DES INTERSTICES
231. — On appelle inte?\stices le temps qui doit s'écouler entre la réception d'un ordre et celle d'un ordre supérieur.
La loi des interstices est très ancienne dans l'Église ; on la trouA^e énoncée dans le canon suivant du concile de Sardaigne, tenu en 347 :
« Habebit autem uniusciijusque ordinis gradus non mi- « nimi scilicet temporis longitudinem, per qiiod et (ides et mo- <( rum probitas, et constantiaet moderatiopossint cognosci. »
Quel est l'espace de temps qui doit séparer la l'éception de chaque ordre ?
Il faut établir ici une distinction entre les ordres mineurs et les ordres majeurs.
Pour les ordres mineurs, il faut mettre entre la collation de chacun d'eux un certain intervalle, à moins que l'Evêque ne juge à propos d'agir autrement. C'est la prescription du concile de Trente.
« Minores ordines per temporum inlerstitia, nisi aliud « Episcopo expedire magis vidcrctur, confcranlur. » — Sess. XXIII, de reform.^ cap. xi.
Le concile ne détermine pas cet intervalle dont la fixation est laissée au jugement prudent de l'Evoque.
Dans beaucoup d'endroits, on a coutume de conférer les quatre ordres mineurs, le môme jour.
« Omnes ordines minores, dit Barthélémy Fumo, et prima « tonsura, possunt dari eidem personœ, eodcm die, ubi est con- « suetudo. » — Summa Aurea Armilla, au mot Ordo, p. 91 3.
S'il s'agit des ordres majeurs, il faut mettre entre le dernier ordre mineur reçu et le sous-diaconat l'intervalle d'un an ; entre le sous-diaconat et le diaconat, entre le diaconat et le sacerdoce le même intervalle, à moins que l'ÉA^ôque ne juge expédient d'abréger ce temps. « Nisi aliud Episcopo « videatur. » — Gonc. Trid,, sess. XXIII, cap. xiu et xiv.
L'interstice qui doit séparer chaque ordre sacré est donc une année entière : ad mimis annum integnim, dit le concile de Trente. Mais cette année est l'année ecclésiastique et non civile, comme l'a déclaré la congrégation du Concile in Paleslina, 5 feb. 1S93.
« Non est autem annus istc computandus mathcniaticc, ut « cum Barbosa recto observât Pir., sed moraliter, ita utsutïï- <( ciat annus Ecclesiasticus, videlicet ab una quadragesima « ad aliam, a Pentecoste ad Pcntecoslen, etc. » — Sciiwalz- GRUEBEH, T. I, p. 136, n. 12.
Quant à l'épiscopat, le droit canonique n'a rien établi touchant le point qui nous occupe. Par conséquent, celui qui aurait reçu le sacerdoce pourrait, sans interstice, recevoir immédiatement après la consécration épiscopale.