu par sa providence. — Vaines tentatives pour les faire disparaître. — La doctrine catholique nous les fait oublier en proclamant notre commune grandeur 1° d'origine, 2" de nature, 3° de destinée. — Comment !e respect social découle de cette doctrine. — A la vérité de notre grandeur commune le dogme catholique ajoute les sublimes leçons du mystère de l'Incarnation, qui n'abaifi la divinité que pour établir entre tous les hommes la noble et sublime égalité de la grâce. — Conséquence de cette égalité pour le respect social. — II. Le respect pré-

pare dans la vie sociale la circulation do l'amour, qui seul peut donner aux sociétés humaines le cachet de la perfection. — Conséquences philanthropiques que la raison peut tirer de notre communauté d'origine, de nature et de destinée. — Imperfection de la philanthropie. — Elle ne peut pas être ce surnaturel amour que dans le langage chrétien nous appelons la charité, et dont saint Paul a dit qu'elle est le lien de la perfection. — La charité ne se produit que dans le rayonnement des vérités sublimes que nous révèle le dogme catholique. 1° Il nous en montre le type transcendant dans la vie divine où TEsprit-Saint qui est amour est le nœud de la perfection. — - 2° Le législateur et le modèle dans notre propre nature, Jésus-Christ. — 3° La source, dans les sacrements et surtout le banquet eucharistique. — 4° Le but r étendre le bienfait de la rédemption en gagnant par l'amour des âmes à Jésus-Christ. — Influence de cette doctrine : elle touche les cœurs et les ouvre à la pénétration de cette vertu divine dont la force, à la fois répressive et expansive, étouffe les passions malsaines qui tendent à disjoindre les membres du corps social, rapproche, unifie et fait oublier l'inégalité des états par l'échange de mutuels bienfaits. — Développement des paroles de saint Paul : Charitas non inflatur, — non est ambitiosa, — non quderit quœ sunt, — non semulatur>

— patiens est, — non irritatur, — benigna est. — Conclusion : Tout est ramené à la perfection par l'amour.

— Nous sommes loin de cette perfection. — A qui la faute ? — Regard sur l'avenir où peut se faire une application plus profonde, plus large, plus radicale des principes de perfectionnement social dont la doctrine catholique est le foyer, provoquant un parfait Amen derespect et d'amour.

CENT HUITIEME CONFERENCE

(Avant la conférence, allocution du cardinal Richard pour remercier le prédicateur de ses vingt années d'apostolat à Notre-Dame. — Réponse du prédicateur).

Il ne reste plus qu'à mettre le dogme catholique en rapport avec toute l'histoire humaine. — La loi supérieure qui domine tous les événements, et ordonne la vie des peuples à un même but divin, ne nous est bien connue qu'en Celui dont l'enseignement catholique nous révèle l'existence et l'universelle souveraineté, le Verbe incarné qui a dit de lui-même au voyant de Pathmos : « Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. » — Projection de cette lumière vivante : — 1° Sur les temps anciens, — 2° sur les temps nouveaux. — I. Dans les extrêmes lointains où l'histoire commence, l'esprit humain s'agite au milieu des ombres, et, malgré les explications qu'il demande à la nature et aux plus vieilles traditions, il ne parvient pas à se fixer sur des notions certaines. — Exemple : la genèse du monde et l'origine de la race humaine. — Le dogme catholique nous fait voir, avant tous les temps, l'histoire du monde et de l'humanité dans le plan de celui qui doit la commencer et la conduire ù sa fin. — Plan de l'Incarnation. — Tout dans le Verbe, par le Verbe et pour le Verbe incarné. — Il est l'alpha. — Parole vivante et féconde il crée le monde, et couronne son ouvrage par la création du couple en qui commence l'histoire humaine. — Objections contre ce couple unique. — Comment on peut les ré-

soudre par l'observation scientifique, attentive, que nous commande le dogme catholique. — Objections contre la perfection et la béatitude du premier couple, tirées de la considération de nos misères présentes. — Solution par le dogme de la chute originelle, dogme traditionnel. — Dans le rayon révélateur où le dogme catholique nous montre la chute de l'humanité, il nous montre aussi le Rédempteur. — Objections contre le retard de la rédemption. — Dieu devait, d'après la doctrine catholique, ce retard à notre orgueil et à la majesté de son Fils. — L'humanité a donc fait l'expérience des faiblesses de sa raison et de la corruption de son cœur. — Les Gentils. — Concentration des projections lumineuses du dogme catholique sur le peuple élu, le peuple juif. — Vains efforts de la science pour le noyer dans l'histoire. — Israël est dans l'histoire humaine le peuple de Dieu, et sa vie le mystérieux courant dans lequel les desseins de la Providence s'acheminent à leur accomplissement. — Ses espérances. — Comment les oracles se succèdent pour soutenir et grandir ces espérances. — Prodiges de Dieu pour rendre le peuple juif inexterminable. — 11 survit à toutes les catastrophes. — Il y a dans ses malheurs une intention bienfaisante de la Providence à l'égard des autres peuples. — Israël arépandupartoutsansêtrebrisé le parfum de ses croyances, de ses promesses et de ses espérances. — Le monde humain, longuement et fortement manié, comme le monde matériel, est prêt à recevoir le Christ. — Tous les temps anciens de l'histoire humaine sont éclairés par cette vérité du dogme catholique : Dieu créateur a tout fait par son Verbe et pour son Verbe incarné. — II. Etat du monde à l'époque où s'achèvent les préparations de la Providence. — Cantique des anges : « Un sauveur vous est né. » — Son apparition n'occupe qu'un quart de siècle dans l'histoire humaine, mais après avoir éclairé les temps anciens

dont elle explique la longue et laborieuse gravitationnelle inonde de sa lumière les temps nouveaux dont elle explique la glorieuse transformation. — Coup d'uni rapide sur cette transformation. — Nous n'avons pas besoin d'en connaître L'histoire détaillée; il suffit de fixer notre attention sur le fait contemporain. — Or, voici le fait contemporain : — Il y a aujourd'hui un monde •chrétien. — ( Omparaison de ce monde contemporain avec le triste monde dans lequel se condensaient, il y a près de dix-neuf cents ans, les constantes expériences de Terreur et de la corruption. — Il y a là une prodigieuse transformation dont on chercherait en vain la cause naturelle. — « Le monde chrétien est la plus puissante création que l'on ait jamais vue.» — Le dogme catholique, en projetant sur les temps nouveaux la lumineuse vérité d'un Dieu incarné, mort pour le salut du monde, peut seul nous expliquer cette puissante création. — Il éclaire les temps écoulés, mais on peut suivre encore ses projections dans l'avenir de l'histoire humaine, dont il nous permet d'entrevoir les dernières phases et le dénouement. — Il faut que le Christ règne : Oportet illum regnare, — Etat actuel de son règne. — Promesses qui lui sont faites dans la sainto Ecriture. — Ces promesses ne sont pas encore réalisées. — Elles se réaliseront; rien n'en pourra empêcher l'accomplissement. — Dernier mystère de l'histoire humaine : la conversion d'Israël. — Après cela, la fin des temps et le règne éternel de justice et d'amour du Christ triomphant. — L'histoire humaine peut se résumer tout entière dans cette parole de l'Apôtre : Ckistus heri et hodie et ipse in saecula. — Vue de cette hauteur elle est plus digne de Dieu et de sa chétive créature. — Elle dit au dogme catholique un glorieux Amen, — Adieux à l'auditoire.

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